Extraits de:
La Presse
Samedi 5 février 2000, page A1
Le terrain du futur CHUM est imbibé d'huiles usées
par Bruno Bisson
Les terrains choisis pour recevoir le futur Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), un projet estimé à 850 millions, n'ont fait l'objet d'aucune étude environnementale détaillée même si on sait qu'ils sont contaminés par des hydrocarbures, après un demi-siècle d'activités industrielles ininterrompues.
De plus, a appris La Presse, cet emplacement aurait été choisi sans tenir compte de la présence, à proximité, d'une voie ferrée. Celle-ci, toujours utilisée, pourrait poser de graves problème de sécurité si un déraillement, suivi d'un déversement toxique ou d'un incendie, se produisait.
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"C'est juste étonnant qu'on n'y ait pas songé dans le cas d'un hôpital de 850 lits, qui coûtera probablement plus d'un milliard. On vient pourtant juste de vivre un déraillement de train à Mont-Saint-Hilaire, avant le Nouvel An. Un violent incendie a suivi et des évacuations préventives ont été nécessaires."
Le 25 janvier, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Marois, a confirmé que le CHUM unifié sera construit sur des terrains délimités par les rues Bellechasse et Saint-Denis, et les boulevards Rosemont et Saint-Laurent, au centre géographique de Montréal.
Depuis, c'est le tollé. L'architecte réputé Jean-Claude Marsan a qualifié ce choix de "planification de gros village". La Presse a publié hier l'opinion d'urbanistes connus, Paul Lewis et Gérard Beaudet, qui ont aussi critiqué ce projet. Selon eux, "des enjeux urbains de toute nature n'ont aucunement été considérés" durant le processus de sélection. Des coûts énormes vont venir s'ajouter au budget initial de 850 millions, notamment pour la reconversion des bâtiments abritant les trois pavillons actuels du CHUM, qu'on semble avoir oublié au centre-ville.
Le lieu choisi est présentement un centre d'entretien pour les autobus de la Société de transport de la CUM. Cet usage est resté le même depuis la Deuxième Guerre mondiale. En conséquence, il est probable que des sols soient contaminés aux hydrocarbures dans ce périmètre, selon des responsables régionaux de la direction de la santé publique et du ministère de l'Environnement (MEQ).
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Pour sa part, la STCUM a fourni à La Presse un document récent relatif à l'état de ces terrains. Cette étude de caractérisation, réalisée en 1998, confirme la présence d'huiles, d'essences et de diesel mélangés, flottant sur une nappe phréatique peu profonde.
Des contaminants ont été détectés au même endroit, il y a déjà dix ans. Des pompages réguliers, réalisés au cours des travaux de remplacement de réservoirs perforés, n'ont apparemment pas suffi. Des traces d'hydrocarbures apparaissent à la surface des eaux des puits témoins.
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