Lancement

 

Le Bas-Saint-Laurent... histoire en bref

Jean-Charles Fortin et Antonio Lechasseur. Sainte-Foy, Les Éditions de l=IQRC, 1999. 190 p.(Coll. * Les Régions du Québec... en bref +, n°1)

Lancement, Salon du livre de Rimouski, le 6 novembre 1999, 13 h 30

Comme mon bon ami Jean-Charles Fortin l=a souligné, nos recherches sur le Bas-Saint-Laurent ont permis de développer des connaissances nouvelles sur la région et de ce fait, nous croyons avoir contribué à la mieux faire connaître par ceux qui l=habitent et par ceux qui vivent dans les autres régions du Québec. Mais en vous présentant ce beau petit livre aujourd=hui, je me sens le devoir de répéter que ces humbles contributions, tout comme l=Histoire du Bas-Saint-Laurent d=ailleurs, devraient être reçues non pas comme des produits finis mais plutôt comme des points de départ pour explorer ce que nous connaissons moins bien ou tout simplement pour chercher à combler les vides de notre ignorance relative à l=histoire plus ancienne ou contemporaine du Bas-Saint-Laurent. C=est lorsqu=on s=attaque à des travaux de synthèse que l=on constate l=absence chronique de travaux monographiques ou d=études de cas dans bien des domaines. Tout cela est d=autant plus important que l=intérêt pour la connaissance historique est très élevé partout et partagé par de plus en plus de Bas-Laurentiens de toutes les générations. C=est du moins le sentiment que je garderai de ma participation à cette 34e édition du Salon du livre de Rimouski qui m=a donné l=occasion de m=entretenir avec tant de personnes intéressées à leur histoire.

Tous ceux qui se frottent à la recherche historique savent bien qu=il ne manquera jamais de sujets à explorer ou de problématique à développer. Si je parle ici de problématique, un mot bien compliqué, ce n=est pas pour référer à un autre mot encore plus compliqué, celui de paradigme intellectuel, qui tient lieu d=explication au sein de plusieurs sciences sociales pour expliquer le passage de modes au sein de la recherche scientifique. Non, pour nous, les problématiques historiques qui sous-tendent nos travaux doivent s=ancrer dans la réalité du passé, c=est-à-dire dans l=héritage que les générations qui nous ont précédés ont laissé derrière elles: il s=agit de la mémoire consignée dans les sources d=archives. Pour nous, il n=est aucune connaissance historique qui tienne si elle ne prend pas d=abord racine dans ces diverses mémoires ; autrement, il s=agit d=élucubrations sans réel fondement. L=analyse de l=historien en constitue la valeur ajoutée.

Ceux qui se sont déjà mis le nez dans les fonds d=archives savent bien qu=il est bien facile de s=y décourager rapidement : tantôt il y a trop de documents, tantôt il n=y en a pas assez. Mais le plus souvent, on est littéralement renversé par la richesse de l=information alors que le sentiment de faire œuvre nouvelle gagne bien vite le chercheur, qu=il soit amateur ou professionnel. Les dépôts d=archives régionaux et nationaux regorgent de trésors qui méritent tout simplement d=être mis au jour et exploités avec de multiples profits.

Le travaux que j=ai menés sur le Bas-Saint-Laurent et ceux que je poursuis encore m=ont permis d=établir une longue liste de sujets de recherche qui mériteraient d=être l=objet de mémoires, thèses ou essais et qui enrichiraient tous notre connaissance et éclaireraient certainement les problèmes béants du futur. Je vous donne ici un extrait de ma liste personnelle (on peut répondre * oui, je le veux ! + après chaque intention) :

- il faut poursuivre les recherches sur l=histoire de la population régionale tant au XIXe siècle qu=au XXe dans le but de documenter encore davantage les raisons qui poussent les gens à s=établir ici dans le Bas-Saint-Laurent ou à le quitter dans les conjonctures difficiles.

Oui, je le veux !

- il faut poursuivre la recherche sur les grands secteurs économiques qui ont structuré cette région : agriculture, industrie forestière, le secteur des services, etc.

Oui, je le veux !

- il faut rédiger la biographie des personnes qui ont marqué l=histoire. Encore aujourd=hui on a encore presque sur rien sur Jules-A. Brillant, Charles Bertrand de L=Isle-Verte, Angus Graham, etc.

Oui, je le veux !

- il fait développer des travaux sur l=imbrication et les échanges entre les régions voisines : je pense particulièrement aux relations du Bas-Saint-Laurent avec la Côte-Nord, ou avec la Gaspésie et la Côte-du-Sud... sans oublier celles qu=on entretint longtemps avec le nord-ouest du Nouveau-Brunswick.

Oui, je le veux !

- il faut vraiment consacrer une thèse sérieuse à l=histoire du mouvement de colonisation dirigée et à l=idéologie du développement régional qui à l=évidence se sert encore des mêmes poncifs pour dire aux gens de la région qu=il vaut mieux * vivre pauvre et en santé à la campagne que riche et malade en ville +. Il y a certainement d=autres façons d=envisager le développement rural durable... !

Oui, je le veux !

...

Je termine ici ma litanie puisque j=ose croire que les anges du paradis de la recherche, entendez ici les acteurs de l=Université du Québec à Rimouski, comprendront le message. Je parle de l=UQAR ici parce que cette institution est l=un des plus importants outils de développement dont la région se soit dotée au cours de son histoire contemporaine. J=en parle aussi parce que j=ai de moins en mois la certitude qu=elle soit engagée aujourd=hui sur la voie d=une véritable interaction avec la région qu=elle dessert (les coupures budgétaires n'expliquent pas tout !). L=absence de chaire d=études régionales à l=UQAR en est la preuve évidente. J=ose croire que l=institution pourra se ressaisir et pousser plus loin la mission que ses fondateurs lui ont tracée. Il y a dans le milieu des ressources humaines qui n=attendent qu=à être mises en valeur.

En terminant, je vous remercie tous et toutes d=avoir accepté notre invitation à participer à ce lancement. Nous vous faisons donc cadeau de cet ouvrage et tenons à remercier les personnes qui nous ont soutenus dans cette entreprise : ce sont en particulier, MM. Normand Perron de l=INRS - Culture et Société et Léo Jacques des Presses de l=Université Laval.

Antonio Lechasseur.