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Les origines du golf au Canada 

C’est un fait bien connu que le golf a pu s’implanter au Canada grâce à l’immigration massive d’Écossais au cours du 19e siècle.

Les Écossais s’adonnaient au golf depuis déjà plus de 300 ans lorsque le mot « golf » fit sa première apparition dans une publication canadienne.  C’était en 1826 et le Montreal Herald publia alors l’avis suivant :
 « Aux Écossais - Quelques vrais fils d’Écosse, désireux de perpétuer le souvenir de leurs coutumes, se sont donné rendez-vous les 25 décembre et 1er janvier à la Ferme des Sulpiciens pour JOUER AU GOLF.  Ceux de leurs compatriotes qui veulent se joindre à eux peuvent les trouver avant DIX heures au D. M’Arthur’s INN, Hay -Market - l’actuel square Victoria -  Des dispositions ont été prises pour fournir des BATONS. »
Malheureusement, on ignore si cette invitation a donné lieu à un suivi et on ne saura jamais combien d’Écossais y ont répondu ou même si certains l’ont fait.  De même, il existe de nombreuses théories voulant que le golf ait été pratiqué en sol canadien avant 1826, mais aucune preuve n’a été trouvée aussi convaincante que cette invitation.

Le mot « golf » est réapparu imprimé en 1854.  Cette année-là, un jeune marin d’un navire marchand qui faisait escale à Québec était allé faire étalage de son élan de golf sur les Plaines d’Abraham. Qu’on ait pris la peine de rapporter le fait indique certainement que c’était là une activité inhabituelle.  S’il y a peut-être eu de discrets passionnés de golf dans le jeune Dominion, ils furent sans conteste de rares curiosités.

Divers autres articles ici et là au Canada au cours des deux décennies suivantes prouvent que le golf lui-même commençait à avoir prise.  Mais aucune organisation de golf en tant que telle n’existait encore jusqu’à ce que Alexander Dennistoun quitte Peterborough, en Ontario, pour venir s’établir à Montréal.

Et c’est à Montréal, à l’automne de 1873, que cet Écossais d’origine rassembla sept de ses concitoyens expatriés et des hommes d’affaires de la ville pour former le premier club en Amérique du Nord, le (Royal) Montreal Golf Club.  Cette initiative fut bientôt suivie par la création d’un club à Québec, ce qui donna lieu aux premiers matches interclubs à être disputés sur ce continent.

L’invasion écossaise ne faisait que commencer dans les années 1870 et 1880.  Banquiers, médecins et ingénieurs écossais, parmi d’autres, venaient s’installer dans le nouveau pays.  Tout au long de ces décennies, plusieurs autres clubs apparurent, certains réussissant à survivre jusqu’à ce jour, d’autres se battant pour leur survie et disparaissant avant que le golf fleurisse lors de la décennie suivante.

Grâce à la formation de plusieurs clubs en Ontario (à Toronto, Brantford, Kingston et Niagara), les premiers matches interprovinciaux commencèrent en 1882 entre le Québec et l’Ontario.

Jusqu’à ce jour, le parcours de Niagara-on-the-Lake peut s’enorgueillir d’être le plus ancien terrain demeuré au même endroit en Amérique du Nord, ayant été formé en 1884.

Le premier club fondé aux États-Unis le fut en 1888, et c’était le St. Andrews, à Yonkers, dans l’État de New York.

Mais dans les années 1890, le golf connut un essor formidable.  Des clubs firent leur apparition dans toutes les provinces et dans les territoires.  Ce phénomène était principalement attribuable à l’afflux d’immigrants au cours de cette période.  Plusieurs autres facteurs ont cependant contribué également à la popularité du golf.  Ainsi, c’est dans les années 1890 que s’est amorcée l’évolution d’une société rurale vers les centres urbains.  La vie urbaine s’accompagnait d’une soif grandissante d’activités de loisir à pratiquer en plein air.  Ces années-là furent également marquées par l’apparition d’une classe moyenne plus nombreuse, formée de commis et d’employés de bureaux, profitant d’une semaine de travail réduite.  Les moyens de transport s’amélioraient et les misères des longs voyages furent soulagées par la fin de la pose des voies du Canadien National.  Dans les villes, les transports en commun profitaient de la mise en place de nombreuses lignes de trains urbains et de tramways.

Mais fait étrange, c’est l’invention de la bicyclette qui a peut-être contribué le plus à l’enracinement du golf.  Au cours de cette décennie, les restrictions de l’ère victorienne sur la vie des femmes commencèrent à se relâcher.  Ainsi, la bicyclette fournissait aux femmes de la classe moyenne un utile moyen leur permettant de se déplacer seules.  Alors, un très grand nombre de femmes adoptèrent le golf dans les années 1890.  La mode était à la santé et à l’exercice, ce qui a certainement poussé nombre de femmes à se mettre au golf.  S’il ne fait nul doute que nous pouvons trouver des références d’hommes et de femmes qui s’insurgeaient contre ces changements, il y en avait un nombre au moins égal qui les acceptaient avec enthousiasme.

Les premiers clubs féminins furent mis sur pied en 1891 au Royal Montréal, à Québec et à Toronto.  Ces clubs comptaient de nombreuses participantes.  On peut avancer que le grand nombre de golfeuses fit deux choses : fournir un nombre suffisant de membres aux clubs pour leur permettre de survivre, en particulier à quelque vingt années du début de la Première Guerre mondiale qui allait dévaster les rangs des membres masculins;  et puis, transformer les clubs de golf en lieux de rencontres axés sur la famille.

Mais quelles qu’aient été les raisons de l’essor du golf, les années 1890 furent marquées par une croissance extraordinaire de ce jeu aux quatre coins du globe.  L’étape suivante allait être la formation d’associations pour organiser des championnats.  À la suite de la création de l’association de golf américaine, A.J. Simpson, du (Royal) Ottawa Golf Club invita les clubs canadiens à se réunir à Ottawa.  L’idée était de participer à un championnat national et de discuter de la formation d’une association de golf canadienne.

Le Gouverneur général du Canada, Lord Aberdeen, assista à la première réunion, le 6 juin 1895, au cours de laquelle il présenta un trophée qui serait l’emblème du championnat national.  T.M. Harley remporta ce trophée lors du premier championnat.  Mais on ne joue plus pour la Coupe Aberdeen aujourd’hui.  C’est que le trophée donné par Lord Aberdeen était lié par une clause : si un joueur remportait le championnat trois années d’affilée, il pouvait garder le trophée.  C’est exactement ce que fit en 1907 George S. Lyon, prodige du golf canadien. Earl Grey, qui était alors Gouverneur général, présenta un nouveau trophée en 1908, sans clause semblable à celle attachée à la Coupe Aberdeen.  C’est encore ce trophée qu’on se dispute de nos jours.

Cette réunion à Ottawa permit d’établir la base d’une organisation de golf.  La première réunion officielle eut lieu cet automne-là au cours des matches interprovinciaux.  Dix clubs s’engagèrent à former l’Association.  Ainsi, les clubs fondateurs sont : Royal Montréal, Toronto, Québec, London, Kingston, Winnipeg, Victoria, Brantford, Hamilton et Niagara.  La reine Victoria accorda la désignation royale en 1896.

Tandis que le golf continuait à se répandre au Canada, d’autres événements vinrent s’ajouter au mandat de l’Association Royale de Golf du Canada, y compris le Championnat amateur féminin, présenté pour la première fois en 1901, et l’Omnium du Canada, en 1904.

Pour en savoir davantage sur l’histoire du golf au Canada, visitez le Temple canadien de la renommée du golf à www.cghf.org <http://www.cghf.org> ou sur place au Glen Abbey Golf Club, au 1333 Dorval Drive, Oakville, Ontario.  Une autre source précieuse est Golf in Canada : A History, de James Barclay, de McClelland & Stewart, 1992.


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Last modified: July 04, 2006