Pour Pauline Morier, peindre, dessiner, c'est un moyen d'enregistrer ses impressions des événements. Elle ne se souvient pas, elle réagit devant l'actuel. Ainsi chacune de ses œuvres s'impose à nous presque autonome.

L'unité de son œuvre se ressent moins dans la recherche de l'unique image que dans sa raison de peindre, que dans son attitude devant la toile qui, elles - la raison et l'attitude - ne changent pas.

Un regard attentif décèlera d'autres constantes dans les couleurs vives, dans l'amour des surfaces décorées, dans les découpages, dans le chamboulement des formes, dans les diagonales qui tranchent ses toiles et qui leur assurent une si indéniable présence. Enfin on admirera la facture, le pinceau qui se réjouit à simuler reflets d'eau, tissus, chrome reluisant.

Pauline Morier nous livre un monde nécessairement intime, peuplé de ses amis et connaissances, de passants aperçus dans la rue. Elle nous décrit, émerveillée, les choses et les bruits de sa ville.

Elle nous invite chez elle. Entrons.