Faraud, Henri (p. 291)

Né le 17 mars 1823 à Gigondas (Vaucluse), décédé le 26 septembre 1890 à Saint-Boniface (Manitoba). Peintre de vitraux, ébéniste amateur, menuisier et missionnaire. Henri Faraud, comme de nombreux autres religieux, a exploité ses aptitudes artistiques pour répondre aux besoins immédiats de ses fonctions. Entré en 1843 au noviciat de Notre-Dame de l'Osier (Isère), dans la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, il prononça ses vœux perpétuels le 14 septembre 1844. De 1844 à 1846, il fit des études ecclésiastiques à Marseille qu'il termina à Saint-Boniface, où il fut ordonné prêtre le 8 mai 1847. Dorénavant, il allait consacrer sa vie à l'évangélisation des Amérindiens du Nord-Ouest canadien.

D'après les recherches d'E. O. Drouin (D.B.C.), Henri Faraud s'embarqua pour l'Amérique le 3 juin 1846 et arriva à Saint-Boniface le 8 novembre. Les différentes missions dont il fut chargé au Canada le conduisirent successivement à l'Île-à-la-Crosse (Saskatchewan) en 1848, au fort Chipewyan (Alberta) où il établit la première mission en 1849 qu'il nomma La Nativité, au fort Resolution (Territoires du Nord-Ouest) où il établit une mission vers 1852, et de nouveau à l'Î1e-à-la-Crosse en 1861.

En 1849, le père Henri Faraud se rendit à la mission de La Nativité à Fort Chipewyan, dans l'actuelle province de l'Alberta. Il y construisit sa propre maison et une première église (1851) qu'il meubla aussi de ses mains. L'année suivante, vraisemblablement, il commença la construction d'une seconde église, plus vaste, qu'il termina quatre ans plus tard. En 1855, il correspondit avec mère Valade, supérieure des Sœurs Grises de Montréal établies à la Rivière-Rouge (Saint-Boniface), au sujet d'une statue de la Vierge, en carton-pâte, que sœur Marie-Eulalie Lagrave* avait confectionnée pour sa mission. Tout en témoignant de sa reconnaissance, il ne taisait pas pour autant ses critiques envers l'œuvre d'art qu'on lui avait envoyée.

Le missionnaire ne cessa de mettre ses talents au profit de l'œuvre d'évangélisation. Le 24 mai 1861, le père Isidore Clut, œuvrant à la mission de La Nativité, écrivit à Mgr Alexandre-Antonin Taché, évêque de Saint- Boniface : «Notre chapelle s'embellit toujours de plus en plus grâce à l'habileté du Père Faraud. Une table de communion, des stalles, des confessionnaux, des vitraux peints ont vu le jour il y a quelque temps.» L'exemple du père Faraud en matière d'art allait être repris dans le Nord-Ouest canadien par les oblats Émile Grouard*, Émile Petitot* et Julien Ancel*.

Nommé évêque titulaire d'Anemour et vicaire apostolique d'Athabasca-Mackenzie par Pie IX le 8 avril 1862, le père Faraud passa en France. Il partit en Europe en août 1863, et y fut sacré évêque d'Anemour le 30 novembre suivant. Il revint au printemps de 1865. Un groupe de missionnaires engagés pour le Nord l'accompagnait, dont le sous-diacre Joseph Chabert, qui allait jouer un rôle déterminant dans l'enseignement des beaux-arts à Montréal dans le dernier quart du XIXe siècle. Son siège épiscopal fut établi au lac La Biche (Alberta) en 1869, et le père Faraud y vécut jusqu'en 1889, sauf un séjour en Europe de 1872 à 1874. Le père Émile Grouard lui succéda au lac La Biche en mars 1890. Mgr Faraud resta fidèle à son engagement, et il se retira à Saint-Boniface en 1890.

Le missionnaire a laissé des mémoires portant sur ses premières années de dévouement dans le Nord-Ouest (cf. [Henri Faraud] et Fernand-Michel, Dix-huit ans chez les Sauvages. Voyages et missions de Mgr Henry Faraud évêque d'Anemour, vicaire apostolique de Mackenzie, dans l'extrême nord de l'Amérique britannique d'après les documents de Mgr l'Évêque d'Anemour, Paris/Bruxelles, 1866).

ASBAFTAC 1861.05.24 - CAROMI76 - DICBIOCA - LARIVI74 - SGMSBARC

GOSSELIN, Marie-Scholastique... >>