Le Poémier

SOUVENIRS DU FUTUR

Dans les herbes, les usines oubliées,
Marquent un passé qui reste familier !
Tout est calme, aucun bruit de ces machines,
Car les mains des hommes sont orphelines !

Pourtant, un fervent soleil égratigne,
Des barres métalliques, qui sont signes
D'ateliers existants avant la guerre,
Et qui, sans vie, s'enfoncent dans la terre.

Quelques cendres, au creux des herbes folles,
Qui, balancées par le vent, se décollent.
Ces tas, ces buissons seront des collines,
Pour des voies éteintes qui se dessinent.

Si les guerres emportent les paroles,
Reste aux creux des ventres la parabole
D'espérance pouvant sortir du sable,
Pour prendre racine à toutes nos tables.

Il faut mourir pour renaître et savoir !
Franchir le fleuve et soulever les pierres...
Extirper le mal noir, qui s'y endort,
Redonner un visage humain...sans or !

Il faudra réapprendre la patience !
Et remonter loin dans notre conscience,
Pour éteindre les anciens incendies,
Qui couvent encore avec perfidie !

Ouvrons tous, nos portes au vent du large,
Sur la voie de la vie, lançons nos barges.
Nous avons, sans cris, assez attendu,
Dans l'immensité du temps suspendu.

Nous rêvons d'accéder à l'autre rive,
Pour que nos projets lentement s'écrivent,
Loin des brumes, avec une douceur,
Pour être enfin de nouveaux bâtisseurs.

Je veux pouvoir vous offrir ce projet,
Mais ce n'est qu'un minuscule objet;
Mais, que faut-il au milieu d'un orage,
Où flottent des vaisseaux sans équipages ?

Dans un bruit de pierres, ressort l'amour !
Aux champs des douleurs, traçant leurs contours,
Rejetant fièvre et migraine du temps,
Ouvrant les portes à de nouveaux printemps.
 



CAILLOUX DE TOUJOURS

Qui n'a pas dans sa vie ramassé un caillou ?
Pour ma part, j'en ai rempli beaucoup de cartons.
Cailloux de toutes couleurs, petits, gros, plats, ronds !
Souvenir de ballades, passé un peu flou…

On ne sait pas son origine, ni son âge !
Volcan, glacier, mer, érosion….l'a déposé ?
Quels longs chemins avant d'être là, reposé,
Le plus souvent prêt à reprendre son voyage.

C'est quoi un caillou ? Rien ou simple trace.
S'il parlait, il en aurait des choses à dire !
Depuis des siècles, il ne fait que rebondir!
C'est le passé qui a poncé sa carapace.

Le caillou reste seul après les cataclysmes…
Il veut nous parler: ruines, guerres ou incendies…
Le paysan au bout de son champ, l'expédie,
Où il reste là, silencieux, sans héroïsme.

Tout le monde souhaite de les voir partir !
Parfois, ils deviennent des cailloux de colère !
Poussant au creux des mains, quand le pouls s'accélère,
Poings se refermant pour un nouvel "avenir".

Se mettant à voler… au nom de l'injustice !
Avec des carreaux cassés, vitrines en miettes,
Après les barricades … le monde s'inquiète !
Car dans ces luttes il n'y a pas d'armistice.

Ils ont mieux à faire que de porter la mort !
Ils tracent des chemins et ils ouvrent des routes.
Ils portent sur leur dos, bien des foules en déroute,
Mais ils seront présents pour chaque nouvel aurore.
 


MIROIRS DE L ' AME

Magnifiques jardins zen au Japon,
Tout autour des temples de Kyoto,
Sont depuis des siècles, des concertos,
Loin des villes où "roi" est le béton.

Lieux privilégiés de méditation,
Et de communion avec la nature,
Ici, mystique devient l'aventure,
Le temps ne compte pas pour leur passion.

Les arbres centenaires et solides,
Voisinent avec les buissons taillés,
Les rochers, avec art, ensoleillés,
Dans la douce lumière translucide.

Allégorie de verdure, jardin zen,
Paradis pour des visions religieuses.
Laissant derrière soi les idées soucieuses,
Pour arriver aux portes de l'Eden !

Multitude de jardin, secs ou soyeux !
Tous donnent une sensation de paix
Pour la détente et un repos parfait,
Bonheur de l'âme, du corps et des yeux.


CIEL D'EN HAUT

C'est ce matin là… que c'est arrivé,
Comme arrive ce que l'on attendait,
Comme d'habitude, ouvrant les volets,
Au-dessus de moi, un ciel délavé !

Il avait perdu ses belles couleurs,
Ne conservant qu'un vieux gris chiffonné.
Ce n'était pas ce que Dieu a donné,
"Il" était le reflet de la douleur.

J'ai prié et j'ai attendu… longtemps.
Et, enfin la récompense est venue !
Le ciel lâchant ses couleurs retenues,
Des palettes de bleus de printemps.

Multitude de bleus pour nos regards,
A prendre à pleines mains avec nos yeux !
Bleu pâle, vieilli, comme malheureux,
Nous caressant de ses larmes, hagard.

Le vent le repoussait dans le lointain,
Nous offrant un ciel bleu cru, tout frais,
Comme au premier matin d'un jour de paix,
Pour rencontrer avec joie les "copains".

Puis la cascade des bleus a repris,
Bleu roi couronné d'un manteau d'hermine,
Bleu d'incendie, de nuit qui se termine,
Bleu mur, comme drapeau de la Patrie.

Un nouveau train de gris est repassé !
Se serrant, dos à dos, contre le froid,
Gris des différences, autres, sans loi…
J'ai alors refermé les yeux… lassé !

Puis de nouveau, vrai baguette magique,
Un bleu a remplacé le linge sale,
Baignant dans la lumière, il s'installe…
Ouvrant une cathédrale mystique !
 


CHEMIN D'AUTOMNE

Sur un chemin d'automne,
Dans un très grand silence,
Couleurs riches et denses,
Où les feuilles frissonnent.
Je ne sais où je vais;
La nature est si belle,
Que je crois voir en elle,
Tout ce que je rêvais !
Ma marche calme et lente,
N'effraie pas l'écureuil,
Qui m'attend sur le seuil,
De ces arbres qui chantent.
Qui trouverais-je au bout ?
Des amies au cœur pur,
Qui sous un ciel d'azur,
Me feront les yeux doux.
Père Noël est loin !
Ce n'est plus de mon âge,
Je suis un homme sage,
Je n'ai pas de besoin.
L'automne de nos vies,
Est une bonne étape .
Plus besoin de "soupape",
Pour calmer nos envies.


MAMANS DE TOUS PAYS

D'un pays à l'autre ou d'une culture à l'autre,
Les gestes changent et les coutumes varient.
Les regards maternels sont toujours féeries,
L'amour des mères est comme celui d'apôtres
Maman ! mot tendre, cri impatient ou confiant,
Se dit "ana" en turc ou "anya'" en hongrois,
Ou "ma" en arabe ... encore "'Mâ" en chinois !
Qu'importe la langue, cet appel est tonifiant.
La mère enfante donnant vie au nouveau né,
Qui bientôt deviendra enfant, puis homme ou femme !
Afin qu'aux yeux du monde, il ou elle proclame,
Ce que sous devons aux femmes couronnées !
Car nos mères sont les reines de notre cœur,
Présentes aux fourneaux, aux portes des écoles,
Comme à chaque instant de nos vies, par leurs paroles,
Cherchant en premier à faire notre bonheur.
De l'aube de l'enfance jusqu'a l'âge adulte,
Soucieuses de nous transmettre un héritage,
Qui restera toujours pour nous un avantage...
Nos jours présents et ceux à venir en résulte.
 


ET PUIS ZUT !

La terre, après tout, continue bien de tourner,
Et notre France "profonde" de travailler.
La politique suit des chimères fanées,
Pauvres idées utopiques embarbouillées.

Il ne faut pas se couvrir la tête de cendres,
Ni même arracher nos cheveux de désespoir !
Laissons les tribuns, sur les tréteaux, se défendre,
Ils redescendront bien vite sur les trottoirs.

De ceux qui gouvernent à ceux qui entreprennent
Il y a un fossé qui semble infranchissable !
L'aspect du pouvoir aux premiers, pour qu'ils comprennent !
Aux seconds, le silence et le travail "palpable"

Seul, le verbe est le moyen d'expression des uns,
Mais l'action est l'outil constructif des seconds.
Majorité…opposition…au coin, chacun !
Leurs luttes stériles sont dignes d'Harpagon.

Qu'enfin "raison" l'emporte sur "démagogie" !
Ne croyons plus à la voix douce des sirènes ;
Zut ! , que la France retrouve son énergie,
A travailler, que notre pays réapprenne !
 


REGARD SUR LE PASSE

Ou sont-elles nos années de l'enfance
Temps incontrôlable de l'insouciance,
Ou les occupations sont dans les jeux,
Où il ne semble y avoir nul enjeu ?

La vie passée est comme un long métrage,
Ou vont, défilant, des milliers d'images,
Film inclassable, car bien trop divers,
Avec des dialogues, jamais en vers.

Finis les jeux d'enfants de maternelle,
Fini l'école, qui semble éternelle,
Les durs devoirs des robinets qui fuient,
Et ceux des trains à vapeur qui s'enfuient.

Et les questions de notre adolescence ?
Avons nous résumé leur quintessence ?
Boutons aux joues et cheveux en bataille,
Des bandes de copains qui s'encanaillent.

Souvenirs des ballades, sac au dos,
Dans cette forêt de Fontainebleau.
Odeurs des arbres, fougères et mousses,
Rayons de lumière qui éclaboussent !.

Tous ces merveilleux moments de silence,
A savourer, surtout sans somnolence,
Incomparables instants de bonheur,
Qui venaient éloigner toutes nos peurs.

Les années ont passé finalement,
Avec des bons et des mauvais moments.
La vie nous a déroulé son tapis,
Et, nous y marchons toujours, sans répit !


LES YEUX D'UN ENFANT

Un jour ou deux jours, qu'importe,
Car déjà, il vit sa vie,
Et il sait ouvrir la porte
Du monde qui le convie.

Même s'il est en sommeil,
Ses mimiques nous amusent:
Langage avant le réveil,
Que ses doux rêves diffusent.

Le beau regard d'un enfant,
Posé sur ces deux parents,
Sur leur amour triomphant,
Peut les rendre différents.

Du monde nous vient la peur.
Nous sommes vieux avant l'âge;
Travail, revenu, ... stupeur !
Maux du racisme, ... tapage !

Quand l'enfant ouvre les yeux,
En clamant à qui sait lire,
Messages d'avenir bleu?
Puisons dans sa tirelire.

Son futur à la couleur
De l'amour, de la tendresse,
Du partage avec chaleur,
Et du don de ses caresses.

Le couple, en donnant la vie,
Donne au monde un peu plus d'âme !
Enfant, donnes ton regard
Pour comprendre, sans les fards,
Cette vie que tu acclames,
Que nous avons poursuivie.

Donnes tes bras pour embrasser,
Au si joyeux jour de leur fête,
Toutes les mamans harassées:
Qu'elles soient toutes satisfaites !



CE QUE PERSONNE NE M'AVAIT DIT

Ce que personne ne m'avait dit,
Que je découvre, petit à petit,
Ce que personne n'a voulu dire,
Représente plus qu'un empire.

L'enfance n'est pas toujours facile
Caché pourtant, souvent, sur son île
Refusant de regarder plus haut
Que ce qui se trouve à son niveau.

L'adolescence change les jouets,
Que le monde, lointain, créait.
Les yeux ont quitté le passé
Braqués devant, par la pensée.

Le rire éclate avec les joies,
On est, à tu et à toi .
Face aux peines, on serre les dents
Sans avouer que le mal est mordant.

Et puis, vient l'âge adulte, sérieux.
On croit déjà être assez vieux
Pour pouvoir dire des certitudes,
Qui pourtant ne sont que préludes

Bientôt, on pourra enfin dire,
Que maintenant, on sait, il faut en rire,
Que l'on ne sait pas, et pour jamais,
La force de ceux qui s'aimaient.
 


SUR LA BARQUE

Calme d'un ciel bleu après la tempête,
Un souffle léger pousse les nuages,
Eclaircissant de joie le paysage:
Le soleil brille au-dessus de nos têtes.

Un geste rythmé, souple et régulier,
Enfonce les longues rames dans l'eau,
Faisant glisser, sans bruit notre bateau:
A la nature, on est réconcilié.

On voudrait ne pas rejoindre la rive,
Pourtant sur un arbre, chante une grive,
Comme un appel pressant, pour le retour.

Quittons les flots et revenons à terre,
Même si ce n'est pas l'île de Cythère,
Il faut jeter l'ancre à la fin du jour
 


AMOUR, SOURIRE ET PAIX

Je voudrais la paix des sourires et l'amour,
Tout ce qui fait fleurir les beautés alentour,
Ce pourquoi l'on est fait, de chair, de sang et d'âme;
Comme vous le voyez, c'est un très beau programme!

Mais tout cela se voit à travers un brouillard,
Pourtant, sur le sujet tout le monde est bavard !
Il faudra bien qu'un jour, les hommes se réveillent,
Pour redonner la vie, à toutes ces merveilles.

Paix, dans les nombreux pays ou coule le sang,
Sous le choc des armes... estropiant et tuant?
Paix dans les foyers, ou règne cette discorde,
Brisant les ménages, tirant trop sur la corde.

Sourire de l'enfant, qui respire l'amour,
Sourire sur les visages qui nous entourent,
Les êtres chers et les amis que l'on rencontre,
Ceux écoutés longtemps... sans regarder sa montre.

Amour, toujours vivant dans les couples unis,
Amour, vers les peuples, quelque soit leur ethnie,
Amour de "l'autre" en nous qui nous pose problème,
Amour de vérité... en prose ou en poèmes !

Amour, Sourire et Paix, trois piliers de la vie,
Désirs et forces, ici... jamais assouvis.
Avec chacun sa foi, conservons notre espoir,
De voir ce "paradis", avant le dernier soir.

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