Les poèmes de Lorraine

Le dernier glas

Château fort d’amour et de réflexion

Un faible d’esprit a mis fin à tes jours

Nous quitteras-tu pour toujours ?

Qu’est-il devenu de ton enceinte centenaire ?

Paul, ton patron a pourtant su résister

À ces flammes infernales

Il a voulu te protéger

Mais hélas, tu as croulé

Tant tu avais mal

Le glas a sonné ton départ

Tu t’es effondré…


C’était final !


Où, serait-ce un recommencement ?

La résurrection…
 
Lorraine Lavallée - 11 juin 2009

 

 

Noël de l’aîné

Noël de souvenirs
D’une enfance pleine d’avenir
Candeur emmaillotée
Saturée de naïveté


L’Enfant-Jésus vedette célébrée
Abreuvait la fête de notre société
Fruits et bonbons tant désirés
Comblaient les tout-petits

Noël d’aujourd’hui
Décors scintillants étalés
Cadeaux usinés exagérés
Familles divisées

Crèches et arbres de Noël contestés
Discrétion à observer
Devient le code enseigné
Par crainte d’offenser

Chers aînés vénérés
Excusez les difformités
D’une fête controversée
Par un peuple matérialisé

Remémorez vos joies d’antan
Si chères à vos jours d’enfants
 
Lorraine Lavallée - 11 décembre 2008

 

 

Minute d’espoir


À toi
Pour qui
La terre ne mérite que mépris
Les roses existent toujours

Regarde et tu verras
L’amour, c’est pour toi
Si tu y crois
 
Lorraine Lavallée - 27 janvier 2007
 

 
Pauvre gueux

Hiver comme été, il tremble, il sue, il pue
J’en connais un, son domaine c’est la rue
Tous les jours on le voit la main cuivrée tendue
Les grands yeux hagards, il tremble tant il a bu
Lambeaux troués, usés par les trottoirs raboteux
Il n’a pour refuge que le sol rugueux
Qui lui sert d’abri aux jours froids ou pluvieux
Tout en le soutenant dans ses rêves miteux

Toujours l’élixir meurtrier trop répandu
Le motive dans ses activités indues
Pauvre gueux, seule l’indifférence amicale
Le salue vite, d’un sourire artisanal
Le mutisme du passant rempli de mépris
Appesantit le lourd fardeau du sans-abri

Ombre de l’enfer presque omniprésent
Unique bonheur qui l’entoure à tout moment

 
Lorraine Lavallée - 1 mars 2006
 

   
Les jeux de la nature

L' été se gonfle de beautés
Tant espérées et appréciées.
Les jours se succèdent éperdument
À un rythme quasi effarant.

Arrive l'automne qui dans sa majesté
Dicte un épanouissement inespéré.
Vernissage d'une opulence sans pareil
La maturité regorge de vermeil

L'automne devient une colorature
En exhibant les merveilles de la nature.
Quel cadeau doré toujours exaltant!
Bientôt ce sera le linceul tout blanc.

Cher automne, tu veux nous réconforter
En exhibant ce tableau de sérénité
Tu recrées en nous tout un univers
Qui fait surgir en nous un passé éphémère !

 
Lorraine Lavallée - 7 septembre2007
 

 
À notre Papa

Papa chéri
Tu es parti…
Jamais on ne t’oublie
C’est notre grand souci

Tu es près de nous
Surtout dans les grands remous
Tes conseils sont là pour nous
Ils nous unissent de jour en jour

Dans ta nouvelle vie
Bonheur et paix sont accomplis
En ce jour des pères
Sois avec nous comme naguère

 
Lorraine Lavallée - 12 juin 2007
 

 
Harmonie printanière

Chère petite gent ailée
Dentelle exquise de la nature
Tu suscites une symphonie inégalée
De l’aube au crépuscule, sans rupture

Le cardinal de son trône de majesté
Dirige la symphonie par son sifflement accentué
D’abord, l’entrée triomphale du merle qui entre en sifflant
Pour préconiser l’arrivée du printemps

Le carouge avec son « henri-i-i »
Et le bourdonnement sourd du colibri
Accompagnent l’hirondelle d’ici
Qui entonne fièrement son long gazouillis

Parfois, le chardonneret fait vibrer un «du-di-dudu »
Ou il claironne un long chant mélodieux, parfois aigu
Les notes susurrantes de la fauvette
Harmonisent le « hou » grave des chouettes

Que dire de l’omniprésent moineau
Qui répète sa longue série de petits cris musicaux
Dans les sentiers des forêts avoisinantes
Le rossignol réplique par un trille éclatant

Les « bou-hou » répétés des hiboux
Font les basses à tout coup
Ils jouent les percussions
Dans l’orchestre des oisillons

De forte à pianissimo
Autant de vibrato
En decrescendo.
Lorraine Lavallée - 16 avril 2006
 

 

Courage !

Ton soleil s'est obscurci
L'atmosphère s'est assombri
Le tonnerre a claironné
Les éclairs ont sillonné
Les nuages ont pleuré
La mer était en furie
Et, le vent a rugi

Que ton cœur lourd s'encourage
Même si Dame Nature fait rage
Car, après la pluie le beau temps
Est le dicton d'antan

Ainsi, ton être hier meurtri
Reprendra presto son énergie
Une fois la douleur endormie
Ton âme pleine de vide béant
Sera vite vidée de son néant
Quand un cœur aimant
Apparaîtra au firmament

À l’horizon, un soleil somnolent
Éclaboussera des lueurs resplendissantes
Sur tes nuages bordés d’or et d’argent

Alors,
Une quiétude intense
Renaîtra graduellement
Dans ton âme blessée par les événements


Lorraine Lavallée - 7 février 2007
 
 

L’insomnie

Les yeux fermés
Je vois le jour
Afin de faire la lumière
Sur les subtilités
Qui meublent la folle du logis
Sans égard au sommeil abrégé

Tel un carrousel
Joies, peines, turbulences, tracas
Tourbillonnent, se gonflent
On dirait des chimères incontrôlables
Tourments sans issus
Hantent les esprits affolés
Qui gambadent allègrement


Moments infinis, interminables
Aspirent à un lendemain
Qui ramènera sur terre
Les esprits nomades
Ancrés dans la noirceur…

Entre deux soleils apaisants
 
Lorraine Lavallée - 29 janvier 2007

 

 


Pauvre gueux

Hiver comme été, il tremble, il sue, il pue
J’en connais un, son domaine c’est la rue
Tous les jours on le voit la main cuivrée tendue
Les grands yeux hagards, il tremble tant il a bu
Lambeaux troués, usés par les trottoirs raboteux
Il n’a pour refuge que le sol rugueux
Qui lui sert d’abri aux jours froids ou pluvieux
Tout en le soutenant dans ses rêves de fougueux

Toujours l’élixir meurtrier trop répandu
Le motive dans ses activités indues
Pauvre gueux, seule l’indifférence amicale
Le salue vite, d’un sourire artisanal
Le mutisme du passant rempli de mépris
Appesantit le lourd fardeau du sans-abri

Ombre de l’enfer presque omniprésent
Unique bonheur qui l’entoure à tout moment

 
Lorraine Lavallée-Guillemette - 01 mars 2006

 

 


 
Noël bleu

Noël, c'est l'amour
Pour ceux qui s'entourent.
Seul, dans une foule,
Noël est sans amour.

Noël, c'est la joie,
Quand on s'aime vraiment!
Pour petits et grands
C'est la dolce vita

Noël, c'est excitant
Dans le coeur d'amants,
Mais dans l'âme solitaire
On n'y voit que misère!

Seul, au fond du coeur!
Noël, c'est l'horreur,
Surtout à l'heure
Des vœux de bonheur

Noël abondant.
Noël éclatant,
Noël isolé
Quelle calamité!

Noël tout blanc,
Rêve d'enfant!
Noël tout noir,
Quel désespoir!

Noël très pieux
Avec l'Enfant Dieu!
Silence austère
Sans père ni mère!

Noël, dans la paix!
Harmonie parfaite!
Noël bombardé,
Noël enflammé!

Noël partagé
Avec moins fortunés,
Noël de bonheur
Grand merci du coeur!

 
En écrivant ce poème, je pensais à toutes ces personnes délaissées ou encore
à toutes ces personnes pour qui Noël n'est qu'un triste souvenir!
 
Lorraine Lavallée-Guillemette - 10 décembre 2004

 

 



 
Sourire

Je te donne mon sourire
Pour mieux t’aimer
Pour te soutenir et t’égayer
Pour te dire de continuer
 
J’ai besoin de ton sourire
Pour me consoler
Pour me rassurer
Pour te saluer

Je veux ton sourire
Pour fraterniser
Pour nous rassembler
Pour nous apaiser

Tu auras mon sourire
Pour t’épauler
C’est ma gratuité
Pour mieux s’apprécier

Donne ton sourire
Il peut tout conquérir
Il ne peut t’appauvrir
Mais plutôt t’enrichir
Et, il fait tant plaisir

Souris à la vie
Les autres en ont besoin
Il ne t’enlève rien
Et fait tant de bien
 
Lorraine Lavallée-Guillemette - 07 septembre 2006

 


Pourquoi?

Pourquoi cette haine
Porteuse de tant de mésentente
Qui ne fait que diviser ce qui pourrait ne faire qu’un

Pourquoi cette violence
Désespérément cruelle
Et qui brise tout sur la route des cœurs assoiffés de paix

Pourquoi ces armes
Faucheuses de vies
D’âmes innocentes, investigatrices de sérénité

Pourquoi ces tueries
Malheur inconsolable
Toujours si gratuites et impitoyables

Pourquoi, mais pourquoi
Faut-il s’entretuer
La communication
N’est-ce pas meilleure solution

 
Lorraine Lavallée-Guillemette - 13 septembre 2006

Écrit suite au massacre qui vient de se produire au CÉGEP Dawson de Montréal
Le 13 septembre 2006

 

 

Quand vient la nuit

Remous ahurissant
Enfer turbulent
Va-et-vient sans répit
Bousculade chavirante
Serait-ce l’apocalypse?

Graduellement,
Transformation
Silence apaisant
Tranquillité sereine
Ambiance purgée d’agressivité
Douceur réconciliante
Mutisme sépulcral

La lune montante
Dévoile des ombres sournoises
On dirait des tentacules
Le silence s’épaissit
Pour accueillir la nuit
 
Lorraine Lavallée-Guillemette - 12 janvier 2006

 


 

 
Poésie pour badiner!
Nouvelle carrière


À la retraite, nouvelle orientation.
Que faire pour une distraction?
Ah! Aucune difficulté à s'engager,
Le tour est joué sans y penser.

Me voici en stage inattendu!
Où sont allés mes objets perdus?
Lunettes, stylo, trousseau de clés
Où puis-je donc les avoir rangés?

Un document est exigé,
Diable, où s'est-il éclipsé?
Pourtant, je l'avais classé!
Une heure passe sans le trouver.

Je rencontre Madame... une telle,
Mais son nom, je ne me rappelle.
Dans un instant, ça reviendra,
Ma mémoire me le dira...

Un bijou mérite une place secrète.
Où donc se trouve cette cachette?
Un jour... c'est la découverte.
Petite mémoire, si discrète!

Voilà ma nouvelle orientation.
C'est arrivé sans réflexion!
Une maîtrise en recherche,
Quel passe-temps pour la retraite

La recherche, voilà ma destinée.
Belle occupation de tout aîné.
C'est un stage intensif répété
Qui se renouvelle d'année en année!


Lorraine Lavallée-Guillemette - juin 2006

 


 

Espoir : Un jour à la fois

Quand mon soleil à l’aube se lève
Obscurci par les orages sans trêve
Mon âme prend un temps de réflexion
Pour ne pas qu’il soit sans diffusion
Demain, un autre soleil se lèvera
Brillant d’un éclat qui resplendira

Quand mon cœur est rempli de lourdeur
Étreint d’angoisse et de frayeur
Ma pensée prend un temps de réflexion
Pour ne pas qu’il succombe à l’agitation
Demain, un autre jour! Céleste, il sera
La peine furtivement s’évanouira

Quand la guerre en moi fait rage
Et que tout devient carnage
Mon ange me fait prendre un temps de réflexion
Pour que s’adoucissent les frictions
Demain, la paix se négociera
Et un compromis peut-être surgira

Quand mon corps crie au secours
Endolori par ces maux de tous les jours
Mon esprit prend un temps de réflexion
Pour qu’il réagisse à cette malédiction
Demain, un bien-être se ressentira
Le malaise sans doute diminuera

Quand ma tranquillité s’agite
Et que les inquiétudes m’habitent
Mon ardeur prend un temps de réflexion
Pour que le calme range les émotions
Demain, le tourbillon s'amortira
Et mon âme doucement s’apaisera

Quand la nuit se fait trop longue
Et que les ténèbres envahissent le monde
Tout mon être prend un temps de réflexion
Pour voir la lumière à l’horizon
Demain, le rossignol chantera
Et l’univers s’illuminera

Quand mes pensées échappent au présent
Et que l’esprit est rempli par le néant
Mes idées prennent un temps de réflexion
Pour que les mots fassent leur apparition
Demain, la mémoire s’éclaircira
Et, que de souvenirs on se rappellera

Quand la solitude devient intense
Et que je rêve d’une présence
Mon cœur prend un temps de réflexion
Pour que l’amitié remplace l’isolation
Demain, mon désir s’accomplira
Comme autrefois, on se rassemblera

Quand le silence se fait entendre
Et que le chant des oiseaux se fait attendre
Mon intérieur prend un temps de réflexion
Pour que s’intensifie la méditation
Demain, l’harmonie au diapason s’ajustera,
Et la symphonie en moi retentira

Aujourd’hui, c’est aujourd’hui
Demain sera demain, c’est garanti

 

Lorraine Lavallée-Guillemette - mai 2004

 

 



 
Don divin

Le crépuscule,
Extase minuscule
Ciel et terre se coudoient
Se miroitent, se chatoient
Et se fondent unanimement
En un brasier réfléchissant

L’Artiste des artistes
Toujours si perfectionniste
Ressuscite tous les tableaux
En un coup de pinceau.
La nature enflammée
Du magenta jusqu’au doré
Incendie la rivière de ses rayons
Comme un miroir de perfection

Les silhouettes d’anges
Au firmament couleur d’orange
Prennent leur essor en formation
Vers d’autres destinations
Seul un héron sympathique
Majestueusement vient se poser
Afin de mieux se pavaner
À la symphonie
Du coloris

L’atmosphère est à la fête
Des pieds jusqu’à la tête
Rien ne peut perturber
Ne fusse que pour un moment
Le spectateur impressionné
Par ce décor aussi envahissant
Silence, admiration, contemplation
Se succèdent dans une réflexion

L’infinie magnitude
Cadeau divin à une multitude
Ne cesse de se répéter
Au crépuscule de la sérénité


Lorraine Lavallée-Guillemette septembre 2004

 


 
Souvenirs helléniques

Sanctuaire de la déité
Engendrée et non créée
Par monts fortifiés
Agoras et temples érigés
Ornés de mythes et de guerriers
À tous vents sont parsemés

Amas de pierres recyclées
On bâtit, on démolit, on rebâtit
Montagne toute marbrée
Où se sont succédés
Divinités, esclaves, aventuriers
Romains, Chrétiens, Vénitiens
Turcs, Ottomanes, Grecs, Russes,
Allemands et Colonels
Tous additionnent et soustraient
Pour créer la Grèce d’aujourd’hui

Athènes, Mycènes et Delphes
Créateurs de la science
De la philosophie
De la civilisation
Vous dévoilez vos secrets
Au passant d’aujourd’hui
Qui voit en vous admirant
La naissance des nations
La croissance des paysans

Athéna, un jour tu as présenté
L’olivier, ce cadeau béni
Coffre-fort immortel et ignoré
Source intarissable de vie
Écho de l’Iliade et de l’Odyssée
Homère a su te comparer
À de l’or liquéfié

Zeus géniteur
Tu sais hypnotiser
L’oiseau voyageur
Qui ne peut cesser
De te contempler

Bleu de la mer
Blanc de l’écume
La soie d’antan
Flotte à tous vents
Sur les îles et le continent

 
Lorraine Lavallée-Guillemette Juillet 2005
 

Vague sournoiserie

La mer brille de tout son éclat
Vacanciers de tous les climats
Se précipitent au nirvana
Cette merveille tropicale, ce paradis de joie

Soudain, un matin maudit
La mer rugit
La vague s’arrondit
C’est le tsunami

La lame déferle sa fantaisie
Rien ne résiste à celle-ci
Ni démunis ni bourgeoisie
La vague a tout englouti

Véritable sauvagerie
Qui s’abat aujourd’hui
Le cafouillis anéantit
Grands et tout-petits

La barbarie, c’est pour qui?
Cent cinquante mille bistouris
Arrachent à la vie
Ces gens sans compromis

Nations et familles ahuries
En quelques instants de tragédie
Se trouvent entourés de débris
Tant d’horreur et d’épouvante assorties

Des milliers de cadavres, noyés
Par les eaux sans pitié
Dans la boue cachottière y sont déposés
Spectacle de dévastation répété

Désastre terrestre naturel
Même l’humain intellectuel
Ne comprend cette gifle mortelle
Malgré ses efforts habituels

À vous toute notre sympathie
Chers amis de l’Asie!


Lorraine Lavallée-Guillemette, 31 décembre 2004
 


Transformation

Être enfant de sa mère,
C’est souvent être mère de sa mère
Être mère de son enfant,
Sera-ce être enfant de son enfant?
Les rôles changent fréquemment
Sans diminuer d’ardeur pour autant.

Les sollicitations d’un enfant auprès de sa mère
Ne durent que peu de temps
Les sollicitations d’une mère auprès de sa mère
Peuvent durer très longtemps.
Et, les rôles qui ont transformé une vie
Au cours des ans s’intensifient.

Quelle sollicitude pour un enfant!
Quelle affection pour une mère!
Maman, voilà la sécurité.
Mon enfant, voilà de l’espoir!
Ces rôles changent fréquemment
Selon les événements…


Lorraine Lavallée-Guillemette juin 2003
 


Renaissance

Madame, vous avez le Cancer.
Oh! quel supplice, quel enfer!
Alors, tout s'effondre et tout s'affaisse.
Le gouffre est profond, il est sans fond.
La douleur aiguë ne se rompt,
Hélas, que pour mieux absorber
Tout ce qui est réalité!

Madame, nous vous en libérerons.
La science! Mais parfois elle se trompe.
L'espoir remonte, et l'espoir s'estompe.
Les cahots se succèdent à l'infini.
Les symptômes disent oui,
L'esprit dit non.
La réponse? La soumission!

Madame, mais c'est la chimio.
Ce doux poison, c'est le scénario.
Gavée de fatigue, gavée d'ulcères,
C'est le répit le plus amer.
Je veux la vie, je veux ce répit,
Qu'importe la peine, qu'importe le mal.
La victoire, c'est mon idéal!

Madame, vous êtes en rémission.
Oh! Quel bonheur, quel frisson!
Remplie d'espoir, remplie de joie,
La vie, à plein verre, je bois.
Est-ce le pardon de mes péchés,
Ou la grâce qu'on vient m'accorder?
Voilà l'atténuation momentanée!

Madame, vous pouvez festoyer,
Une belle chance vous est accordée.
Dieu soit loué! Dieu soit béni!
Alléluia! maintenant, je vis.
Aujourd'hui, c'est pour toujours,
Demain sera un autre jour.
Ma vie est un cadeau, bravo!

 

Lorraine Lavallée-Guillemette


Meilleurs voeux de santé...


La santé, oui, la santé...
Un jour on l'a, un autre jour on l'a perdue!
Un jour on la perd, un autre jour on la retrouve!
Ces voeux, prédiction toujours ardue
Sans en connaître l'imprévisibilité.

La santé, quelle fragilité souvent oubliée,
Surtout quand elle est prise pour acquise.
Et même dans le vécu, on la méprise!
Quelle nostalgie quand elle est du passé!
Pensée qui hante le corps blessé.

Quelle inconscience quand elle est d'actualité!
C'est un souhait lancé sans y penser,
À tout moment, à toute occasion,
Pour témoigner de l'amitié, de l'affection,.

En connaît-on la portée, l'étendue?
Toute une réflexion, une fois perdue,
Tout un souhait pour un être assoiffé de santé.
Si un jour, on la perd, pourra-t-on la retrouver?
 

Lorraine Lavallée-Guillemette


ODE À DES CHEVEUX

Comme une marguerite au printemps,
Perdra, perdra pas, perdra, mais quand?
Autrefois, si petite, toute blonde puis châtaine!
La métamorphose s’amorce déjà.
De brune à noire, la maturité s’intensifie,
Puis, progressivement, la sagesse apparaît
Et retourne à ses couleurs d’antan.

Tout à coup, quelle calamité!
Un poison mortel entre dans mes veines.
Il vient tuer le cours normal des événements!
Cette bonne méchanceté est là pour guérir.
De gris à blanc rapidement,
Ces atouts si protecteurs et charmeurs
Se détachent…
À chaque coup de peigne,
À chaque coup de vent…

Ils quittent en promettant un au revoir.
Peut-être, reviendront-ils en frisottant.
Je me leurre?
Saura-t-on y croire?
Ce couvre-chef qui faisait ma fierté, ma gloire
S’envole follement comme des plumes au vent
Pour faire place à un coco tout rose, tout lisse,
Resplendissant de la sagesse mise à nu.

Nulle sympathie des chauves prématurés!
Leur chevelure est déjà toute déracinée.
Rose, brune, grise ou blanche,
Y a-t-il vraiment une importance?
Ce qui en fait toute la différence
N’est-ce pas ces interminables pensées
Qui ont déjà fait un long bout de chemin
Depuis que le mot CANCER fait partie de mon quotidien?

Lorraine Lavallée-Guillemette

Note de l'auteure: Ce poème a été rédigé lorsque je prenais des traitements de chimiothérapie à la suite d'un cancer en 2002. Aujourd'hui, j'ai repris le cours normal de mes activités journalières et je suis toute reconnaissante envers ceux qui m'ont tant réconfortée pendant cette période difficile.

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