Poèmes de Philippe de Suisse.  

Destin

On ne peut échapper à ce chemin fatal
Qui dirige nos pas, oriente notre vie
Vers un sort inconnu, pacifique ou brutal,
Qui s'appelle destin et sans cesse dévie

On ne peut subir sans heurts et sans détours
Il est notre Karma, formel irréfutable !
Acceptons sans frémir ses tours ou ses contours
Affrontons sagement ses chocs inévitables.

D'un idéal divin il faut nous inspirer.
Les efforts conjugués pour atteindre la gloire
Perpétuels conflits qui nous font soupirer
Sont des forces en péril pour tenter la victoire.

Ainsi de jour en jour il nous faut épier
Supporter les affronts de toute race humaine,
Lutter contre mal qu'il nous faut expier
S'ériger en vainqueur, descendre dans l'arène.

L'égocentrisme humain, ce péché aberrant,
Est la source des maux, le poison de ce monde,
Il entrave la paix, ne se porte garant
De tout ce qui sévit sur notre terre immonde.

La lutte est notre loi, du berceau au trépas
Mêlons-nous à la foule et semons l'harmonie !
Pour défendre le droit, faisons le premier pas,
Triomphante sera la mission accomplie.
 

Écrit par Philippe, Suisse, 14 octobre 2009


Solitude

Me voilà handicapé, immobilisé, l'amertume me hante !
Comme le blanc rosier au pétales flétris
Qu'un vent impétueux sans pitié a meurtris
Mon âme cherche en vain la compagne pour dialoguer

Pourquoi se lamenter, recourir à l'ivresse,
Éphémère vapeur qui sans cesse trahit,
Obnubile les sens et toujours envahit,
Tout cela au mépris de l'humaine sagesse.

Que penser de la fleur, sans parfum, sans poème,
Du cep sans son soutien vaincu par l'ouragan
Vivre seul sans appui est un lot intrigant,
Se lier pour toujours, parfois un stratagème,

De deux cœurs l'union est une symphonie,
Un chant d'amour sacré, vibrant harmonieux !
Un transport passionné s'élevant jusqu'aux cieux,
Qu'il est doux de s'unir en bonne compagnie

Écrit par Philippe, Suisse, 14 octobre 2009


Arrière Automne

La Nature se meurt, tout devient monotone.
Trop vite le soleil descend à l'horizon,
Comme les larmes d'or gisant sur le gazon,
Les feuilles en prière ont des airs de madone.

Vivons allégrement les jours de notre automne.
Combien de temps encor mon cœur battra pour toi ?
Le sort est capricieux, heureux sous notre toit.
Berçons nos rêves d'or avant que le glas sonne.

Le glaive des combats il a fallu le brandir !
Quand nous reviendras-tu, toi, divine colombe ?
Les guerres d'ici-bas il faut les subir !

La fleur du souvenir ne s'étiole pas,
Même devant l'autel, même devant la tombe,
L'âme est cher trésor qui survit au trépas !

Écrit par Philippe, Suisse, 14 octobre 2009


Rose

Poème dédié à mon épouse décédée à l'âge de 36 ans
et à mes deux enfants

Rose, subtile fleur au parfum capiteux !
A l'âge où le désir inconscient s'envole
Tout en toi faisait voguer la jeunesse frivole
Vers des ports inconnus, sans phare, fallacieux.

Fraîche éclose au jardin ton charme triomphait
Enivrant les élus épris de ton langage,
Verbe de pureté évoquant sans ambages
L'indicible candeur d'un beau rêve d'enfant.

Cueillons-la en prière en son riant matin
Avant que son déclin soit la douleur amère
Versant des larmes d'or en sa vie éphémère
Lorsque les vents cruels profanent son destin

Ange pur, radieux que m'a donné le Ciel
Tu versais dans nos cœurs ta coupe d'ambroisie,
Scandes de tes accents ta noble poésie
Et nous voilà ravis, geste providentiel.

Malheur au ravisseur qui aura profané
Ton nom, ta pureté, tes encens, ta sagesse
Ta chaste dignité se fera vengeresse,
Le sang affluera de tes glaives affinés

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Idylle

Quant la nuit étendra son voile
Mignonne nous irons tous deux
Sous le doux regards des étoiles
Assouvir nos cœurs amoureux

Notre amour sera ce Pactole
Source de flots en rêves d'or
Et tu seras, toi, mon idole
La reine de ce cher trésor.

O magnifique subterfuge !
Pour être seuls et radieux
Le lac sera notre refuge,
L'esquif riche présent des dieux.

Réjouissons-nous mon Aphrodite !
Le temps est propice aux baisers
Sois perspicace, rien n'ébruite
Il faut que nous soyons aisés !

Étreints dans les bras du silence
Nos cœurs battront fébrilement
La houle qui coule en cadence
Bercera nos rêves charmants

Jeunesse innocente, pubère
A la règle il faut consentir
La folie est parfois amère
Et combien long le repentir

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Apparition

J'ai perçu cette nuit en un rêve troublant
La divine clarté qu'illumine mon âme.
Esotérique feu, suffrage consolant
Illustrant sans détours de la vie la trame.

J'étais sous d'autres cieux, tendrement enlacé
Dans les bras de velours à mes yeux invisibles.
Je voguais dans l'éther et déjà effacé
Du monde des humains jugé irréversible.

Libéré de mon corps et délivré du mal
Tout mon être vibrait d'un bonheur ineffable.
Pourtant je m'approchais d'un mystérieux fanal,
Esprit dominateur, puissance inexorable.

Arrête-toi ! humain qui affrontes mon ciel !
Pas encore mon ami la couronne de gloire !
Pour franchir ma frontière, esprit, superficiel,
Il faut avoir tramé l'éclatante victoire.

Tu dois te purifier et retourner là-bas
Pour renaître en seigneur et semer l'harmonie.
En ce peuple terrien avide de combats
T'ériger en vainqueur contre la zizanie.

Le temps est éternel, il veut la rédemption
Tout doit se rallier à la paix souveraine.
Elle émane du Christ et sa noble mission
Nous reviendra un jour, triomphante et soudaine.

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Clair de Lune

Nuit d'amour et d'ivresse, ineffable et sereine
Que ton ciel constellé fascine tous les coeurs
Et que toute jeunesse éprise de ferveur
S'enivre du parfum que répand ton haleine.

Profitons aisément de cette solitude
Et donnons libre cours à nos désirs charmants
La lune qui se lève au sourire engageant
Sera notre témoin en toute plénitude.

De la haute montagne elle a gravi la cime,
Sillonne au loin le lac de ses rayons blafards
Bien vite enlaçons-nous tout de go et sans fard
En ce moment divin pathétique et sublime.

Qu'il est doux le premier baiser au clair de lune
Lorsque deux âmes soeurs s'unissent pour toujours
Prélude solennel à un heureux séjour
Hostile à tout jamais à l'ignoble rancune.

Toi ! astre de la nuit qui a vu tans d'alarmes
Veuille veiller sur eux, éviter l'abandon.
Quant cette nuit d'été ce serment en ton nom
Ne soit pas un torrent de venin et de larmes.

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Premier rendez-vous

Dans l'ombre du grand bois où murmurent les dieux
Soupire un amoureux dans les bras du silence,
Le clocher a sonné le rancard radieux
En amour tout retard suscite l'impatience.

Le ruisseau attentif lui offre sa fraîcheur,
La lune qui se lève à l'étreinte convie.
Elle ébauche à ravir son sourire moqueur,
Irrite sans pitié cette âme inassouvie.

Soudain surgit au loin l'étincelle d'espoir,
Une ombre qui se meurt, s'approche se dandine,
Voilà que c'est un leurre et c'est le désespoir,
Fallacieux crescendo qui se meurt en sourdine.

Ce coeur désabusé alors est aux abois
Lacéré, déchiré, fol, battant la chamade
S'apprête, désolé, à trimbaler sa croix,
Chagrin attribué à une rebuffade.

Enfin des bruits de pas s'affirment, triomphants.
Ineffable bonheur, cette fois c'est bien elle !
On s'acharne à veiller sur cette pauvre enfant
Qui a pu s'évader, bravant ses sentinelles.

Et les voilà tous deux fébriles, enlacés,
Asservis, attisés par Eros le grand maître.
Chers élans de ferveur, si souvent effacés
Quant l'orage sévit et qu'il faut se soumettre.

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Fleurs

Fleurs vous êtes nos messagères
D'amour et de félicité
De Dieu les nobles mandataires
Resplendissantes de beauté.

La saveur de votre langage
De noblesse, d'enchantement,
Fait appel à notre suffrage
A l'heure du recueillement.

Comment exprimer votre charme
Le parfum de votre fraîcheur
Toute la ferveur de vos larmes
De deuil, d'extase, de bonheur

Vous êtes toute poésie !
Le sanctuaire de vos coeurs
Embaume la cérémonie
En prenant part à sa grandeur.

Que dire de votre présence
Sur la tombe, devant l'autel
Vous êtes l'ange qui encense
Le prenant moment solennel

Toujours au chevet du malade
Vous adoucissez le chagrin,
Le patient qui bat la chamade
Vous le charmez de votre lien.

Lorsque se célèbre la fête
Qu'il est beau le corso fleuri !
La musique toujours en tête
Exalte votre coloris.

Ce que nous ne pouvons traduire
C'est à vous que nous recourons
Expertes dans l'art de séduire
Vous êtes céleste fleuron.

Enfin, lors du dernier voyage
Moment fatal, toujours cruel,
Vous participez au message
Du divin revoir éternel.

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Artistes

En musique et en poésie
L'artiste c'est l'enfant bien né
Oeuvrant selon sa fantaisie
Cultivant son talent inné.

Il charme tout son auditoire.
Partout il sème la beauté.
Infini est son répertoire,
Il accepte l'adversité.

Du poète l'âme sensible
Chante l'adorable nature !
A l'amour toujours accessible
Il sait en panser la blessure.

Le sculpteur, lui est admirable !
Habile, les doigts spatulés
Il fait revivre son semblable
Si parfaitement modelé.

Quant à l'artiste du théâtre,
Du grand et du petit écran
Il est, c'est certain l'idolâtre,
De la femme le Don Juan.

Les grands maîtres de la peinture
Sont d'admirables créateurs.
C'est leur génie d'envergure
Qui fascine l'admirateur.

On honore votre mémoire,
Modestes, souvent généreux,
C'est de vous que parle l'histoire.
Sachez que vous êtes des dieux.

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Mon paradis

J'ai construit ma maison face au vaste horizon
Où m'éveille joyeux le salut de l'aurore.
C'est alors que mon âme écoute l'oraison
Du baiser de la fleur que l'aube fait éclore.

J'admire mon beau lac et ses flots opalins
La plaine, les grands monts, les riches moissons blondes,
La ville où la passion est l'audacieux tremplin
Qui élève bien haut le génie en ce monde.

Sur la haute montagne où susurre un ruisseau
A l'abri des soucis, des nuisances urbaines,
Ce home merveilleux ignore le fardeau
Du jaloux imposteur, le virus de la haine.

On y sème l'amour, tout ce qui ennoblit,
Les appels du regard, les mystères de l'âme.
Il est pour l'affligé le fleuve de l'oubli,
Le havre de la paix que le repos réclame.

Le stress de notre temps, cauchemar insidieux,
Est le pire ennemi de l'ascension humaine.
Obnubilant l'esprit, ce soleil radieux
Il réprime l'élan vers la gloire sereine.

Lorsque descend la nuit à pas silencieux
Que le calme du soir invite à la prière
On jette un pieux regard vers la voûte des cieux
Et nous voilà comblés en notre sanctuaire.

Écrit par Philippe, Suisse, 08 janvier 2004


Le rêve

Vous! les beaux rêves d'or qui hantaient mon sommeil,
Encensant sans répit ma crédule jeunesse,
Revenez tour à tour éblouir ma vieillesse
Du berceau de jadis jusqu'au riant réveil

Tous, ravivez vos feux sur ce petit écran,
Admirable trésor de mon âme innocente,
Prête à vous accueillir et toujours impatiente,
Ignorant des humains les tragiques élans.

Fugaces visions, beau départ en douceur
Avant de s'engager dans la vie effective
Saisir le gouvernail c'est prendre part active
Dans le monde fébrile en évitant ses heurts.

La vie d'ici-bas suppose l'ouragan.
Péché originel tu sévis d'âge en âge !
Toujours après la joie la discorde s'engage
C'est alors que surgit le dépit intrigant,

Enfance sois propice au destin qui t'attend,
Sois fidèle à ta foi, cultive la sagesse !
Accepte le combat, ne sois pas vengeresse.
Profondément hostile aux filets de satan

Notre beau paradis il nous fut profané
Pourquoi ne pas semer la paix et l'harmonie ?
La salvatrice loi nous l'avons tous bannie !
A jamais le péché est un poison inné.

Écrit par Philippe, Suisse, 07 janvier 2004


Isabelle

Vos yeux sont le miroir de votre âme d'enfant.
Semblables à la clarté de l'aube qui se lève
Tandis que le soleil surgissant comme un rêve
Lance ses flèches d'or en vainqueur triomphant.

C'est alors que palpite votre petit coeur
Réveillé par l'éclat de ce jeu d'innocence
Ignorant la beauté et la clameur immense
Du printemps qui sourit en sa prime lueur.

Sensible à son appel, souriez à l'amour.
Il est une âme soeur qui déjà se prosterne,
Sans que vous le sachiez un amant qui vous cerne
S'apprêtant à ravir vos beaux yeux de velours

Aujourd'hui le printemps, demain le sombre hiver
Approchez-vous gaiement de celui qui vous aime,
Le destin est fatal, insondable problème,
Qu'il soit pour vous charmant, sans heurts ou sans revers.

Écrit par Philippe, Suisse, 07 janvier 2004


Femme

Tu es de la beauté la reine
Femme maîtresse de mon coeur
Eveille en ma lyre sereine
De l'amour la douce chaleur.

Laisse-moi lire dans tes yeux
Tout le poème de ton âme
Et sous un beau ciel radieux
En révéler toute la trame,

Déjà naît sur mon front brûlant
Le cher désir auquel j'aspire
Et déjà l'attrait chancelant
A l'étreinte douce soupire

Enfin nous voilà entichés
Femme, divine créature
Adorable trésor caché
Noble présent de la Nature.

Eros, le bel enfant couru
Attise le feu qui scintille
Eclate d'extase férue
Le chaud brasier qui vacille

Ainsi en est-il de la vie !
Marchons tous deux d'un même pas
Les dieux fous, à leur fantaisie
Nous enivrent de leur appas.

L'amour c'est la raison de vivre
Le chant sacré de chaque jour
C'est du foyer le plus beau livre
Du rêve le plus beau séjour.

Écrit par Philippe, Suisse, 07 janvier 2004


Mon étoile 

Fervente elle a surgi à l'heure où je suis né
Tout là-haut dans les cieux où toute paix habite.
Sa loi est mon destin, je vis de son orbite
A ses desseins secrets me voilà destiné.
 
Dans un profond silence elle trame mes jours
Me voilà le jouet de ses nobles caprices
Je vogue dans l'éther augurant ses prémices
A son gré dépendra mon terrestre séjour.
 
Mon âme se repaît de sa douce chaleur
Animant en mon cœur des élans d'allégresse
Ma flamme doit jaillir, aux dieux elle s'adresse
Pour vaincre le malin, ce diable ensorceleur.
 
L'homme meurt puis renaît, il doit semer l'amour
Monter toujours plus haut, s'inspirer de l'oracle,
De naissance à trépas atteindre le pinacle
Aux leçons d'un passé ne jamais être sourd.
 
Mon étoile suis-moi et dirige mes pas
Tout écart de ma part est faute condamnable
Pardonne mes erreurs et rends-les soutenables
Grâce à un repentir qui ne mentira pas
 
Soyons probes ici-bas préparons l'avenir !
Tout en nous fait songer à l'Eternel mystère
Qui plane sur nous tous, enfants de notre terre
Du sublime salut sachons nous souvenir.


Écrit par Philippe, Suisse, 23 juin 2001
 


Tes yeux

Tes yeux sont le miroir de ton âme sensible,
Limpides océans aux flots harmonieux
Où voguent maints espoirs sous un ciel radieux
Tels de frêles esquifs à la voile infaillible.
 
Bleus d'azur enviés, purs comme la prière
Il savent s'orienter vers tous les horizons,
Au moment opportun se mettre au diapason
Pour vaincre l'ouragan, la vague meurtrière.
 
Cultivant la beauté, aimants et perspicaces
Tes beaux yeux de velours devinent mes secrets.
Grâce à leur éloquence et leur charme discret
S'apaise ma douleur, doux regard efficace.
 
Souvent ils se promènent au fil de mes pensées
Pour sonder les élans de mon coeur amoureux
Agitant l'encensoir d'un geste généreux
Ils sèment en son tréfonds la sûre panacée.
 
Puis ils savent fouiller le monde des étoiles
S'élancer tout là-haut pour scruter l'univers
Quitter pour un instant la terre et ses revers,
Au-delà des éthers pour soulever le voile.
 
Si la mort de sa paix ravissait leur présence
Qu'esseulé le chagrin troublerait mon destin
Transportés quelque part dans un Eden lointain
Ils s'auraient consoler ma pénible souffrance

Écrit par Philippe, Suisse, 24 juin 2001
 

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