Poèmes de Pierre Coutreau

A quoi ça sert.

1
A quoi ça sert de se crever
Le cœur chaque nuit à rêver
L’amour ça ne s’invente pas,
Ca ne vient pas toujours comme ça
Ca se mérite ou ça se gagne
Parfois ça remue des montagnes
Ou bien ça cours dans les torrents
Ça va partout comme le vent.

2
L’amour c’est dans un bout de pain
Que tu donnerais à ton chien
C’est une larme au coin de l’œil
Lorsque tu vois quelqu’un en deuil.
C’est le sourire que tu donnes
A celui qui n’attend personne,
Une fleur cueillie en chemin
Que tu garderais dans ta main

3
A quoi ça sert de se crever
Le cœur, chaque nuit à rêver
L’amour, quand on est malheureux
Ca pique un peu au fond des yeux
Quand on est seul et qu’on attend
L’amour c’est parfois décevant
Et lorsque ça devient fatal,
On en parle dans le journal. 4
L’amour est partout sur la terre
Il ne connaît pas les frontières
On le retrouve dans la rue
L’amour, quand il se prostitue…
Il est aussi dans le soldat
Qui vise, mais ne tire pas,
Puis jette son fusil à terre,
Lorsque l’amour s’en va en guerre.

5
A quoi ça sert de se crever
Le cœur chaque nuit à rêver
Et se poser tant de questions
L’amour n’est pas l’hésitation.
C’est souvent un coup de poker,
L’amour, ou tu gagnes ou tu perds
Mais sitôt que c’est, pas normal
Ca ferait crier au scandale.

6
Il y a des chanteurs, chaque jour
Qui chantent des chansons d’amour
Ils les composent au coin du feu
On a parfois les larmes aux yeux
Ils vendent leurs 45 tours,
Ca peut rapporter gros l’amour
Ca devient une affaire d’argent,
L’amour pognon c’est dégoûtant

7
A quoi ça sert de se crever
Le cœur chaque nuit à chanter
L’amour ça ne s’invente pas,
L’amour c’est toi quand tu es là
Il a la couleur du ciel bleu
Quand il est au fond de tes yeux
L’amour est au bout de tes doigts
Lorsque tu tends tes mains vers moi

8
L’amour, mais c’est toi mon amour
Je veux le crier au grand jour
Le chanter dans le monde entier,
L’amour ne se fait pas à moitié
C’est beaucoup plus qu’un sentiment
Ce n’est pas, le caprice d’un moment
C’est le bonheur et c’est la joie
L’amour c’est tout, l’amour c’est toi
A quoi ça sert…

 
Pierre Coutreau - 1985


Madame

Ainsi vous m’annoncez que vous partez Madame,
Mais je m’y attendais, non ce n’est pas un drame
Vous avez bien raison, je ne suis pas sérieux
C’est vrai que vous méritez mieux.
Pourtant prenez bien soin de celui qui viendra
Demain, me remplacer, tout au fond de vos draps
Je vous le recommande, prenez bien soin de lui,
N’est il pas mon meilleur ami ?

Refrain.

Et oui, je vous l’avoue, je suis plein de défauts
Et je n’ai pas bon goût, et je ne suis pas beau,
C’est peut être pour ça que vous m’avez tant plu…
Promis, je ne le ferai plus.

Refrain.

Je suis, me dites-vous, très difficile à vivre
Restant parfois, des heures, absorbé par mes livres
Ou bien chantant le soir, en criant comme un sourd
De mauvaises chansons d’amour.

N’ayez aucun remord, allez en paix, Madame
Et vous le voyez bien, je ne fais pas de drame
Mais je ne ferai plus deux fois la même erreur
J’ai fermé à jamais mon cœur

Et je vivrai heureux, tout seul avec mon chien
Puisque avec lui je m’entends bien…

Refrain ad lib.


Pierre Coutreau - 12 octobre 1982
 


Tristesse

Un ciel trop lourd ; de grands nuages…
Le soir descend sur une plage,
Un regard posé sur la mer,
Et dans le cœur un grand désert…
Tristesse,
Besoin de tendresse
Cœur lourd
Tant besoin d’amour…

A la radio, une chanson,
Histoire d’amour et de passion
Mais il est trop loin le chanteur
Et loin des yeux c’est loin du cœur

Tristesse
Besoin de tendresse
Cœur gris
Tant besoin d’amis…

Mais pour tuer la solitude
Il faut changer les habitudes
Mettre enfin le monde à l’envers…
Faire l’amour au bord de la mer…

Tristesse
Adieu je te laisse
Amour
Je te dis bonjour

Et si tu me donnes la main
Ne parle pas, les mots sont vains
Nous irons vers les jours heureux
C’est un voyage qu’on fait à deux

Tendresse,
Millier de caresses,
Velours,
Dans tes bras, l’amour…


Pierre Coutreau - 24 juin 1983


Mon Ami Pierrot

Au clair de la lune mon ami Pierrot
Du bout de ta plume, tu cherches les mots
pour une aventure qui a fini trop tôt
Sur tes amours mortes, tu pleures la nuit
tu cours à la porte pour le moindre bruit
mais derrière ta porte, il n'y a que la nuit.

Au clair de la lune, tu es malheureux
dans ta cheminée, il n'y a plus de feu
mais le temps qui passe saura te guérir
tu verras bientôt, l'amour refleurir.

Au clair de la lune mon ami Pierrot
laisse l'amertume, oublie ton coeur gros
viens auprès de nous, rallume ton feu
Chante tes chansons, pour l'amour de Dieu.


Pierre Coutreau - août 1981


On s'habitue

Encore un mot, pour ne rien dire
Un mot d’ennui, un mot de trop
Plus triste qu’un soupir.
Et puis tu vois, on s’habitue
On doit se forcer pour sourire
On apprend à ne plus souffrir
On s’habitue, évidemment
Les larmes ne durent qu’un moment
Le temps qui a raison de tout
A effacé ce qui fut nous
Et puis tu vois, on s’habitue
Parce que la vie est ainsi faite
Il y a des victoires et des défaites.
Encore un mot, pour ne rien dire
Parce que quant on a trop parlé
On n’a plus grand-chose à se dire
Et puis tu vois, on s’habitue
On oublie les belles promesses
On se dit des mots qui nous blessent
On s’habitue, évidemment
On apprend à serrer les dents
On déchire en petit morceaux
Les mots d’amour et les photos
Et puis tu vois, on s’habitue
Quand le cœur est un peu plus sage
On apprend à tourner la page.

Encore un mot, pour ne rien dire
Comme un regret ou un adieu
Quand il n’y a plus d’avenir
Et puis tu vois, on s’habitue
A ne plus avoir dans sa main
La chaleur d’une autre main
On s’habitue, évidemment
Mais le vide se fait si grand
Qu’on aurait envie de partir,
Qu’on ne voudrait plus revenir,
Et puis tu vois, on s’habitue
On est là, on reste quand même
Sans les sourires et les « je t’aime »
Et puis tu vois, on s’habitue…

Tu sais on s’habitue à tout,
Pourquoi pas nous…

Pierre Coutreau - septembre 1990


Ça tue le temps.

Il n'y a plus personne dans la ferme à côté
Ils ont déménagé, les voisins...
Ils ont brûlé dans la cour, des tas de vieux papiers
Avant de partir ce matin.

Il n'y a plus grand monde, maintenant, au bourg, à qui parler
Depuis qu'est mort le vieux Tonin...
D'ou je suis je regarde au loin dans la vallée
Puis je parle un peu, à mon chien...

Ca tue le temps...

J'ai préparé la soupe, pour mon chien et pour moi
Il doit rester un peu de vin...
Demain, faudra que je pense à couper du bois
Et que j'achète un ou deux pains...

Je passerai peut-être, par le vieux sentier
Et puis si j'y pense, en chemin
Je prendrai quelques champignons, dans un panier,
C'est pas que je les aime bien... mais...

Ca tue le temps...

Peut-être qu'un jour, moi aussi, je partirai...
Mais la ville, c'est un peu trop loin...
Je n'sais pas trop et comme c'est là que je suis né...
Et puis, je n'ai jamais pris le train...

Tant que je reste, le village n'est pas vraiment mort
Puisqu'il y a au moins un habitant...
Puis aux beaux jours, y'a des gens qui viennent du nord
Et qui passent de temps en temps... et...

Ça tue le temps...

Pierre Coutreau - février 1992


Ecoute

Tu vis ta vie au ralenti
Entre, un enfant un peu trop grand
Et un mari un peu aigri
Ne compte plus tes cheveux blancs
Ecoute...

Je vais te raconter l'amour
Celui qui fait chaud dans le coeur
Je te chanterai les beaux jours
Mais n'aie pas ce sourire moqueur
Ecoute...

Entre les murs de ta prison
Tu gouvernes comme une reine
Et le soir la télévision
Te rend la vie un peu moins terne
Ecoute…

Je te raconterai aussi
Les soirs d’hivers au coin du feu
Je te réapprendrai la vie
Je t’en prie, sèche un peu tes yeux
Ecoute…

Tu passes ta vie, un peu trop sage,
Entourée de fleurs et d’oiseaux
Et tu rêves de grands voyages
Comme on en voit dans les journaux
Ecoute…

Je te raconterai l’histoire
De celui qui viendra un jour
Je te guiderai dans le noir
Sur le grand chemin de l’amour

J’ai tant de choses à te donner,
Tant de caresses, tant de baisers
Tant de mots pour te rassurer
Je t’en prie, laisse moi t’aimer
Ecoute…


Pierre Coutreau - mai 1983


On ne peut arrêter le temps

Quand revient la fin de l’été
Si je cherche dans mon miroir
Les images du temps passé
C’est que j’ai mal à la mémoire

Quand revient la fin de l’été
Je cherche en vain tes cheveux blonds
On a fauché les champs de blés
A l’époque de la moisson

Quand revient la fin de l’été
Si quelquefois j’ai l’âme en peine
C’est que j’ai longtemps espéré
Que tu reviennes

Et quand planté devant ma glace
Je regarde mes cheveux blancs
Mais il faut voir les choses en face
On ne peut arrêter le temps

Qu’ils étaient doux les soirs d’automne
Que l’on passait seuls tous les deux
Et ce n’était pas monotone
Au coin du feu

Tu me parlais de l’Amérique
Des grands lacs du Canada
Ou bien des déserts de l’Afrique
Et je te suivais pas à pas

Toi tu me tenais chaud au cœur
Moi je te donnais du courage
Nous arrivions toujours vainqueurs
Dans nos voyages

Et puis la vie de tous les jours
A usé nos rêves d’enfants
Quand j’y pense j’ai le cœur lourd
On ne peut arrêter le temps

Et quand bientôt viendra l’hiver
Tout sera recouvert de blanc
Quand le froid gèlera la terre
J’irai où nous allions avant

Et je lancerai aux oiseaux
Des grains et des miettes de pain
Ils ont peur de moi les oiseaux
Mais toi, ils mangeaient dans ta main

Et puis je ferai un détour
Remonterai la grande allée
Le pas traînant et le cœur lourd
Faire semblant de se promener

Puis j’irai jusqu’au cimetière
Où tu reposes maintenant
Et je pleurerai sur la pierre
...On ne peut arrêter le temps

On ne peut arrêter le temps.

Pierre Coutreau - juin 1985

Dis-moi un mot, fais-moi un geste.

Dis-moi un mot, fais-moi un geste
Tu vois j’ai fait le premier pas
Bien sûr je n’ai pas dis « je t’aime »
Mais pourtant je chante pour toi
Car il y a dans ton sourire
Un monde que je ne connais pas
Et comme c’est trop peu de l’écrire
Je voudrais le vivre avec toi.

J’aimerais t’écrire des poèmes
Sur des mots que j’inventerais
Des mots plus fort que des « je t’aime »
Des mots que toi tu comprendrais
Puis me perdre dans ton regard
Me laisser aller au bonheur
Oublier s’il est tôt ou tard
Perdre toute notion de l’heure.

Dis-moi un mot, fais-moi un geste
C’est peu et beaucoup à la fois
Et si c’est tout ce qu’il nous reste
J’aurais quelques regrets, je crois
Et je garderai dans mes rêves
Le plus beau souvenir de toi
Où tu me dis du bout des lèvres
Tous ces mots que l’on dit tout bas.

Moi j’ai besoin d’aimer pour vivre
J’ai tant besoin de ton amour
Et pas seulement pour survivre
Mais pour exister au grand jour
Moi j’ai besoin de la tendresse
Que tu as jusqu’au bout des doigts
Pour échapper à ma détresse
Et reprendre confiance en moi

Dis-moi un mot, fais-moi un geste
Même si cela ne se fait pas
Dans cette vie qu’est-ce qu’il nous reste
De beau si l’on ne s’aime pas

Dans cette vie qu’est-ce qu’il nous reste
De beau si l’on ne s’aime pas

Pierre Coutreau - juillet 1987


Parce que je t'aime trop.

Je ne sais pas toujours
Trouver les mots qu’il faut
Pour te parler d’amour
Parce que je t’aime trop
Je sais bien que j’agis
Parfois comme un idiot
Sur des coups de folie
Parce que je t’aime trop

Je t’en prie mon amour
Surtout ne m’en veux pas
Si je suis maladroit souvent
Car pour moi chaque jour
Est un nouveau combat
Pour garder ton amour
Je passe le plus clair de mon temps

Je ne sais pas toujours
Faire les gestes qu’il faut
Tous les gestes d’amour
Parce que je t’aime trop
Je sais, je suis jaloux
Quelquefois un peu trop
Parce que tu me rends fou
Et que je t’aime trop

Sitôt que ton regard
Se détourne de moi
Je suis perdu comme un enfant
Je tremble quand tu pars
Si tu es loin de moi
Alors j’ai le cafard
Je ne vis plus et je t’attends

Et pourtant mon amour
Je serais ton Pierrot
Tout au long de mes jours
Parce que je t’aime trop
Je rirai si tu ris
Pleurerai quand tu pleures
Je veux passer ma vie
A te donner mon cœur

Je mettrai un soleil
Au-dessus de nos têtes
J’allumerai le ciel pour toi
Je te protégerai
Même dans ton sommeil
Et tu t’endormirais
Doucement blottie contre moi

Je ne sais pas toujours
Trouver les mots qu’il faut
Pour te parler d’amour
Parce que je t’aime trop

Pierre Coutreau - Mai 1983

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