Gabrielle Roy

Écrivaine

«Le talent que l'on a à profusion ne console pas de celui que l'on préférerait.»

Gabrielle Roy est née à Saint-Boniface (Manitoba) le 22 mars 1909 et est morte (d'une insuffisance cardiaque) à Québec (Québec) le 13 juillet 1983.

VIE

Marie Rose Emma Gabrielle Roy est la plus jeune de onze enfants dont huit seulement franchissent le cap de l'adolescence.  Ses parents sont des immigrants francophones venus  dans l'Ouest canadien plusieurs années auparavant.  Son père, agent colonisateur, accueille les nouveaux immigrants et rapporte un modeste revenu à sa famille.  La promiscuité avec diverses cultures se reflétera plus tard dans les romans de l'écrivaine qui aborde des thèmes régionaux mais touche l'universalité par les émotions qu'elle évoque.  À l'Académie Saint-Joseph, elle complète de brillantes études en anglais et en français en terminant au premier rang de sa classe.  Elle s'inscrit ensuite à l'école normale de Winnipeg où elle obtient un brevet d'enseignement en 1929.  Elle exerce alors le métier d'institutrice dans sa province d'origine et y fait aussi du théâtre amateur.

En 1937, avec ses minces économies, Gabrielle Roy part en Europe où elle étudie l'art dramatique à Londres d'abord, puis à Paris.  C'est là-bas où, pour la première fois, elle tente sérieusement d'écrire.  Elle rédige quelques articles pour une revue française qui les publie.  À son retour au pays en 1939, elle choisit de s'installer à Montréal pour y vivre de sa plume.  Ainsi, pendant les six prochaines années, elle collabore, comme journaliste à la pige, à de nombreux journaux et revues en publiant ses reportages et ses premiers récits.

En 1945, Gabrielle Roy publie son premier roman, Bonheur d'occasion, qui la consacre comme écrivaine de grand talent aussi bien au Québec, au Canada anglais, qu'à l'étranger.  C'est un succès immédiat qui lui vaut en 1947, entre autres, le Prix Fémina de France, une médaille de l'Académie canadienne-française et le Prix du Gouverneur général du Canada pour la traduction anglaise (The Tin Flute).  Son rêve de jeune fille se réalise enfin: elle se voit reconnue en tant qu'écrivaine; elle récolte la gloire et obtient une certaine aisance financière.  Cette même année, Gabrielle Roy épouse le Dr Marcel Carbotte.  Pour s'éloigner de toutes les turbulences provoquées par le succès de son roman, le couple s'exile en France où elle y écrit son roman préféré, La petite poule d'eau, publié en 1950 après leur retour au Canada.  Le couple s'établit alors à Québec et, en 1957, achète un chalet à Petite-Rivière-Saint-François tout près de leur domicile permanent.  C'est à cet endroit qu'elle passe tous ses étés,  jusqu'à sa mort, et qu'elle y rédige une bonne partie de son oeuvre.

Gabrielle Roy reçoit plusieurs autres prix littéraires qui confirment son immense talent dont le Prix du Gouverneur du Canada en 1955 et en 1977 pour respectivement Rue Deschambault et Ces enfants de ma vie et le Prix Duvernay pour l'ensemble de son oeuvre dès 1956.  Ses oeuvres sont traduites en plusieurs langues.  Malgré une carrière aussi remplie, elle se sent coupable de s'être tenue éloignée de Saint-Boniface et de sa famille.  Pour compenser le manque de rapports personnels avec ses frères et soeurs, elle leur écrit souvent et leur envoie des chèques pour les aider. Gabrielle Roy décède à l'âge de 74 ans laissant une oeuvre extrêmement personnelle.  Avec discrétion et ténacité, elle a écrit plusieurs ouvrages, de style romanesque ou autobiographique, qui décrivent avec tendresse les milieux modestes et les événements qui ont marqué sa vie et son époque.

Après une vie simple, dédiée à l'écriture, elle lègue une somme importante à des oeuvres de bienfaisance et au Fonds Gabrielle Roy, qu'elle a elle-même fondé, pour pourvoir à la pérennité de son oeuvre.  En 1984, l'Institut Canadien de Québec rend hommage à l'écrivaine en baptisant sa bibliothèque centrale «Bibliothèque Gabrielle-Roy».

OEUVRES

  • Bonheur d'occasion (1945)

  • La petite poule d'eau (1950)

  • Alexandre Chenevert (1954)

  • Rue Deschambault (1955)

  • La route d'Altamont (1966)

  • Cet été qui chantait (1972)

  • Ces enfants de ma vie (1977)

  • Courte-Queue (1979)

  • La détresse et l'enchantement [autobiographie] (1984)

  • Ma chère petite soeur [correspondances] (1988)

CITATIONS

«Quand on aime la vie, c'est alors qu'elle-même nous aime le plus, comme par un prodige d'entente.»

«Dès qu'on remue un souvenir de sa vie, par là même on entraîne les autres à en faire autant.»

«[...] les gens qui sourient ou se parlent tout seuls nous paraissent toujours avoir des pensées que nous aimerions partager.»

«Pour s'entendre entre mari et femme, entre collègues, entre amis, avec n'importe qui, entre les peuples, aux conférences de paix, il ne devrait y avoir que ce moyen:  le silence.»

«Se haïr...il ne fallait pas être le plus grand savant pour connaître que c'est la pire souffrance de l'homme.»

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