Avant-propos

En guise d'introduction à la campagne électorale qui s'annonce,
permettez mois de vous présenter le texte d'un courriel
que j'ai reçu d'une de mes fidèles lectrices.

Audelà des remarques, par trop élogieuses, qu'il contient à mon endroit, ce texte résume toute la ferveur, la détermination et l'engagement profond qui fait que, même après 30 ans de combat, je me plais à espérer que l'indépendance est pour bientôt.

Vous lire est toujours un plaisir.
Je vous fréquente, je dois l'avouer, au gré de l'actualité. Quand Stéphane Dion fait des siennes, quand Jacques Parizeau sort de son vignoble, ou alors, moins gaiement, quand le Québec perd une de ses filles.

J'ai moi aussi pleuré la mort de Pauline, comme j'ai pleuré celle de Gérald. Il est de ces deuils que l'on vit en même temps collectivement, et personellement. La mort de Pauline nous ramène à l'essentiel. Nous interpelle.

Et moi, je me suis demandé: est-ce que je fais tout ce que je peux pour mon pays?

Est-ce que je pourrais en faire plus, en donner plus ?

Je suis jeune, j'ai beaucoup d'énergie à donner, et en même temps, passablement d'expérience; est-ce que j'utilise mes atouts à bon essient ?

Mais qu'est-ce que je pourrais faire de plus pour être certaine de pouvoir dire, dans quelques années: j'y ai travaillé, j'ai donné à ce pays le meilleur de moi, je ne regrette rien....

Je ne veux pas devoir mon pays uniquement à mes prédecesseurs, à mes parents, à leurs amis. Oui, je leur serai éternellement reconnaissants. Ils ont montrés la voie, ont débrousaillés, ont fait un travail colossal. Mais ma génération doit prendre les outils et bâtir son pays. Elle doit travailler à ce pays qu'elle habitera.

La mort de Pauline m'a fait réaliser encore plus tout cela. Et puis, quelques jours après, il y a cette fièvre électorale qui augmente. Il y aura bientôt le téléphone qui sonnera, et comme à chacune des campagnes depuis celle de 1994, on me réquisitionnera. Et pendant de longues semaines, je ferai tout ce que ce que je pourrai pour aider à gagner cette élection. Et je ne penserai plus à tout cela. Je ne penserai qu'à faire élire mon parti, pour enfin faire un référendum.

Et puis, comme à chacune des campagnes, il y aura des soirées de fatigue, où la nostalgie est reine. Et où je penserai, pour me donner courage, à tous ceux qui ont fait ça, avant moi. J'aurai une pensée pour Gérald Godin, pour Pauline Julien. Et surtout, pour tous les autres, qui n'ont pas de nom, qui depuis trente ans donnent de leur temps, à la mesure de leur moyen, pour faire du financement, du porte-à-porte, du pointage...Tout ceux qui ont bâtit mon parti, lui ont donné des assises solides, lui ont donné la crédibilité qu'il a maintenant.

Et comme toujours, je me dirai que je ne peux pas les décevoir.

Et cette pensée me portera pour le reste de la campagne. Probablement que je devrai cesser de vous lire durant quelques semaines. Campagne oblige. Je ne sais pas quand cela débutera, ni quand cela finira. Mais d'ici là, je vous souhaite une bonne campagne. Je ne sais pas si vous vous impliquerai. Mais que de continuer à écrire votre Castor Déchaîné, cela aidera la Cause.

Au revoir,

Fabienne Elliott

Retour: Elections Québec '98

Cette page est conçue et réalisée par: les éditions fernand prince enr.