Mariette Montpetit Prince

J'espère qu'après ma mort elle n'épousera pas un de Saint-Exupéry

Fille de Olier Montpetit et de Aurore Bergeron, Mariette (ce seul prénom trahit son âge) est la cadette d'une famille de 5 enfants. Plus léger que le mien, son âge, elle le porte encore plus fièrement, puisque les ans lui épargnent leur "irréparable outrage".

Des pierres et des outils elle en a tellement que, depuis nos trente-sept ans de vie commune, elle ne cesse de m'en donner. Des outils acquis, bien sûr, de sa famille, des ses études, des influences qu'elle a subies dans sa jeunesse; mais d'abord et surtout des outils qu'elle a fabriqués par sa fidèlité dans ses engagements, sa détermination dans la poursuite de ses objectifs, sa générosité, sa loyauté et sa ténacité.

Des pierres, elle en a semés çà et là tout au long de sa carrière et, jeune retraitée, elle continue, au-delà du village et de la ville, à bâtir le pays.

Je l'ai connue à la Fonction publique fédérale(c'est vraiement le seul aspect positif que je trouve au fédéralisme). Elle y est entrée au moment où on devait faire la bataille pour obtenir des chèques de paie bilingues et à l'époque où les femmes étaient cantonnées dans des fonctions de secrétariat et de mécanographie, les jobs les plus exigeants et les moins bien rémunérés. Elle avait donc la voie toute tracée pour occuper ses ardeurs de militante.

Menant parallèlement un combat pour défendre les droits des membres, dans un syndicalisme naissant, et pour décloisonner les postes accessibles aux femmes, dans une fonction publique digne de "Jurassic Park", elle a, durant 39 ans, ébranlé la quiètude béate des gestionnaires habitués à compter sur la servilité des employé(e)s à qui ils accordaient des privilèges, pour les forcer à reconnaître les droits que le syndicat avaient négociés pour l'ensemble des travailleurs(euses)

En même temps elle devenait une des premières femmes au Canada à accéder au titre de CR, atteingnant même un PM-3 qui faisait l'envie de bien des hommes. Combattant l'injustice sous toutes ses formes elle s'en prenait même, à l'occasion, à la structure syndicale de l'Alliance qu'elle jugeait, à une certaine époque, trop inféodée au Conseil du Trésor. Elle a fondé et a occupé le poste de rédactrice en chef du journal Déclaration, organe officiel du local de Montréal de l'Union Douanes Accise. Certains de ses textes sont restés mémorables.

Une militante de sa trempe, dotée d'une énergie peu commune, ne pouvait restreindre son implication qu'à ces seules préoccupations. Elle s'est, tout naturellement, en conformité avec son action syndicale, impliquée dans la lutte du Québec pour son indépendance politique, économique et culturelle. Sympatisante du RIN, membre du Mouvement Souveraineté-Association et du Parti Québécois depuis les premières heures, elle est une travailleuse d'élections et de référendum hors pair et ce, à tous les niveau où la cause la réclame.

Elle a de plus milité et milite toujours, à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal où elle fut membre du Conseil général durant 7 ans, devenant la première femme à occuper le poste de Secrétaire-générale et à briguer les suffrages à la présidence de cette séculaire société nationale.

Mariette est également à l'origine, avec d'autres militants chevronnés tel Louis Denoncours, Onil Perrier et Jean-Pierre Charbonneau, actuel président de l'Assemblée Nationale, de la création de la Corporation "Les Patriotes du Pays" qui gère la "Maison nationale des Patriotes, un centre d'interprétation sur l'Histoire des Patriotes. Situé à Saint-Denis-sur-Richelieu, ce centre fait la promotion de cette importante page de notre Histoire nationale depuis plus de 12 ans. Mariette préside le conseil d'administration de cette corporation depuis bientôt 10 ans.

Ca, c'est ce que la société québécoise lui doit, et je la remercie pour livrer à sa facon, dans son milieu et avec ses armes un combat similaire au mien. Mais moi ce que je lui doit est d'un tout autre ordre. Je dois à son amour, à sa tolérance et à sa ténacité, de pouvoir, à l'automne de ma vie, couler des jours tranquilles marqué au coin par la sagesse et la sérénité.

POUR ÇA, JE LUI DOIS UN GROS

MERCI

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