Ah! Ah! petits coquins et petites coquines
Vous chercherez en vain la cuisse libertine
Les seins ronds, ventre plat, mont de Vénus pelé,
Car le Valentin que voilà, porte sur. . .

Le Baiser

Eh! Oui.
Qui n'a pas terminé un mot d'amour,
une lettre, une carte de voeux
en griffonnant ces trois petits X X X
en guise de baisers.

Pour consoller les voyeurs,
les pervers et les pornographes,
voici quelques poèmes sur
le baisers.

Embrasse-les tous
GEORGES BRASSENS 1960

Tu n'est pas ce cell's qui meurent où ell's s'attachent
Tu frottes ta joue à toutes les moustaches
Faut s' lever de bon matin pour voir un igénu
Qui n' t'ait pas connue
Entrée libre à n'importe qui dans ta ronde
Coeur d'artichaut tu donnes un' feuille à tout l' monde
Jamais de mémoire d'homm' moulin n'avait été
Autant fréquenté

De Pierre à Paul en passant par Jules et Félicien
Embrasse-les tous
Embrasse-les tous
Dieu reconnaîtra le sien

Passe-les tous par tes armes
Passe-les tous par tes charmes
Jusqu'à c' que l'un d'eux les bras en croix
Tourne de l'oeil dans tes bras
Des grands aux p'tits en allant jusqu'au Lillipuciens
Embrasse-les tous
Dieu reconnaîtra le sien.

Jusqu'à c' que l'amour s'ensuive
Qu'à son coeur une plaie vive
Le plus touché d'entre nous
Demande grâce à genoux.
.

En attendant le baiser qui fera mouche
Le baiser qu'on garde pour la bonne bouche
En attendant de trouver parmi tous ces gallants
Le vrai merle blanc.
En attendant que l'ptit bonheure ne t'apporte
Celui derrière qui tu condamneras ta porte,
En marquant dessus: Fermé jusqu'à la fin des jours
Pour cause d'amour.

De Pierre à Paul en passant par Jules et Félicien
Embrasse-les tous
Embrasse-les tous
Dieu reconnaîtra le sien

Passe-les tous par tes armes
Passe-les tous par tes charmes
Jusqu'à c' que l'un d'eux les bras en croix
Tourne de l'oeil dans tes bras
Des grands aux p'tits en allant jusqu'au Lillipuciens
Embrasse-les tous
Dieu reconnaîtra le sien.

Alors toutes tes fredaines
Guilledoux et prétentaine
Tes écarts tes grands écrats
Te seront pardonnés car

Les filles quand ca dit je t'aime
C'est comme un second baptème
Ca leur donne un air tout neuf
Comme au sortir de son oeuf.


Garde à jamais dans ta mémoire
VICTOR HUGO 5 juillet 1844

Garde à jamais dans ta mémoire,
Garde toujours
Le beau roman, la belle histoire
De nos amours!

Moi, je vois tout dans ma pensée,
Tout à la fois!
La trace par ton pied laissée
Au fond des bois,

Les champs, les pelouses qui cachent
Nos verts sentiers
Et ta robe blanche où s'attachent
Les églantiers,

Comme si ces fleurs amoureuses
Disaient tout bas:
-Te voilà! nous sommes heureuses
Ne t'en va pas!

Je vois la profonde ramée
Du bois charmant
Où nous rêvions, toi bien aimée,
Moi bien aimant;

Où du refus tendre et farouche
J'étais vainqueur,
Où ma bouche cherchait ta bouche
Ton coeur mon coeur!

Viens! la saison n'est pas finie
L'été renaît,
Cherchons la grotte rajeunie
Qui nous connaît.

Là, le soir, à l'heure où tout penche,
Où Dieu bénit,
Où la feuille baise la branche,
L'aile le nid

Tous ces objets saints qui nous virent
Dans nos beaux jours
Et qui, tout palpitants, soupirent
De nos amours,

Tous les chers hotes du bois sombre
Pensifs et doux,
Avant de s'endormir dans l'ombre,
Parlent de nous.

Là, le rouge-gorge et la grive
Dans leur chansons,
Le liserons et, dans l'eau vive,
Les verts cressons,

La mouche aux ailes d'or qui passe,
L'onde et le vent,
Chuchotent sans cesse à voix basse
Ton nom charmant.

Jour et nuit, au soir, à l'aurore,
à tous moments,
Entre eux ils redisent encore
Nos doux serments.

Viens, dans l'antre où nous les jurâmes,
Nous reposer!
Viens! nous échangerons nos âmes
Dans un baiser!


Lettre de Georges Sand à
Alfred de Musset

À ÊTRE LUE AVEC LES YEUX DU COEUR

"Je suis très émue de vous dire que j'ai bien compris l'autre soir que vous aviez toujours une envie folle de me faire danser. Je garde le souvenir de votre baiser et je voudrais bien que ce soit là une preuve que je puisse être aimée par vous. Je suis prête a montrer mon affection toute désintéressée et sans calcul, et si vous voulez me voir aussi vous dévoiler sans artifice mon âme toute nue, venez me faire une visite. Nous causerons en amis, franchement. Je vous prouverai que je suis la femme sincère, capable de vous offrir l'affection la plus profonde comme la plus étroite en amitié, en un mot la meilleure preuve que vous puissiez rêver, puisque votre âme est libre. Pensez que la solitude ou j'habite est bien longue, bien dure et souvent difficile. Ainsi, en y songeant j'ai l'âme grosse. Accourez donc vite et venez me la faire oublier par l'amour ou je veux me mettre."


Le Baiser
extrait de Cyrano de Bergerac d'EDMOND ROSTAND

"ROXANE
Nous parlions de... de... d'un...

CYRANO
Baiser. Le mot est doux.
Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose;
S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose?
Ne vous en faite pas un épouvantement:
N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,
Quitté le badinage et glissé sans alarmes
Du sourire au soupir, et du soupir aux larmes!
Glissez encore un peu d'insensible façon:
Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson!

ROXANE
Taisez-vous!

CYRANO
Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le coeur,
Et d'un peu se goûter, aux bords des lèvres, l'âme!

ROXANE
Taisez-vous!

CYRANO
Un baiser, c'est si noble, madame,
Que la reine de France, au plus heureux des lords,
En a laissé prendre un, la reine même!

ROXANE
Alors!

CYRANO
J'eus comme Buckingham des souffrances muettes,
J'adore comme lui la reine que vous êtes...


Le Baiser de Judas
Mathieu 26

Et pendant qu'Il parlait encore, Judas, un des douze, s'approcha de lui. Il était accompagné d'une foule armée d'épées et de bâtons.
Celui qui devait livrer Jésus avait convenu d'un signal: "Celui que j'embrasserai, c'est lui, saisissé-le."
Alors Judas alla directement à Jésus et lui dit: "salut Rabbi" et il l'embrassa.
Et Jésus lui dit: "Ami, pourquoi es-tu venu?"


Louise Labé
(1526 - 1566)

Baise m'encore, rebaise moi et baise:
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux:
Je t'en rendrai 4 plus chauds que braise.

Las, te plains-tu? çà que ce mal j'apaise,
En t'en donnant 10 autres doucereux.
Ainsi mèlant nos baisers tant heureux
Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra
Chacun en soi et son ami vivra
Permets m'Amour penser quelque folie:

Toujours suis mal, vivant discrètement
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moi ne fais quelque saillie.


Invitation au voyage
auteur: Fernand Prince

Il l'embrassait comme s'il avait voulu l'aspirer,
La faire pénétrer jusqu'au tréfonds de son être.

Il la caressait comme s'il avait voulu la sculpter
Dans la glaise chaude de sa chair qui frémissait sous ses doigts.

Ils étaient tous deux dans un autobus
Les transportant vers un oiseau de fer
Qui les emmèneraient dans le ciel.

Ils auraient sûrement préféré rester sur terre
Jusqu'au dernier matin du monde,
Eux qui étaient déjà au 7ième ciel

Inédit (10 septembre 1980)


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