Le carême

          La grande majorité des ados et des enfants d'aujourd'hui, ignorent ce qu'est le carême. C'est une période de 46 jours qui se situe entre le Mardi gras et le jour de Pâques et symbolise les temps que le Christ a passé dans le désert à jeûner et à prier. Quand j'étais jeune, par solidarité avec le Christ et pour nous préparer spirituellement à la fête de Pâques, il était de tradition de faire des sacrifices sous forme de privation de quelques jouissance de la vie. Pour les uns c'était d'arrêter de boire ou de fumer, pour nous, enfants, c'était de nous abstenir de friandises, bonbons et chocolats, tous les jours, sauf les dimanches et le jour de ma mi-carême.

          Le carême débute le Mercredi des cendres, ainsi appelé parce qu'il fallait se rendre à l'église et se faire placer une pincée de cendres sur la tête pour nous rappeler que: "nous ne sommes que poussière et que nous retournerons en poussière. D'aucuns diront que ça commence mal. Chez-nous, nos parents, catholiques pratiquants, nous amenaient à la retraite du carême, une série de sermons livrés par des spécialistes du prêche et qui portaient sur le péché, la mort et l'enfer. On avait tellement peur qu'on était des nuits sans dormir.

          De plus, cette alternance entre 6 jours de privation et un dimanche d'empiffrage de sucreries avait un effet désastreux sur notre estomac. Plus le temps avançait, plus on devenait blême, triste et morose, bref, on avait de vrai face de carême sans pour autant que ce soit assez grave pour nous faire manquer l'école. Ajoutez à cela qu'en plus des privations individuelles, il existait une privation familiale. Toute la famille devait jeûner durant toute cette période. On devait rester sur sa faim aux repas et surtout ne rien manger entre ceux-ci. Ce jeûne atteignait son point culminant le Vendredi saint alors que nous n'avions que des brioches du carême (Hot Cross Buns) à nous mettre sous la dent. Moins y avait de raisins dedans, plus c'était méritoire.

          Chez-nous, la pression était forte pour que nous assistions à la messe tout les matins. Cela signifiait que nous devions nous lever une grosse demi-heure plus tôt. Certes, il arrivait que nous passions cette demi-heure à jouer dans la neige avant de nous rendre à l'école mais comme notre père était maitre-chantre, i.e. qu'il chantait les messes tous les matins, nous devions nous faire voir dans l'église le plus souvent possible sans quoi on avait des explications à fournir.

          Somme toute, même si on rechignait lorsq'on voyait le carême arrivé, on était assez fier, le Samedi-saint à midi, lorsqu'on avait tenu nos résolutions. C'était pas tant les mérites spirituels qui nous importaient comme d'avoir relever un défi. Encore aujourd'hui, il m'arrive de prendre des résolutions durant cette période juste pour voir si je suis encore capable de m'y astreindre. Le carême, ça peut également servir à cela!

Francité

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