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16 Juin 2003


Merci Pierre...

                    Si un québécois, qui s'est illustré dans la seconde moitié de XXe siècle, mérite d'être associé à l'illustration du Patriote ci-contre, c'est bien Pierre Bourgault. Cet intellectuel, d'une érudition peu commune, avait le don de rassembler ses compatriotes et de les faire vibrer au même diapason. On peut prendre la mesure de son charisme, par le fait que tous les militants et militantes de l'indépendance du Québec, de soixante ans et plus, écrivent, dans leur CV, avoir été membre du RIN alors que cette formation politique des années soixante n'a jamais compté plus qu'une poigné de membres.

                    Je n'ai jamais rencontré Pierre Bourgault mais pourtant, il me semble avoir perdu un ami très cher. C'est que j'ai lu une foule de ses textes, parus dans Le Devoir, dans le Journal de Montréal ou regroupés en volume; je l'ai entendu, régulièrement, à la radio dans divers programmes et j'ai toujours admiré la liberté de cet homme, sa constance, son engagement et même la certaine arrogance dont il faisait preuve à quelques occasions. Pierre Bourgault était de cette race d'hommes et de femmes qui n'ont pas peur d'exprimer leurs opinions même si cela peut entraîner des représailles. Combien de fois a-t-il été congédié de Radio-Canada d'abord, pour avoir exprimé des vérités qui ne faisaient pas l'affaire du pouvoir politique ou religieux et par son ami(?) Jacques Parizeau qui, malheureusement, a attendu que Pierre soit mort pour avouer qu'il avait fait là, l'erreur de sa vie. Sa liberté était plus importante et ne souffrait aucune compromission même si cela devait signifier vivre dans une profonde misère.

                    Sa disparition provoque un vide qui sera difficile à combler. Qui, maintenant, va dire aux anglais du Québec qu'ils sont des braillards, racistes et entêtés au point de ne pas vouloir s'intégrer à la majorité francophone? Qui va mettre l'Église en face de ses contradictions lorsque ses représentants déploreront le sort fait aux femmes tout en continuant de leur refuser l'accession au sacerdoce? Qui va dénoncer l'hypocrisie de nos gouvernements qui dépensent des sommes considérables pour demander aux gens de ne pas fumer et qui empochent des milliards en taxe sur la vente de ces produits soit disant dangereux? Qui va dire au Parti Québécois que l'important c'est l'indépendance et que tout ce qui l'entour, que se soit l'association ou autre forme de partenariat avec la reste du Canada, n'est que la conséquence de la décision que prendra les citoyens du Québec?

                    Le successeur est peut-être parmi la génération des 20/35 ans qui ont redécouvert la chanson "Entre deux joints tu pourrais te grouiller l'cul", peut-être, aussi, parmi les artistes qu'ils a reçus à sa table quelques semaines avant sa mort, peut-être parmi ses anciens élèves, parmi ces milliers de jeunes avec qui il aimait discuter. Comme il le disait lui-même il faut continuer à rêver. Comme, selon lui: "l'indépendance: c'est voler de ses propres ailes" je rêve que le Québec devienne une grande volière où jeunes et moins jeunes prendront leur envol vers la LIBERTÉ.

Cette page est conçue et réalisée par: les éditions fernand prince enr.