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30 janvier 1999


Sacrifié sur l'autel de la performance.

Je dois dire, dès l'abord, que je n'ai jamais été un grand admirateur de Gaétan Girouard. N'étant pas un lecteur assidu des journaux et revues à potins, l'homme me laissait plus tôt indifférent. Je suis pas, non plus, un fervent téléspectateur de l'émission J.E. et le personnage me tombait même un peu sur les nerfs.

Au contraire de l'émission "La Facture", de la Société Radio-Canada, où on prend fait et cause pour les consommateurs lésés et pour qui on obtient réparation, les animateurs et animatrices de J.E. se contentent de débusquer les fraudeurs, de la pourchasser par tout sur la planète et de nous montrer les réactions agressives des ceux-ci. Les pauvres poires qui se sont faits avoir, restent sur leur appétit.

Ceci étant dit, je ne veux rien enlever au concert d'éloges qui a suivi l'annonce du décès de Gaétant Girouard. Je veux bien lui reconnaître toutes les qualités dont on l'a affublés. Toutefois, lorsqu'on dit qu'il était un homme de famille, je me demande quelle place cela occupait dans la vie d'un homme qui préparait une émission en direct par jour, une autre d'une heure pré-enregistrée par semaine, couvrait, encore tout récemment, la campagne électorale du Québec et était sur les lieux de toutes les catastrophes quelque soit l'heure du jour ou de la nuit.

On a dit, également, de lui, qu'il était généreux. C'est vrai qu'il a eu la condescendance de partager son Métro Star avec madame Cazin, sa coéquipière de J.E.; mais il avait la fâcheuse habitude d'occuper toute la place. La véritable générosité aurait été de permettre à quelqu'un d'autre de faire ses classes durant que lui couvrait la campagne électorale. Mais il s'est imposé ce surplus de travail de peur que ses patrons le trouvent incapable.

Son personnage était plus grand que nature et il l'a écrasé. Il avait construit ce Gaétan parfait, toujours prêt à aider les autres, toujours près en en faire plus que les autres, toujours prêt à "performer". Ce genre de personnage, et j'en sais quelque chose, provoque un tourbillon qui, pendant un temps, propulse l'individu vers les sommets mais qui est aussi capable, si on ne prend pas conscience assez vite de son côté pervers, de l'entraîner dans les bas fonds.Puisse la disparition tragique de cet animateur, servir de leçon à tous les autres qui seraient tenter de se dépasser sans cesse.
A force de se dépasser, on fini par se perdre de vue.


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