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13 mars 1999


Salut Camille !

C'est une familiarité que je ne me serais jamais permis, que d'appeler le Dr Laurin par son prénom ou de le tutoyer. Mais la mort, cette grande réductrice, nous rend un peu plus intime avec les grands de ce monde, a fortiori, lorsque que les années qui nous en séparent sont moins nombreuses que celles que nous avons déjà écoulées.

Dire que le docteur Camille Laurin était un grand homme est un euphémisme. Il avait la prestance d'un homme libre, cultivé, amoureux de la langue française et de la culture québécoise. Il en imposait par son calme et sa sérénité mais savait être cinglant et batailleur lorsque la situation l'exigeait. Il l'a prouver lors de l'adoption de la Loi 101 où il a du se battre contre le lobby anglophone du Québec et contre René Lévesque lui-même qui trouvait cette loi trop rigide.

Le seul défaut que je lui connaissait, et il est de taille, était dans ses discours qu'il étirait démesurément et qu'il livrait d'une voix monocorde durant des heures. Je me rappel d'une assemblée que nous avions tenue à Cadillac, en Abitibi, alors que j'étais président régional du Parti Québécois, et où Camille Laurin avait parlé durant deux heures trente, sans arrêt et sans éclat. À chaque assemblée qui ont suivi, les militants et militantes s'informaient du nom du conférencier avant de dire qu'ils y assisteraient.

Sous ses allures austères, Camille Laurin cachait un sens de l'humour peu commun et une propension très grande au plaisir. Je me rappel un samedi après midi, dans une brasserie de Rouyn-Noranda où nous avions joué durant des heures dans une "machine à boules", en compagnie de Jacques Parizeau. C'était, peur eux, une façon de faire le vide. Joël Lebigot, lors d'une de ses émissions matinales à Radio-Canada, avait réuni le Dr Laurin, Alcide Ouellette, le météorologue et monsieur Boutet, agronome, pour une des nombreuses parties de cartes que le trio étiraient jusqu'aux petites heures du matin. C'était un bon vivant, heureux de vivre.

Il passera à l'histoire comme étant celui qui a eu l'audace de redonner au peuple québécois la fierté de sa langue française et d'en faire un outil d'intégration pour le néo-québécois. Si nous avons connu une accalmie dans le débat linguistique au Québec, c'est grâce à ce qui reste de la Loi 101. Imaginons ce qui aurait pu se produire, si nos gouvernements successifs avaient eu le courage de l'appliquer intégralement.


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