pour en finir avec...

Octobre 70

               Ça fait déjà 30 ans qu'on nous rabâche les oreilles et les yeux avec des articles et des films portant sur cette tranche de l'Histoire du Québec qu'est : La Crise d'octobre 1970. Bien que je ne puisse rien faire pour empêcher quiconque de continuer à fantasmer sur le sujet, je peux, pour ma part, mettre un point final à cet épisode.

               Précisons, dès l'abord, que rien dans ce texte ne devra être interprété comme voulant jeter un discrédit sur les motifs qui animaient les membres du FLQ. Questionner la pertinence du recours à la violence pour soutenir des revendications, n'enlève rien à la justesse desdites revendications. C'était, et cela demeure, utopique, que de penser changer l'ordre des choses, en supprimant quelques pantins politiques.

               Reportons-nous trente ans en arrière et faisons fi du romantisme qui entoure le déroulement de la Crise. Nous savions, dès cet époque, que les cellules felquistes étaient toutes infiltrées par la police fédérale. Un peu surprise de la soudaineté des enlèvements de Cross et de Laporte la GRC savait, néanmoins, où trouver les membres du FLQ de même que l'endroit où ils détenaient leurs otages. Ceci va être confirmé très bientôt, par les confessions d'un ex-agent de la GRC qui affirme: "qu'on a laissé sciemment pourrir la situation car on voulait avoir le temps de "ficher" tout le Québec".

               J'ai su, quelques six mois après les événements, et ce, de la bouche même de Jacques Rose, un des membres de la cellule Chénier responsable de l'enlèvement et de la séquestration de Pierre Laporte, que ce dernier s'était gravement blessé, suite à une tentative d'évasion, mais qu'il n'était pas mort lorsqu'ils l'ont déposé dans le coffre arrière de la voiture et qu'ils ont stationné celle-ci à l'aéroport de Saint-Hubert. La police, qui avait intercepté un premier communiqué de la cellule le matin, savait qu'il y avait de forte chance de retrouver Laporte vivant, si elle intervenait prestement. Ils n'ont rien fait. Ce n'est qu'à la suite de la publication, par la station de radio CKAC, d'un second communiqué signé cette fois par "la cellule d'extermination Dieppe", qui n'était autre que la cellule Chénier, que la découverte du corps de Laporte a été publicisée. On a alors empêché les photographes de s'approcher de trop près car on se serait aperçu facilement que Laporte était mort au bout de son sang.

               On c'est longtemps questionné sur ce changement de nom de la cellule Chénier. À mon humble avis, cela démontre que les membres de cette cellule venaient de se rendre compte qu'ils avaient été les jouets de plus puissant qu'eux et, qu'en laissant mourir leur otage, on légitimait le recours à la Loi de mesures de guerre et à l'occupation du territoire québécois par l'armée. Parlons-en de l'armée sensée venir protéger la population. Où étaient les soldats? Dans l'ouest de la ville de Montréal, chez les anglais, autour des monuments élevés à la mémoire des conquérants britanniques et près des demeures des décideurs économiques et de leurs marionnettes que sont les députés fédéraux et provinciaux. Du côté francophone, monsieur et madame tout l'monde devaient faire des recherches pour trouver le moindre soldat. Qu'était-on venu protéger?

               En fait, l'armée venait maintenir l'ordre pendant que les policiers municipaux, provinciaux et fédéraux, ratissaient le Québec. 36 000 perquisitions sans mandat, (on est même venu chez moi pour voir si je ne maintenais pas Richard Cross en captivité) plus de 500 arrestations et détentions arbitraires, un véritable "free for all". Pendant ce temps, Pierre Elliott Trudeau faisait pleurer les québécoises et québécois en laissant entendre que c'était à son corps défendant qu'il avait proclamé la Loi des mesures de guerre. Nous savons maintenant que cela faisait partie de son plan pour montrer au Canada Anglais qu'il était capable de mâter les séparatissss. Ils on du déchanter lorsque que Parti Québécois a pris le pouvoir au Québec 6 ans plus tard.

               Quoiqu'il en soi, cette période exaltante pour les uns et terrifiante pour les autres n'aura pas donné les résultats escomptés. Pour vous en convaincre, vous n'avez qu'à relire le Manifeste du FLQ. Vous verrez que les revendications sociales des felquistes sont encore d'actualité. Tout ce qu'il y a de changé, ce sont les noms des exploiteurs qui sont maintenant de consonance française.

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