Justifications de mauvaises créances

Les lettres suivantes ont été envoyées par deux clients de la compagnie d'interurbains pour laquelle je travaille. Ils tentaient tous les deux d'expliquer le retard dans leurs paiements...

Le premier est carrément pathétique: il nous explique en long et en large tous les malheurs qui lui sont tombés dessus depuis les quatre dernières années, et jette le blâme sur tout ceci pour expliquer pourquoi il ne paie pas son compte d'interurbains. Il est important ici de spécifier que je ne travaille pas pour Bell Canada. Les plus astucieux d'entre vous pourront comprendre pourquoi ce qu'il dit ne tient pas debout vers la fin de la lettre. Assez long, mais vaut vraiment la peine d'être lu jusqu'au bout. Notez bien que je reproduis la lettre avec son orthographe originale.

Laval, le 26 septembre 1995

À qui de droit,

La présente est pour vous communiquer mon engagement à régler le solde que je doit à votre entreprise, et ce dans les plus brefs délais. La situation financière dans laquelle je me trouve est sérieuse sans être dramatique.

Tous mes problèmes ont commencer à s'accumuler au printemps 1991 lorsqu'après plus de huit ans de relation et 4 années de concubinage, ma conjointe (et celle avec qui je voulais partager le reste de ma vie) s'est suicidée. Je travaillais alors pour la compagnie X etj'ai dû arrêter de travailler pour cause évidente d'instabilité émotionnelle et psychologique et ce pendant plus de dix mois. Avec les paiements d'assurance invalidité j'ai perdus plus de $6 000 au cour de cette période en plus de devoir refusé une promotion dans les jours qui ont suivi le décès. De plus j'ai dû affronter des frais de psychothérapie de $3 500, sans compter la perte de revenue que ma conjointe apportais au couple, soit $18 000 par année. La famille de la défunte ne pas voulant respecter les derniers voeux de ma conjointe, qui voulais que l'argent quelle avait soit réparti également entre sa famille et moi, ont préféré respecter la loi à la lettre et ne point m'inclure dans le partage des biens (ou si peu)ceux-ci allant aux ayant droits. Je n'ai donc rien pu toucher de la police d'assurance de $80 000 qu'elle possédait, étant donné que nous n'étions pas mariés.

À peine 18 mois après être retourné au travail (et n'ayant toujours pas rattrapé les retards accumulés dans les différents comptes de mes créanciers), en novembre 1993, la compagnie X (à cause de la perte d'un contrat majeur avec la banque Y) a dû mettre à pied 34 employés à temps plein, dont moi même. Connaissant à l'avance la date de la perte de contrat et prévoyant une période plus dure j'avais décidé de vendre ma voiture en juillet 93 et depuis ce temps je circule par les transport en commun. Un ans plus tard (automne 94) n'ayant pas réussi à me replacer nulle part, mes prestations d'assurance chômage tirèrent à leurs fins. Ne pouvant me résoudre à faire une demande de prestation d'aide sociale, qui pour moi aurais signifié atteindre le bas fond, j'ai décidé de créer mon propre emplois en janvier 1995. J'ai depuis investit plusieurs milliers de dollars surtout en utilisant le crédit qui m'étais alloué par différente entreprise dont la vôtre. Je doit aussi de l'argent à plusieurs membre de ma famille et à plusieurs amis. Je suis même en retard de plusieurs mois sur mon loyer (j'ai un très bon et très compréhensif propriétaire).

La note positive dans tout cela c'est que l'avenir est très beau au niveau de mes finances. Je fais occasionnellement des contrats en électronique qui me permette de survivre, mais mon entreprise principale de marketing d'aliment naturel vas de mieux en mieux au point où, d'ici quelques mois, je pourrai facilement rembourser tout mes créanciers. Cette lettre est principalement pour vous demander encore un peut de patience. Croyez-moi, je suis très conscient que vous avez été jusqu'ici déjà très patient, mais je ne vous demande que quelques mois encore, au plus tard fin décembre 1995, j'aurai réglé toute mes dettes. Je suis à un point critique où si l'on me force à rembourser de grosse somme immédiatement je ne pourrai pas franchir cette période qui me permettra d'avoir, après avoir rembourser tout le monde, une certaine abondance financière. Si cela devait arriver, je devrai déclarer une faillite personnelle, ce qui serait un déshonneur personnel auquel je ne veux pas recourir.

Depuis plusieurs mois j'ai travaillé pour un salaire de crève-la-faim pour de petit contrat à l'extérieur du pays où j'ai plusieurs contacts. C'est là, la raison majeure de la difficulté que vous avez peut-être eu à me rejoindre. Plusieurs de ces contrats en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et en Indonésie étais éloignés de centre urbain et neuf fois sur dix ils étaient isolés des communication téléphonique. Ne voulant pas empirer ma situation avec Bell Canada, je limitais aux plus strictes et aux plus urgents mes appel au Canada. Je suis de retour au Canada depuis peut et je vais être disponible pour retourner vos appels au besoin.

J'ai déjà eu par le passé certaine périodes où j'ai eu de gros problème d'argent. Je me fais un point d'honneur de dire que tous mes créanciers ont été payé, sans exception.

Comme eux, vous aurez tous votre argent et tous les intérêts encourus, je vous le promet. Je vous ferai parvenir d'ici la mi-novembre des chèques pour couvrir toute somme qui est dû à votre entreprise.

Les événements tels que le décès de ma conjointe ou autre sont vérifiable si vous douteriez de ma sincérité. Ma source de revenue de distribution de produit naturel vient des États Unis et je vous ferez parvenir un dossiers sur la progression de mes revenus sur demande. Avec un retard comme celui que j'ai avec votre compagnie, vous croyez peut-être que je ne veux pas régler mes dette, ce qui est faux. J'en meure d'envie.

J'ai signé à Laval, le 26 septembre 1995.

Résultat: Le gars devait 651.70$, somme qu'il avait accumulé en quelques mois. Nous n'avons reçu aucun paiement de sa part et avons donc envoyé son compte à une agence de recouvrement, qui n'a pas pu obtenir de règlement non plus...


La deuxième lettre est moins longue et moins pathétique. Certains croieront peut-être que c'est cruel d'en rire, mais comprenez que je ne ris pas de la situation de la cliente, mais plutôt du ton anodin sur lequel elle nous annonce les pires nouvelles sur sa vie privée, qui ne nous regarde pas de toute façon...

Madame, Monsieur,

Il y a près de 3 semaines, j'ai eu la désagréable surprise d'apprendre que j'avais un cancer de la gorge. Vous comprendrez certainement que cette nouvelle m'a causé un choc, et je dois avouer que, jusqu'à ce lundi, j'étais un peu dans les vappes.

Cet état de fait a eu plusieurs conséquences, dont le fait que j'ai négligé un contrôle serré sur mes finances. Ce qui a fait que quelques chèques ont été retourné "sans provision". Je demande, dans ces circonstances exceptionnelles, votre indulgence, et vous assure que, maintenant que j'ai encaissé le coup, cela ne se reproduira plus.

Ayant rencontré l'oncologue ce lundi, je devrai subir une intervention mineure le 29 de ce mois, et les chances de succès sont des plus encourageantes.

Je vous remercie sincèrement de votre compréhension et vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes plus cordailes salutations.

Résultat: au moins, la cliente a payé son solde au complet tel que promis...