Les croisades
Depuis le 4ième siècle, des pèlerins se rendaient à Jérusalem afin de rejoindre le Saint-Sépulcre. L'endroit était aux mains des Arabes, mais ceux-ci se montraient tolérants et laissaient venir les fidèles. Cependant, à la fin du 11ème siècle, les Turcs prirent Jérusalem. Comme ces derniers étaient moins tolérants que les Arabes, l'Église craignait pour les pèlerins.
En novembre 1095, le pape Urbain 2 lança un appel (surtout à l'endroit des chevaliers et seigneurs) pour que soit libéré le tombeau du Christ :
Qu'ils aillent donc au combat contre les infidèles (...) ceux qui jusqu'ici s'adonnaient à des guerres privées et abusives, au grand dam des fidèles! Qu'ils soient désormais des chevaliers du Christ, ceux-là qui n'étaient que des brigands! Qu'ils luttent maintenant à bon droit, contre les barbares, ceux-là qui se battaient contre leurs frères et leurs parents! Ce sont les récompenses éternelles qu'ils vont gagner, ceux qui se faisaient mercenaires pour quelques misérables sous.
C'est donc encouragés par les dirigeants de l'Église que les seigneurs et chevaliers décidèrent de se faire croisés. Les serfs et paysans aussi participèrent :
" Entraînés par les prédicateurs qui vont pieds nus et vêtus d'une simple tunique de laine, ces groupes de manants avancent, plus ou moins en haillon, au moins après quelque semaines de marche, et armés seulement de haches, de pelles et d'épieux. D'ordinaire, ces cohues sont encadrées de quelques clercs et chevaliers, et la plus extraordinaire de ces tentatives de marche vers la Terre Sainte est la Croisade des enfants de 121 2. "
Parmi les croisades qui se déroulèrent à cette époque, la plus célèbre fut sans doute celle de Godefroy de Bouillon, en 1099, qui remporta la victoire en reprenant Jérusalem.
" à peine les nôtres eurent-ils occupé les murs et les tours de la ville, alors ils purent voir des choses terribles : certains, et c'était une chance pour eux, étaient décapités, d'autres tombaient des murs criblés de flèches ; beaucoup d'autres enfin brûlaient dans les flammes. À travers les rues et les places, on voyait des têtes amoncelées, des mains et des pieds coupés ; hommes et chevaux couraient parmi les cadavres. Mais cela n'était rien encore : parlons du temple de Salomon, où les Sarrazins avaient l'habitude de célébrer leurs cérémonies religieuses. Que s'y était-il passé ?Si nous disions la vérité, nous ne serions pas crus : disons seulement que dans le temple et dans le portique de Salomon, on avançait avec du sang jusqu'à la hauteur des genoux et des mors des chevaux. Et c'était par juste jugement divin que ce lieu qui avait si longtemps supporté les injures contre Dieu, recevait leur sang. Après la prise de la ville, il était si beau de voir la dévotion des pèlerins devant la Sépulture du Seigneur et de quelle façon se manifestait leur joie en chantant à Dieu un chant nouveau. Et leur cur offrait à Dieu vainqueur et triomphant des louanges inexprimables en paroles.
Raimondo d'Aiguilers, 1099
Un croisé sur sept trouva la mort lors de la première croisade, et ce, autant par la peste et la maladie que par les combats. En tout, il y eut huit croisades. Les premières furent remportées par les chrétiens, mais ce ne fut pas le cas pour les six autres où ils perdirent. Cependant, bien que les croisées n'apportèrent rien sur le plan militaire, il n'en fut pas de même pour ce qui est de la culture. En effet, la sainteté de la terre du Christ fut, avec le temps, souvent éclipsée par la fascination de l'Orient. De plus, grâce aux croisades, le commerce entre l'Occident et l'Orient fut grandement facilité et l'on s'échangea à souhait des épices, de la soierie, des tapis... C'est pour cette raison que l'on peut dire que les croisades permirent aux marchands italiens de s'enrichir.
Les croisades, un bilan
| Croisade | Année | Décidée par... | Description |
| Première croisade | 1096-1099 | Le pape Urbain II | À l'issue du Concile de Clermont, le pape Urbain II
voulait à la fois aider Byzance et les chrétientés d'Orient contre les Turcs, inciter
les chevaliers à se rendre à Jérusalem en pèlerinage en amendant leur conduite et
susciter une expédition militaire dont il aurait la direction. Principaux événements:
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| Deuxième croisade | 1145-1148 | Le pape Eugène III | La perte d'Édesse (premier État latin d'Orient fondé
en 1098) est très vivement ressentie en Occident. Si l'Islam l'emporte, il faut admettre
que les chrétiens ont cessé de mérité la protection divine. Le premier décembre 1145,
Eugène III décide donc qu'il y aura à nouveau une croisade. Le but de
cette croisade est de reprendre Édesse, mais aussi d'effectuer une grande pénitence, car
on en attribue la perte à un manque de foi. Principaux événements:
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| Troisième croisade | 1188-1192 | Le pape | Les États latins, en 1187, sont presque entièrement
conquis par les armées de Saladin (Orient). Jérusalem et le Saint-Sépulcre sont
perdus. Le pape incite donc les chrétiens à se repentir et décide une nouvelle
croisade. Principaux événements:
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| Quatrième croisade | 1202-1204 | Le pape Innocent III | Jérusalem n'est toujours pas "délivré", ce
qui incite le pape Innocent III à décider une nouvelle croisade. Principaux événements:
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| Cinquième croisade | 1217-1221 | Le pape Innocent III | Innocent III lance un appel, à nouveau, lors du
concile de Latran (1215) afin de délivrer Jérusalem. La croisade se termine par un
échec pour l'Occident. Principaux événements:
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| Sixième croisade | 1228-1229 | Frédéric II influencé par le Pape | Contraint par le pape à effectuer son vu de
croisade et déjà excommunié pour en avoir différé l'exécution depuis plus de 10 ans,
l'empereur Frédéric II se rend en Terre sainte en 1228. Principaux événements:
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| Septième et huitième croisade | 1248-1254 et 1271 | Saint Louis, roi de France | La prise de Jérusalem en 1244 force la septième
croisade dirigée par Louis IX. Pour lui, les croisades ont une grande importance.
Il ne s'agit pas seulement de conquérir les lieux saints, il faut aussi convertir
les infidèles. Principaux événements:
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