Les pèlerinages  

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Malgré leurs différences et leur isolement, les peuples du Moyen Âge formaient une communauté réelle : la chrétienté. La messe du dimanche et les cérémonies du baptême, du mariage et de l'enterrement encadraient la vie quotidienne. Les fêtes religieuses rythmaient les saisons, les travaux agricoles et les échéances pour le versement des redevances. Elles donnaient lieu à des manifestations de grande ferveur : les pèlerinages, ces longs et pénibles voyages vers des lieux sacrés pour obtenir le rachat de ses fautes et, ainsi, s'assurer le salut éternel. C'était un phénomène qui touchait autant les femmes que les hommes, et ce, de tous les groupes sociaux. Les monastères y jouaient un important rôle, car ils permettaient aux pèlerins de se reposer de temps à autres tout au long de cet énorme voyage qui devait les mener vers des terres saintes. La réputation d'un sanctuaire tenait à la renommée du saint, à la richesse et au nombre des vestiges de sa vie terrestre qui y étaient vénérés. À Saint-Riquier, au 9ème siècle, on conservait un morceau de la robe du Christ, un peu de lait de la Vierge et des poils de la barbe de Saint-Pierre! Saint-Jacques-de-Compostelle, Rome et Jérusalem étaient les lieux de pèlerinage les plus populaires au Moyen Âge. À Saint-Jacques-de-Compostelle, au nord-ouest de l'Espagne, c'étaient les reliques de l'apôtre Saint-Jacques qui attiraient les gens. Une première basilique y avait été construite pour accueillir les fidèles, dans cette région libérée des mains arabes. Détruite par les Arabes un peu avant l'an mille, l'Église fut reconstruite vers 1020 et accueillit à nouveau des milliers de catholiques. Voici un extrait du Guide du pèlerin, écrit vers 1140 et d'auteur inconnu racontant le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelles.

L'église fut commencée en l'an 1078 (...) et de l'année où l'on posa la première pierre des fondations à celle où la dernière fut ajoutée, quarante années s'écoulèrent.

Depuis le jour où elle fut commencée, jusqu'à aujourd'hui, elle ne cessa de resplendir de la lumière des miracles de l'apôtre Jacques. Entre ses murs, en effet, est concédée la santé aux malades, rendue la vue aux aveugles, déliée la langue aux muets, ouvertes les oreilles aux sourds, restituée aux boîteux la démarche agile, obtenue la libération des possédés et, ce qui est bien plus encore, on y écoute les prières des fidèles, accueille leurs voueux, les libère de leurs péchés, ouvre les cieux à ceux qui l'invoquent, offre consolation aux affligés et tous les peuples étrangers, de tous les climats du monde s'y précipitent en foule pour rendre gloire au seigneur (...).

Les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle y allaient généralement avec un coquillage accroché à leurs vêtements. Cette "tradition" de la coquille était liée à une légende. En effet, on racontait qu'un chevalier qui aurait été précipité dans la mer par son cheval aurait été sauvé par saint Jacques et serait ressorti de l'eau recouvert de coquilles!

Les pèlerins qui se rendaient à Rome, eux, y allaient pour voir le Pape. Quant à ceux qui allaient à Jérusalem, c'est le tombeau du Christ qui les attirait.


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