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N.B.: Pour avoir une musique d'ambiance (chant grégorien), cliquez ici.

 

 

MOINE

Les moines

 

 

La présence de l'Église dans le monde rural se fit de plus en plus sentir au Moyen Âge. En effet, si les campagnes étaient auparavant peu évangélisées, elles le furent entièrement au 11ème siècle, et ce, grâce aux moines.

Les moines apparurent au 5ème siècle, alors que des groupes de laïcs cherchant un refuge (rappelons-nous que le cinquième siècle est le temps des invasions) contre la brutalité de l'époque, n'étant pas bâtis pour les métiers d'arme et souhaitant étudier ou se consacrer à la prière entraient dans une communauté religieuse. Peu à peu, les monastères se développèrent. Au 12ème siècle, il existait déjà plus de 2000 monastères. Ces derniers étaient souvent bâtis sur des terres données par des seigneurs. Voici un exemple de charte par laquelle un seigneur laïc donne un lopin de terre aux moines de Cluny:

Je fais cette donation suivant cette disposition particulière: que soit à Cluny, en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul, un monastère régulier; que des moines y vivent en commun suivant la règle de saint Benoît, et qu'ils possèdent ces biens, les tiennent, les gardent, les dirigent à jamais. Qu'ils ne négligent pourtant pas d'animer fidèlement de leurs louanges et de leurs supplications cette vénérable maison de prière; de mettre tout leur désir et toute leur ardeur à la recherche persévérante de l'oraison; d'adresser à Dieu des prières zélées, ferventes, insistantes pour moi et pour tous ceux dont le mémoire est énumérée plus haut. Que ces moines, avec tous les biens décrits ci-dessus, soient soumis au pouvoir et à la seigneurie de l'abbé Bernon: et lui, autant qu'il vivra, qu'il les dirige suivant la règle dans la mesure de sa compétence et de ses possibilités.

Dans ces monastères , les clercs avaient pour tâche primordiale de prier et de copier des livres avec des enluminures. Pour devenir moine, il fallait prêter vœu de pauvreté, d'obéissance et de chasteté. De plus, les moines , en plus de transcrire des manuscrits, organisaient des exploitations agricoles rentables et prêtaient assistance aux gens dans le besoin. Être moine n'était pas de tout repos. Voici une journée type de ce dernier à l'époque médiévale. A 1h30, le moine se levait de sa paillasse, déjà tout habillé (c'est ainsi qu'il dormait), pour aller faire les matines (premières prières du matin). Après cela, il retournait se coucher. À 4h30 ou 9h (tout dépendant de la saison), c'était l'heure des laudes. Après cela, on lisait un chapitre de la règle bénédictine, on en profitait pour se confesser entre nous, on prenait le déjeuner et on se partageait les tâches (copier, travailler à la bergerie, travailler dans les champs, etc. ). Vers 11h, les moines se réunissaient à nouveau. Cette fois, il fallait se laver la tête et les mains, faire la lecture et manger. Notons que les bains étaient interdits. (On les associait aux plaisirs sensuels.) Si un moine finissait de manger avant les autres, il faisait alors une croix avec les miettes de pain qu'il lui restait. Après le repas, les moines retournaient au travail. Ils ne rentraient que vers 18h (les vêpres) pour prier à nouveau et pour manger. Ils ne mangeaient pas de viande, car ce plaisir était associé aux plaisirs de la chair. Seuls les malades et les vieux pouvaient en manger, car on les croyait plus ou moins enclins à ce genre de désir. Le coucher s'effectuait entre 19h30 et 20h. Le moine retournait alors au dortoir sur sa paillasse posée à même le sol (vœu de pauvreté oblige)... Quand l'un des moines était sur le point de mourir, les autres se rassemblaient autour de lui pour participer à la cérémonie de l'extrême onction. Après le décès, on plaçait le corps sur une table de pierre, on le lavait et on le déshabillait. Semblerait-il d'ailleurs que ce n'est qu'à ce moment que les frères de l'abbaye de Schönau en Allemagne, se seraient aperçus qu'ils avaient vécu aux côtés d'une sœur pendant des années. En effet, la femme, qui était auparavant partie en pèlerinage avec son père décédé lors du voyage, avait vu comme une chance le fait que l'abbé la prenne pour un garçon et l'accueille, elle qui se retrouvait alors sans dot!


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