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Le présent et le passé sont peut-être présents dans le futur,
Les souvenirs se racontent. Ils s’écrivent aussi. Pour le plaisir de partir en voyage dans le temps,
avec
ceux qu’on aime et qu’on a aimés. Moi, J’écris votre histoire pour ancrer dans les
mémoires
ces petits bouts d’histoires qui forment la grande Histoire d’une
société. |
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Née
en 1960 dans un petit patelin de la Vallée de la
Matapédia,
la biographe se définit d’abord comme fille de
théâtre.
Depuis 1984, elle joue, écrit, signe des mises en scène
et
anime des ateliers d’expression dramatique.
Un jour, elle découvre les agendas qu’une dame a méthodiquement remplis durant 25 ans et qui échappent de justesse au passage des éboueurs. Ces carnets racontent des choses à la fois simples et extraordinaires. C’est le coup de foudre. La rencontre avec les mots de cette dame a créé un fort désir d’écouter et d’écrire les souvenirs des gens. De ce coup au coeur est née la petite entreprise d’une biographe. Jacinthe Harvey Courriel : biographe@sympatico.ca Article paru dans La Presse du 5 avril 2004
« Ce sont les petites histoires qui font l'Histoire », dit Jacinthe Harvey, biographe. Malgré une quinzaine d'ouvrages, son nom est inconnu dans les librairies et les bibliothèques. Pourquoi un tel anonymat ? Parce que, à l'image de ses sujets, elle travaille dans l'ombre, loin des éditeurs, des salons du livre et des « coups de coeur » des libraires. Sous sa plume, les souvenirs d'inconnus au destin unique dans leur simplicité se gravent dans le temps. Des Zéphirin, des Jean-Marie, des Rita qui ont vécu la guerre, qui se rappellent la création et la disparition des paroisses, qui ont connu les vaches maigres des années 30 et relatent leurs souvenirs. « Il y a des gens qui sont des livres d'histoire ambulants. Ils commencent par dire qu'ils ont eu une vie ordinaire, mais il suffit qu'ils plongent dans leur mémoire pour réaliser qu'ils ont fait l'histoire », dit la biographe, presque étonnée par les trouvailles que lui procure son originale profession. « Une dame m'a raconté la première fois qu'elle avait mangé de la margarine, un produit qui est apparu ici lors de la Première Guerre mondiale. Une autre m'a parlé des souvenirs de la bataille des Patriotes que lui avait transmis sa grand-mère. » Formée en théâtre, Jacinthe Harvey a eu l'idée d'écrire la biographie de gens « ordinaires » alors qu'elle collaborait avec les productions Recto-Verso à Québec. « Unmembre de la troupe avait hérité des cahiers que sa tante avait remplis. À partir de cette matière extraordinaire, nous avons fait un montage théâtral qui est devenu une lecture publique. » Par la suite, elle est venue vivre à Montréal, a délaissé le théâtre et est devenue rédactrice. En 1998, dans le cadre d'un projet pour favoriser le bon voisinage chez les résidants de Rosemont, la biographe en elle a repris du service, cette fois-ci pour de bon. « J'ai réalisé de courts portraits de trois personnes du quartier. J'ai trouvé que c'était une bonne idée et constaté que j'étais capable de mettre les gens en confiance, en plus de trouver du plaisir à écrire leurs histoires. » Les
gens heureux ont une histoire « Il arrive souvent que des enfants se cotisent pour offrir ce cadeau à leurs parents, mais aussi à eux-mêmes », explique Jacinthe Harvey. Selon elle, les femmes et les hommes ont des façons bien différentes de parler de leur vie. « Les femmes aiment raconter pour le plaisir, alors que les hommes sont plus sérieux. Ils ont un témoignage à livrer. » Pour léguer un héritage à ses enfants, pour faire le bilan quand la fin approche, des gens décident de s'offrir le cadeau d'une biographie. « En faisant mon plan d'affaires, j'ai constaté que le marketing funéraire se faisait souvent sur un ton bien morbide. On entend des slogans comme « votre vie vaut plus que votre argent » ou « laissez votre trace », dit Jacinthe Harvey. Mon client type a environ 70 ans et il est en forme, malgré quelques ennuis de santé. Mais il faut être en paix avec sa vie pour replonger dans sa mémoire et, parfois, revivre certaines étapes difficiles. » Songe-t-elle à s'attaquer un jour à la biographie d'illustres personnalités ? « Je ne pense pas. Je trouve ça extraordinaire d'écrire la vie de gens inconnus. C'est souvent intéressant et ça donne plus de liberté. Et puisque plusieurs viennent de l'extérieur de Montréal, j'ai l'occasion de découvrir la Beauce des années 20, l'Abitibi ou la Gaspésie d'autrefois. » Photo Rémi Lemée. La Presse © Photo
recopiée par Robert Mailloux. La Presse ©
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