Nicolas Roerich

 

Biographie partielle : voyages, oeuvres et traité

Nicolas Konstantinovich Roerich, né le 9 octobre 1874 (27 septembre selon l’ancien calendrier ) à Saint-Pétersbourg en Russie, fils de Konstantin Feodorovitch Roerich  avocat de formation et notaire de profession, et de Maria Vassilievna Kalachnikova. Nicolas a été décrit comme une personne ayant une renommée d’artiste (environ 7000 peintures durant sa vie), de scientifique, de penseur, de philosophe, d’explorateur, de poète et d’éducateur, mais surtout d'humaniste.

De plus, il a peint des fresques pour des églises et pour des bâtiments publics, fait des dessins pour des mosaïques et des motifs architecturaux, peint des décors pour les opéras de Wagner, Moussorgsky, Borodin, Rimsky-Korsakov et Maeterlinck, conçu les décors et les costumes pour les ballets : "Prince Igor", le " Sacre du Printemps ". Il a écrit près de 30 livres sur des sujets aussi variés que l’art, la culture, la philosophie et des thèmes humanitaires .

Nicolas, âgé de 9 ans, a été témoin lorsque  L. K. Ivanovski archéologue a fait de l’exploration et de l’excavation près de chez lui. L'archéologue l'a amené avec lui, ce qui a fait grandir en Nicolas Roerich son intérêt pour  les mystères du passé. Sa passion pour l’archéologie lui est resté toute la vie. Par la suite avec d’autres contacts, il a monté une collection d’artefacts préhistoriques, de plantes et de minéraux. Il s’est monté un arboretum pour étudier les plantes et les arbres. En 1893, à l’âge de 18 ans, Nicolas fut reçu aux concours d’entrée à l’académie des beaux arts et à la faculté de droit de la célèbre université impérial de Saint-Pétersbourg. Il réussira à obtenir une maîtrise dans chacune de ces branches. Simultanément il poursuit des cours d’histoire et d’archéologie.

 En 1897, Nicolas Roerich présente pour sa peinture de graduation, " le messager" qui fut approuvée par les plus sévères critiques et achetée par l’éminent collectionneur Pavel Tretiakov pour sa galerie Tretiakov de Moscou. Un des premiers voyages de l’écrivain voyageur fut un périple en bateau à vapeur de Saint-Pétersbourg à Novgorod. L’état de désolation dans lequel il trouva tant d’églises anciennes, de bâtiments publics et de monuments historiques l’horrifia. Roerich consigna ses impressions de voyage dans un essai intitulé : « Sur la route, des Varègues aux Grecs » (1900). Il y exprime son indignation de voir à quel point les anciennes églises russes étaient négligées et mésestimées. Il fit de la conservation des églises et des autres monuments caractéristiques du riche héritage culturel de la Russie et du monde une cause à laquelle il consacra de nombreux écrits, plusieurs de ses tableaux et une bonne partie de sa vie. Durant l'été 1899, Nicolas rencontre Eléna Ivanovna Shaposhnikova. Elle était très intéressée par l’histoire, la littérature et la philosophie. Ils se sont mariés le 28 octobre 1901. En 1900 et 1901, à Paris, il prend des leçons avec les artistes célèbres Fernand Cormon ( comptant Van Gogh et Toulouse-Lautrec parmi ses anciens élèves) et  Pierre Punis de Chavannes ( auteur  de peintures murales et l’une des figures de proue du mouvement symboliste des décennies 1880 et 1890). Il se découvrit ainsi des affinités avec la façon que Gauguin interprète les sujets de ses peintures et avec l'utilisation des couleurs par Degas.

En 1903, il traverse plusieurs vieilles villes des régions de Russie soit Vladimir, Suzdal, Moscou, Novgorod, Pskov et Trev. Le résultat fut 100 esquisses d’anciens monuments.

Après leur mariage, Nicolas passe une demande d’emploi et obtient le poste de secrétaire à la Société pour l’encouragement des arts de Saint-Pétersbourg et en devient le président. Par la suite, il en révolutionnera le système : il institue l’enseignement de l'art dans tous les arts, soit en peinture, musique, danse, théâtre et aussi l’art industriel qui comprend la céramique, la peinture de porcelaine, la poterie, le dessin mécanique, ceci sous un même toit. C’est-à-dire qu’il réunit des scientifiques et des artistes de renom dans différents arts. Ils sont réunis en des centres d’art et culturel pour améliorer leurs diffusions avec une entraide et une influence mutuelle.

En 1921, le "Master Institute of United Arts"   est ouvert à New York. À peu près en même temps, l’union des artistes " Cor Ardens " est établie à Chicago et en 1922 le centre international de la culture "Corona Mundi" ouvre. Nicolas Roerich créera l’institut de recherches himalayennes "Urusvati" qui veut dire en sanscrit :  " Lumière d’une étoile du matin".

De 1916 à 1918, pour des raisons de santé, il demeure à Karelia. Avec l’aide d’amis, il expose à Stockholm, en Finlande, en Norvège, au Danemark et en Grande-Bretagne.

En 1920, il arrive  au États-Unis et expose dans vingt-huit villes différentes.

Le 2 décembre 1923, il arrive en Inde et réalise ainsi un de ses rêves. En moins d’un mois , il visitera plusieurs anciens monuments soit ceux de Elephanta, Jaipur, Sarnath, Benares, Calcutta. À la fin du mois de décembre, il s’établit dans l’élégante station anglaise de Darjiling, près de la frontière du Sikkim, sur le flanc sud de l’Himalaya.

De 1924 à 1928, c’est dans le Sikkim  que Roerich finalisa son important projet d’expédition scientifique et culturelle à travers l’Asie centrale. La route qu’il traça comportait une double traversée des hauts plateaux  du Tibet. D’abord du sud au nord en franchissant l’Himalaya occidentale en direction du Turkestan chinois et le massif de l’Altaï en Sibérie, puis en traversant la Mongolie ; ensuite du nord au sud en traversant le désert de Gobi, puis le plateau tibétain et l’Himalaya occidentale, pour finalement revenir à Darjiling. La deuxième partie du voyage devait les conduire dans des endroits rarement sinon jamais visités par une expédition scientifique européenne. En 1924 il rencontra le diplomate soviétique N .N.Krestinsti pour qu’il transmette sa demande de visa à Moscou pour visiter l’Altaï. Cependant, au moment où l’autorisation du commissaire du peuple aux affaires étrangères Tcitcherine arrivait enfin à Berlin, Roerich avait déjà quitté l’Europe. Lors de son voyage de retour  avec Vladimir Chibaëv qui devint son secrétaire par la suite, ils se rendirent en Égypte visiter les pyramides de Gizeh. Après, ils se rendirent au Ceylan, aujourd’hui le Sri Lanka, ensuite à Adyar afin de visiter les quartiers généraux de la société théosophique et après quoi ils se rendirent  à Darjiling.

Après ce voyage, Nicolas Roerich peint dix-neuf tableaux qui représentent pour lui les grands instructeurs de l’humanité. Parmi eux il y a Jésus-Christ, Lao-Tseu, Padma Sambhava, Moïse, Bouddha, Mahomet, Confucius, Saint Serge, Dorje, Milarépa, Oïrot et enfin un personnage féminin , la Mère du monde.

Dans cette série, l’intégration de divinités, de saints et de sages occidentaux et orientaux montre bien que Roerich était profondément convaincu de l’unité fondamentale des enseignements spirituels. À ses yeux cependant, le plus universel de tous les grands instructeurs, le symbole même de l’unité spirituelle et culturelle, reste la Mère du monde. ( Ce thème revient très souvent au cours de sa carrière.)

En mars 1925, l’expédition des Roerich en Asie centrale se mit en route. Le point de départ était Srinagar, la capitale du Cachemire dans l’Himalaya occidentale. Nicolas Roerich était accompagné d'Eléna  et de Georges. Svetoslav, pour sa part, retourna aux États-Unis afin de poursuive ses études et diriger " Corona Mundi ". Les Roerich reviendront en mai 1928 . De ce voyage, 500 peintures seront exécutées, des dizaines de sommets de montagnes et de passages seront cartographiés , d’anciens monuments et des manuscrits rares seront découverts. Roerich écrira au Au coeur de l'Asie, Altaï-Himalaya et Travel Diary. Il a peint à Khotan une série consacrée à Maitreya, ce nom pour les gens de l’Est est en relation avec le nouvel âge, âge de paix et de justice.

 Après ce voyage le reste de la famille Roerich s’établira dans la vallée de Kulu, dans la partie orientale de l’Himalaya .

Durant les années 1930, Nicolas Roerich fit des démarches pour la conception du traité Nicolas Roerich pour la culture et la paix. Ce traité fut signé par la suite le 15 avril 1935 à Washington. Ce même traité, en 1954, fut transféré de New York à l'UNESCO à Genève. Par la suite, le traité de Nicolas Roerich servit de modèle pour rédiger le traité de "La Haye" en 1954 qui servira en cas de guerre. De nos jours, ces deux traités sont toujours en vigueur.

À cause de la grande sécheresse de 1934 et les années subséquentes en Amérique du Nord, Henry Wallace, Secrétaire d’état à l’Agriculture des États-Unis, demanda à N. Roerich de diriger une autre expédition en Asie, incluant la Chine et la Mongolie pour rechercher des herbes résistantes à la sécheresse,  qu'il avait observé lors de son premier voyage en Mongolie, aidant ainsi aux cultures de la région de l’ouest américain nommé le "Dust Bowl" : il en enverra 2000 paquets. Cette expédition se fera en 1935.

 

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Mise à jour le 27 janvier 2001