LES DÉBUTS DES BERGEVIN-LANGEVIN

par Jerry LONGUEAY dit Bergevin, 21 janvier 1996 , trad. Libre par Claude LANGEVIN dit Bergevin, 21 janvier 1997

On peut vraiment parler de l'histoire fabuleuse d'une famille, puisque, à l'origine de tous les Bergevin d'Amérique, se trouve un seul homme qui, ayant perdu son père à l'âge de deux ans, quitta la France au début de la trentaine pour s'établir en Nouvelle-France. Cet homme, Jean BREGEVIN, est devenu depuis l'ancêtre de plus de 300,000 descendants, et sa famille s'accroît encore d'environ dix nouveaux descendants chaque jour.

Cette histoire, racontée dans son livre, Généalogie Bergevin dit Langevin, vol. 1, par le Père Jean-Louis Bergevin, o.m.i., nous apprend que le nom BREGEVIN pourrait originer d'un petit hameau, appelé Bergheim, dans la province du Haut-Rhin, district de Celmar, comté d'Alsace, non loin de Strasbourg, près de la frontière franco-allemande.

Donc, en France, plus précisément en Alsace, et probablement à Bergheim, vers 1590, naît François Bregevin. Il épousera Jehanne Gybet et ils auront deux enfants, Catherine (1600 - ?) et Mathurin (1609 - 15-11-1637).

Mathurin épouse Marie Tesnier (1614 - ?) à l'été 1634, en l'église de Saint-Jacques-lès-Angers. L'acte de mariage y est conservé et on peut y lire la signature de l'officiant, M. Angot, et celles des témoins: Thomas Chastelain, prêtre, et Pierre et Thomas Granger, probablement deux frères, amis de l'époux.

L'acte de mariage, malheureusement non-daté, est inscrit dans le registre entre deux autres actes, l'un du 7 avril et l'autre du 3 juillet de la même année.

Mathurin et Marie ont deux enfants, Marie et Jean. Par malheur, Mathurin et sa fille Marie meurent le même jour, en novembre 1637, alors que Jean n'a que deux ans. Sa mère se re-marie six mois plus tard à Mathurin Charbonnier, mais Jean garde le nom de Bergevin. Heureusement pour nous, sinon nous nous appellerions tous Charbonnier!

Jean (11-3-1635 - 2-2-1703) était donc né Bregevin à Angers, ou tout près, mais, dès son arrivée en Nouvelle-France à l'été 1665, ce nom s'est transformé en Bergevin (soit par erreur de transcription, soit par mauvaise prononciation). Quoi qu'il en soit, c'est bien ce Jean qui est l'ancêtre commun de tous les Bergevin d'Amérique, de plusieurs Langevin et Longeway, et de tous les Longeuay du Canada, tout au moins. En fait, le nom et la lignée Bergevin sont uniques au pays, mais on trouve encore en France des Bregevin et des Brechevin.

Il est possible que les armoiries des Bergevin soient celles que l'on trouve dans les boutiques spécialisées de généalogie et d'héraldique. En voici la description "classique":

"De gueules au chevron d'or accompagné en chef de deux grappes de raisins d'argent, et en pointe d'un croissant d'or; au cimier, une fleur de lis d'or." Vues d'un œil moins "classique" ces armoiries semblent représenter une figue réjouie. On prétend même que ce sont des armoiries de marchands de vins (levons nos verres, cousins!).

Avant 1663, la plupart des femmes émigrant en Nouvelle-France y venaient avec leurs maris; il y avait peu de femmes célibataires. En 1663, le roi Louis XIV fit recruter des femmes non-mariées pour favoriser le peuplement de la jeune colonie. Une fois choisie, l'élue recevait un cadeau royal: le passage sur le bateau, vêtements et bagages de base, garantie d'une dot de 50 livres si elle épousait un soldat ou un habitant, et de 100 livres si elle épousait un officier. De près de 1000 d'entre elles qui firent le voyage, environ 770 sont arrivée à bon port entre 1663 et 1673. Après quelque temps, logées et nourries par le Roi, elles signèrent des contrats avec des hommes célibataires déjà sur place, et les mariages étaient célébrés quelques jours ou semaines plus tard. Ces contrats portaient une note les identifiant comme "Filles du Roi", pour que la dot prévue leur soit versée. Marie Piton (Pitault - Pitau) était de celles-là. Savait-elle ce qui l'attendait?

Jean Bregevin, puis Bergevin, était arrivé, quant à lui, le 17-08-1665, comme soldat faisant partie de la Compagnie de Grandfontaine du régiment de Carignan-Salières. Près de 1200 soldats de ce régiment, l'un des 65 régiments de l'armée régulière du Roi en 1660, sont arrivés à Québec de juin à septembre 1665. Ils ont, pour la plupart, été postés dans les différents forts de la vallée du Richelieu, pour combattre les Iroquois. Une fois leur service militaire terminé, ils avaient le choix, soldats et officiers, de retourner en France ou de s'installer au pays. Jean Bergevin s'installa à Québec puis à Bourg-Royal, rattaché au village de Saint-Michel de Beauport (à peu de distance au nord-est de la ville de Québec).

Et, le 26-11-1668, en l'église Notre-Dame-des-Victoires de Québec, Jean et Marie unissaient leur destinée. Jean avait 33 ans et Marie 18. Ses parents, Rémi Pitau et Marie Poilen, vivaient à Saint-Paul, paroisse de la ville de Paris, en Île-de-France.

Leur premier enfant meurt avant d'avoir atteint trois ans. Leur deuxième, Joseph, né en 1673, ne semble pas s'être marié, du moins aucun document le concernant après sa naissance n'est disponible, à ce jour, sauf un, rapportant son décès en 1735. On ne sait rien, non plus, du troisième, Jacques, né en 1675. On le dit mort-né.

Leur première fille, quatrième enfant, Ambroise, se marie à l'âge de 18 ans, au soldat Guillaume Falardeau, et lui donne trois filles et six garçons. Une autre fille, Marie, épouse Siméon Morin, et ce couple produira une nombreuse descendance qui est retrouvée un peu partout en Amerique du Nord.

Les sixième, huitième et dixième enfants, trois garçons, ont épousé trois des filles d'un voisin, Mathieu Texier dit Laplante, et eurent au total 17 garçons et 16 filles.

Les septième et neuvième enfants sont tous deux mort-nés.

Quant au 11e et dernier, Jean II, comme on le verra plus loin, il prit femme trois fois, de 1702 à 1712, la mort frappant sans discrimination, dans toutes les familles, surtout au moment de l'accouchement ou peu après, des suites des fièvres puerpérales, très fréquentes (et méconnues) à cette époque. Il eut, au total, 13 filles et 1 garçon.

Installés à Bourg-Royal peu après leur mariage à Québec, sur une terre qui avait été octroyée à l'ex-soldat, Jean et Marie ont élevé une famille à la taille de l'époque: huit garçons et quatre filles, dont quatre garçons et une fille qui eurent des enfants à leur tour, de sorte qu'en deux générations il y avait 19 garçons et 26 filles portant le nom Bergevin. Les générations suivantes produiront plus ou moins d'enfants par famille et il y eut plusieurs décès en bas âge. De même, beaucoup d'enfants de 16 ans avaient déjà qui une belle-mère, qui un beau-père.

LES JEUX DE NOMS

Notre ancêtre commun, à son arrivée en Nouvelle-France, s'appelait et se disait Bregevin. Mais, comme il ne savait pas écrire, ce sont les scribes de l'époque, prêtres, notaires, etc., qui nous ont transmis des variations patronymiques comme Brugevin, Burgevin, Brechevin, Bregevin, Bergevin et même Berianin.

Chez les militaires, la chose était courante, tous et chacun avaient un surnom qui faisait référence à n'importe quoi: lieu, métier, fleur, tic, taille, etc. C'est ainsi que bien des soldats originaires d'Anjou se faisaient appeler L'ANGEVIN (les Angevins sont originaires d'Anjou). D'où les BERGEVIN dit LANGEVIN que l'on trouve au 17e siècle. Quand les "dit" ont pour la plupart disparu, au début du 18e siècle, c'est ou bien Bergevin, Bergevine ou bien Langevin qui a été choisi par les descendants. Ce qui fait qu'il y a plusieurs familles Langevin, mais une seule lignée Bergevin dit Langevin, qui a donné, comme on l'a vu, les Longeway puis les Longeuay. Mais il y a aussi d'autres familles Longeway, pour les mêmes raisons sans doute! Ce qui fait que l'auteur de ce texte, Jerry S. Longueay, peut se targuer de posséder quatre noms, voire cinq: Bregevin, Bergevine, Bergevin dit Langevin, Langevin, Longeway et Longueay.

Et ce même jeu de noms se retrouve dans toutes les lignées. Ainsi, les trois frères Bergevin qui ont marié les trois soeurs Tessier: leurs beaux-parents sont des Texier dit Laplante. De même, Marie Piton s'appelait aussi Pitau et Pitault, selon les documents.

La règle d'or en ces cas est de considérer le nom actuellement utilisé et de remonter dans la lignée ascendante pour y découvrir les variations patronymiques et les signaler dans nos tableaux, grilles ou rapports généalogiques.

Par exemple, des onze enfants de Louis, fils de Jean et de Marie, les quatre premiers furent baptisés Bergevin dit Langevin, mais ils se marièrent ou moururent Longeway. Pour plus de clarté, la banque de données doit pouvoir identifier cette variation patronymique des enfants jusqu'à leur père commun, Louis.

LES BRANCHES FAMILIALES

Cette partie du texte consiste à suivre les enfants et les descendants de Jean et de Marie sur le plan géographique et à observer les variations patronymiques qui s'en sont suivies. Ce qui ne rend pas la chose facile, c'est, par exemple, qu'il est fréquent de constater qu'un ancêtre Bergevin s'est marié Langevin et a été enterré Bergevin (et toute autre combinaison possible). De même, il nous a fallu nous contenter, pour le moment, de suivre la trace du nom Bergevin du côté des hommes, parce que cela est, a priori, plus facile, compte tenu de la nature et de la facture des documents disponibles. Il nous faudra, bien entendu, considérer aussi les femmes-ancêtres et établir leurs branches familiales. Pour le moment, donc, nos exemples font surtout référence à nos ancêtres mâles.

Jean et Marie ont eu douze enfants, dont six sans postérité ou morts jeunes. Cela nous fait leur attribuer un taux de "survivance" de 50%. La génération mâle suivante, quatre garçons, produisant 45 enfants, dont cinq sont décédés très jeunes, obtient un taux de 90%. Jusqu'à nos jours, on peut évaluer à quatre le nombre moyen d'enfants par famille (grande famille: 7-10 enfants; petite famille: 1-2 enfants). Si nous utilisons un taux de 75% pour les 45 petits-enfants de Jean et de Marie et une moyenne de 4 enfants par famille, cela fait plus de 300,000 descendants Bergevin en 300 ans. D'où notre évaluation, au début de ce texte, de près de 10 descendants par jour jusqu'à la 11e génération qui est déjà en marche!

LA BRANCHE DE JEAN II

Jean II (1670 - ?) a d'abord marié Marguerite Meunier, le 28-02-1702, à Beauport. Marguerite meurt en couches et l'enfant qu'elle portait - elle s'appelait aussi Marguerite - est décédée le même jour qu'elle, le 23-12-1702. Jean a épousé, une année plus tard, Marie-Renée Bezeau, à Charlesbourg. Leur premier enfant, une fille, fut elle aussi appelée Marguerite à sa naissance, le 26-08-1704. Leur seconde fille, née le 11-08-1707 fut baptisée Renée, comme sa mère, qui mourut quatre ans plus tard, le 29-03-1711. Jean se remaria une troisième fois, le 5-04-1712. Les époux demeurèrent à Charlesbourg et y eurent douze filles et un garçon. Trois des filles sont mortes en bas âge et huit des neuf autres se marièrent. Leur seul fils, Charles-Michel, prit pour femme Thérèse Lenoir et ils n'eurent qu'un enfant, Charles Michel II, qui épousera Ursule Virmontois. Tout ce monde et leurs descendants sont restés dans la région de Charlesbourg jusqu'en 1777. On connaît peu de choses de cette branche familiale depuis lors, puisqu'il n'y eut que ce rejeton mâle pour perpétuer le nom Bergevin.

LA BRANCHE D'AMBROISE

Marie-Ambroise (1676 - ?) épouse Guillaume Falardeau, le 25-01-1694, à Beauport. Ils ont une fille, Marie-Ambroise II et un fils, Charles. Marie II épouse Jacques Savard, le 14-01-1724, à Charlesbourg, et ils ont une fille, Charlotte. Quant à Charles, il épouse Marguerite Savard, le 15-06-1739, à Charlesbourg (elle est probablement la sœur de Jacques). Cette branche n'a pas été exploitée et on n'a recensé qu'un descendant par famille pour les dix générations suivantes (il y en a sûrement davantage). Ces gens sont demeurés dans la région de Charlesbourg pour plusieurs générations.

LA BRANCHE DE MARIE

Marie (1678 - ?) a épousé Siméon Morin, à Beauport. On n'a rien de plus de cette branche.

LA BRANCHE DE LOUIS

Louis (1681 - ?) épouse Marguerite Tessier, (l'aînée des trois soeurs Tessier), le 13-01-1705 à Beauport. Ils ont un garçon, Louis II, et trois filles (tous quatre mariés par la suite), à Beauport. Alors qu'on a peu de données sur les filles, à part le nom de leurs maris, le seul fils Louis II a donné un fort élan de descendance avec onze garçons et deux filles. Celles-ci seront recensées plus tard. Louis II et ses fils ont prolongé et propagé les noms de Bergevin et de Langevin.

Louis II (1711-1799) prend pour femme Josephte Parent, le 23-11-1734, à Beauport. Ils ont onze garçons (deux morts en bas âge) et deux filles. Ses enfants commencent à émigrer vers la région de Montréal et à changer leur nom en celui de Langevin. Ils se sont établis dans trois régions du Québec et leurs descendants y vivent encore: (1) région de Québec et de Beauport; (2) région de Châteauguay, Ste-Martine et St-Timothée (au sud de Montréal, au-delà du fleuve), et (3) région de la Beauce (sur la rivière Chaudière, au sud de Québec).

1. Région de Québec, Beauport.

Le premier fils, Louis III (1735-1810) épouse Marguerite Trudel, le 11-02-1765, à l'Ange-Gardien (un peu à l'est de Beauport), et ils y ont cinq garçons et sept filles. La plupart s'installent dans la région (Beauport, Portneuf, Cap-Santé, vers l'ouest) ou dans la Beauce, au sud, et leurs descendants y demeurent encore.

Le 4e fils, François (1740-1829) épouse Marguerite Parent, le 7-11-1763, à Beauport. Leurs quatre garçons et trois filles gardent le nom Langevin et eux et leurs descendants restent dans la région de Beauport.

Le 7e fils, Jean-Barthélémy (1746 - ?) qui est baptisé Langevin, épouse Françoise Viller, le 3-02-1778, se disant Bergevin, mais reprend le nom Langevin comme commerçant à Québec. Ils ont trois garçons et cinq filles, et leurs descendants resteront dans la région de Québec, Beauport.

Jean II, l'un des fils de Jean-Barthélémy, (1785-1870), épouse Marie-Sophie Pépin Laforce, le 15-08-1820, à Québec. Ils auront, parmi leur descendance: Mgr Jean Langevin (premier évêque de Rimouski), Mgr Edmond Langevin (vicaire général de Rimouski) et sir Hector-Louis Langevin (l'un des Pères de la Confédération). L'une des filles de sir Hector-Louis, Hectorine, épousera sir Thomas Chapais (historien, sénateur et conseiller législatif à Québec); une autre, Stella, épousera le juge Cimon et deviendra ainsi la grand-mère de Jacques Trempe, le Gardien de la base de données
de la grande famille des BERGEVIN.

Quant aux trois filles de Louis I (Marie-Josephte, Marie-Madeleine et Louise), elle se marient et demeurent dans la région de Beauport. Ces familles n'ont pas encore été recensées.

(2) Région de Châteauguay, Ste-Martine et St-Timothée

Le 2e fils de Louis I, Charles (1736 - ?) est le premier Bergevin à y émigrer, vers 1765, ne sachant pas qu'un grand nombre de Bergevin lui devraient un jour leur nom. Charles y déménage d'abord pour y marier Marguerite Primeau, le 15-04-1765, à Châteauguay, et en devient l'un des premiers pionniers. Ils ont neuf garçons et trois filles, et ses garçons auront à leur tour entre 8 et 10 enfants chacun.

Toute cette branche familiale demeure dans la région de Châteauguay. Aujourd'hui encore, des Bergevin vont se marier dans les mêmes églises que leurs ancêtres. Cependant, malgré des familles nombreuses, la descendance sera décimée par plusieurs morts d'enfants.

Les deux plus jeunes frères de Charles, Joseph et Pierre (voir ci-après) s'installent aussi dans la région et y trouvent femme, puisqu'il y a de plus en plus de familles de Québec qui émigrent vers ces terres nouvelles et fertiles. Ces familles auront de huit à dix enfants, de sorte que le nom Bergevin est assez répandu dans les dernières années du 18e siècle. Quelques-uns, cependant, quand le "dit" disparaîtra, reprendront le nom Langevin. Ainsi, le fils de Charles, Charles II, a un fils, Louis, qui sera le premier Langevin à émigrer en Ontario où le nom deviendra vite Longeway. L'un des petits-fils de Louis écrira un jour Longeuay et ces gens s'installeront sous ce nom dans les régions de Windsor et de Stratford. Des générations plus tard, on en trouve en Californie du Sud (c'est la famille de Jerry S.).

L'un des frères de Charles, Joseph (1750 - ?), épouse Marie-Josephte Primeau, le 14-08-1775, à Châteauguay. Ainsi commence un clan de 14 enfants, dix garçons et quatre filles. Sans rien cacher, le nom de Bergevin marquera profondément le territoire. La ferme de Joseph a été érigée sur le territoire de la future paroisse de Ste-Martine. Son fils, Charles (1788-1864) deviendra une figure légendaire, celle de "l'infâme Charles Bergevin dit Langevin". comme le décrit L.O. David dans son livre, Les Patriotes de 1837-38.

On connaît au moins, de père en fils, une anecdote de la vie de l'infâme Charles, telle que racontée par le Père Jean-Louis Langevin, o.m.i., son petit-fils:

La femme de Charles, Geneviève Huot, ne partageait pas le patriotisme de son mari et l'emprisonnait dans sa maison. Charles et son fils, Charles II (marié à Catherine Doutre), ont eu plusieurs escarmouches avec les Anglais. Faits prisonniers, Charles et ses compagnons furent d'abord condamnés à la mort par pendaison en 1839. Il avait alors 50 ans et sept enfants. La sentence fut commuée en exil en Australie. Les Anglais brûlèrent sa maison. Il revient d'exil neuf ans plus tard. Son nom est gravé sur le monument aux Patriotes dans le cimetière de la Côte-des-Neiges, à Montréal.

Parmi ses descendants, on trouve le Père Jean-Louis Bergevin,. o.m.i., qui a écrit de nombreux volumes, non seulement sur la famille Bergevin, mais sur d'autres familles également. Beaucoup d'anecdotes et de faits relatés ici dans le texte sont tirés de ses oeuvres que l'on peut trouver à l'Université d'Ottawa.

L'autre frère de Charles, Pierre (1753-1836), épouse Agathe Hébert, le 26-10-1778, à Châteauguay, et devient l'un des premiers pionniers de St-Timothée. Ils ont une belle famille de cinq garçons et quatre filles qui s'installeront tous et toutes dans la région. L'un de leurs fils, Pierre II sera le père de Célestin (1832-1910), maire de Beauharnois de 1878 à 1882 après avoir été major dans la division militaire pour le mois de janvier 1869.

Quelques-uns des descendants des trois frères Charles, Joseph et Pierre, vont émigrer vers d'autres défis: au nord, vers Lachine, sur l'île de Montréal, à l'ouest de Beauharnois et au sud-ouest de Ste-Martine. C'est ainsi qu'au fil des sept générations suivantes, l'Ontario, puis les États-Unis, recevront leurs premiers Bergevin, Langevin ou Longueay.

(3) Région de la Beauce

Le 6e fils de Louis I, Adrien (1742 - ?), épouse Madeleine Bilodeau, le 4-02-1722, dans la Beauce. Ils ont trois garçons et trois filles qui, mariés, demeureront dans la Beauce, ainsi que beaucoup de leurs descendants.

RÉSUMÉ:

Ce qu'il est intéressant de noter, concernant la branche de Louis, c'est que cette bien petite branche au départ (un seul fils, Louis II) a donné plus de descendants portant les noms Bergevin et Longeway/Longueay que toutes les autres branches (il en passe des chromosomes Y dans les générations prolifiques!). Si notre ancêtre commun Jean (lui-même garçon unique) a eu toute une descendance, on peut en dire autant de son petit-fils Louis II, lui aussi garçon unique.

Ces générations incluent des prêtres, des religieuses, des avocats, des journalistes, des enseignants, des hommes et des femmes de sciences, des pilotes, des gens de tous les métiers (même des plus "infâmes", sans les nommer), Avec une lignée de centaines de milliers de parents, on peut dire qu'il y en a un ou une qui a pratiqué chacun des métiers imaginables.

LA BRANCHE D'IGNACE

Ignace (1685 - ?) épouse Geneviève Tessier (la 2e des trois soeurs Tessier), le 19-11-1708, à Beauport. Ils ont neuf garçons et sept filles (l'une des trois grandes familles ex aequo dans la lignée). Mais peu d'entre eux (un seul en fait) garderont le nom Bergevin. Comme il y a plusieurs familles Langevin dès cette époque, la tâche des chercheurs et chercheuses n'est pas devenue facile pour discriminer entre les branches et les relations familiales.

Les enfants d'Ignace devaient avoir la famille Allard dans l'œil puisque trois de ses garçons et trois de ses filles vont marier un ou une Allard. Même que deux des garçons s'appellent Pierre et que tous deux épouseront une Marie-Charlotte Allard - mais ce sont, espérons-le, à tout le moins deux cousines.

C'est là un problème fréquent en généalogie. Beaucoup d'enfants et de petits-enfants ont le prénom du père, de la mère, d'un oncle ou d'une tante, du grand-père, voire de l'arrière-grand-père, et beaucoup de cousins et de cousines, et parfois, des frères et des soeurs ont le même prénom. Même si les chercheurs et chercheuses y mettent le plus de soin et de temps possible, il se produit parfois des erreurs. La généalogie n'est pas, loin de là, une science exacte; c'est plutôt une recherche sans fin, et des marmites sournoises se retrouvent souvent sur la route.

La branche d'Ignace et de Geneviève reste dans la région de Charlesbourg. Leurs descendants émigreront lentement mais progressivement, et ce, vers toutes les régions au fur et à mesure de leur ouverture à la colonisation: le long du fleuve, tout d'abord en remontant vers Trois-Rivières, puis le nord-ouest du Québec, puis en descendant le fleuve vers le nord-est, puis au nord vers Chicoutimi, et au sud, vers la Beauce et Sherbrooke.

LA BRANCHE DE JEAN-FRANÇOIS

Jean-François (1690 - ?) épouse Madeleine Tessier (la 3e des trois soeurs Tessier), le 13-02-1713, à Beauport. Ils ont sept garçons et six filles. Peu d'entre eux garderont le nom Bergevin, comme ce fut le cas pour la branche d'Ignace.

Les descendants de ces deux branches sont restés dans la région de Québec, Beauport. On n'y trouve guère de Bergevin venant de ces deux branches. Il reste donc beaucoup de Langevin à recenser.

QUELQUES STATISTIQUES

On pourrait, s'il nous reste du temps, engager quelques recherches d'ordre statistique concernant, par exemple, les noms des familles unies aux Langevin, Bergevin, Longeway et Longueay depuis Marie Piton-Pitau.

Parmi les faits et anecdotes que l'on retrouve dans ce texte, on peut également déceler quelques répétitions et données numériques fort intéressantes:

- le plus grand nombre de mariages va à Godefroy Langevin, avec 4 mariages en 17 ans (et dire qu'au troisième, le lien est du 7e degré!);

- les mariages les plus "rationnels" vont aux 6 mariages Bergevin-Allard;

- le veuvage le plus court est celui de Jean II qui a repris femme 20 jours après le décès de sa première femme.

Je n'ai pas cherché à savoir quel est le plus jeune ou le plus âgé des conjoints, mais je suis sûr que les Bergevin pourraient, là comme ailleurs, se prévaloir de bien des records dignes du Guiness!

OÙ ÊTES-VOUS, COUSIN, COUSINE?

Identifier les liens inter-familiaux étalés sur 12 générations peut porter, parfois, à confusion. Voici la procédure que j'utilise et que je crois la plus courte possible. Je l'appelle LA LIGNÉE. J'utilise le prénom (masculin ou féminin) de chaque descendant, commençant par Jean (notre père à tous et à toutes), puis l'un de ses fils (nés ici) jusqu'à la personne vivant actuellement dont je veux établir la lignée. J'ajoute le 2e nom quand il s'agit d'un changement de nom ou d'un mariage. À la fin, je calcule le nombre de générations, incluant Jean.

Voici comment je (Jerry S. l'auteur) me représente:

LIGNÉE: Jean, Louis, Louis Langevin, Charles, Charles, Louis Longeway, Peter Michael Longeuay, Donald, Jerry (11e génération).

Voici, maintenant, comment représenter Jacques Trempe, dont la lignée, on le notera, passe par deux mariages:

LIGNÉE: Jean, Louis, Louis Langevin, Jean, Jean, sir Hector-Louis, Stella Langevin-Cimon, Theresa Cimon-Trempe, Jacques (9e génération)

Voici, enfin, comment le traducteur, Claude Langevin, se représente:

LIGNÉE: Jean, Ignace, François-Marie, Godefroy Langevin, Jean Langevin dit Lacroix, Jean-Évangéliste Langevin, Ludger, Clovis, Claude (9e génération).

Comme on peut le voir, ces trois lignées diffèrent en nombre de générations (2 de plus pour Jerry S.), bien que Jerry et Jacques, par exemple, n'ont que 10 ans ou moins de différence).

Nous nous efforçons de trouver tous les Bergevin d'origine et de remplir notre arbre généalogique commun.

Prière de faire circuler librement ce texte à tout descendant de Jean.

Pour commentaires, suggestions, corrections et ajouts, contacter:

page Web: http://www3.sympatico.ca/jacquest/index.htm

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