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PÉRIODE EMBRYONNAIRE

La vie de Mathieu ne fut pas facile, il ne connut pas plus la paix au Canada qu'il ne l'avait connue en France.

Outre la difficulté de son travail de défrichage, la rudesse du climat, les efforts pour s'adapter à ce nouveau monde, l'incendie qui détruit sa maison et ses biens le 12 mars 1651, il faut ajouter la première guerre franco-iroquoise.  Elle a débuté en 1641 et va durer vingt-cinq ans, mettant la colonie dans un état lamentable et précaire.  C'est une guerre féroce, mais perlée, que se livre les Iroquois et les colons, une guerre d'embuscades.  Les Iroquois attaquent par surprise, souvent durant les travaux des champs, tuent les hommes et enlèvent femmes et enfants.  C'est la période des "Saints Martyrs Canadiens" et la destruction complète de la Huronie (près des Grands Lacs).  Or, c'est à partir de la Huronie que se fait le commerce des fourrures, la colonie est au bord de la faillite.  C'est alors que se serait passé la bataille du Long-Sault où Dollard-des-Ormeaux  aurait péri en combattant les Iroquois afin de libérer la route des fourrures.  

Les Jésuites, possédant de grandes terres et voulant calmer le jeu, accueillent les  quelques rescapés Hurons à Jeune-Lorette près de Québec et offrent aux Iroquois de s'installer sur leur seigneurie près de Montréal (aujourd'hui Kanawake et Kanesatake).  Certains acceptent, dont Kateri Tekakouitha, qui se convertit et dont l'Église se sert comme emblème de leur travail de missionnaire.  

En 1653, lors de son arrivée dans la colonie, Marguerite Bourgeois écrit:  "À Québec tout est si pauvre que cela fait pitié."

COLONIE-COMPTOIR

Depuis François 1er,  tous les rois de France signent de belles lettres d'intentions pour peupler la Nouvelle-France et convertir les Amérindiens.  Mais ils donnent le monopole d'exploitation à des compagnies de marchands et, en réalité,  la situation est déplorable.  Les rois et les compagnies se succèdent et la colonie s'étiole le long du Saint-Laurent. 

 Lorsque Mathieu Choret vient s'y installer en 1647 c'est la Compagnie des Cent-Associés qui a le monopole.  Elle aussi travaille avant tout pour les intérêts de ses actionnaires (rien de nouveau sous le soleil, dit-on) et ne fait pas tous les efforts nécessaires pour amener et soutenir les colons.  La Nouvelle-France prend son essor avant tout par le travail des Seigneurs, ces "entrepreneurs" qui recrutent des colons et les installent sur leur seigneurie pour en assurer le développement.  Il se crée un noyau de premiers habitants qui s'accrochent pour rester dans ce pays.   Leurs enfants se marient entre eux et le nombre de gens nés au pays augmente graduellement.  Leurs intérêts divergent avec ceux de la Compagnie des Cent-Associés et ceux du pouvoir central, leurs récriminations ne sont pas entendues, mais ils tiennent bon et restent au pays.

Les colons, peu nombreux et dispersés sur un grand territoire, ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre.  Or tous ces gens ne sont pas venus au Canada pour se battre, mais la protection des civils n'est pas assurée par la Compagnie et le Roi.  Les colons se regroupent, autant que faire se peut, pour le travail aux champs, pouvant ainsi mieux se défendre en cas d'attaque.  On remarque dans  l'inventaire des biens des colons, lors des recensements subséquents, que le premier objet mentionné dans chaque famille est un fusil.  

Les colons se regroupent aussi économiquement en formant la Compagnie des Habitants.  Cela leur permet d'échanger, avec les Amérindiens alliés, du blé contre des fourrures qu'ils troquent ensuite, par le biais de la Compagnie, contre des biens venant de France.  Or, la guerre compromet la traite des fourrures qui est la base économique du pays et, de plus, les biens manquent souvent.  Ainsi, à l'été 1655, sur les cinq bateaux partis de France pour le Canada, deux seulement arrivent à bon port. 

La vie de Mathieu Choret se déroule dans tout ce contexte, et l'on peut affirmer qu'il a participé, par sa présence, son travail et sa descendance, à cet effort collectif fourni aux débuts de la Nouvelle-France.

HÔTEL-DIEU DE QUÉBEC

Mathieu décède le 27 mars 1664 à l'Hôtel-Dieu de Québec. Il est inhumé le lendemain dans leur cimetière. Son transport de Beauport vers Québec et son hospitalisation font suite à un accident, une maladie, une blessure de guerre...? Nous ne connaissons pas la cause de son décès vers l'âge de 44 ans. La plupart des enfants de Mathieu seront aussi inhumés dans ce cimetière, ainsi que Sébastienne. 

Acte de décès de Mathieu Chouret
L'an 1664, le 28è de mars, a esté enterré par le Clergé de cette Église, dans le 
Cimetière de l'Hostel-Dieu, Mathieu Chouret décédé le jour précédent au-dit lieu
 après avoir reçu ses Sacrements.

La duchesse d'Aiguillon,  nièce du puissant Cardinal Richelieu, suite à la lecture des "Relations" des Jésuites, décide de faire une bonne oeuvre en fondant un hôpital dont l'objectif serait l'évangélisation des Amérindiens par les soins de la santé.   Elle finance le projet et signe le 16 août 1637, le contrat de fondation avec les Augustines Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Dieppe.  L'Ordre des Augustines, dont les origines remontent aux confins du Moyen Âge, est une communauté très bien structurée, ayant sous sa gouverne plusieurs hôpitaux en France.  Ces dernières fournissent alors une part importante du projet : la ressource humaine. Trois religieuses se portent volontaires pour effectuer la périlleuse traversée de l'Atlantique jusqu'en Amérique.  cartehoteldieu.jpg (76753 octets)

Extrait de la carte de Gédéon de Catalogne faite en 1709.

Ainsi, le premier août 1639,  trois hospitalières de Dieppe, débarquent à Québec et jettent les bases du premier hôpital d'Amérique au nord du Mexique

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L'Hôtel-Dieu de Québec au 19ème siècle

Érigé sur le site actuel (en haut de la côte du Palais) depuis 1644, l'Hôtel-Dieu, héritier des institutions médiévales, est d'abord établi à des fins missionnaires et dispense aux malades des soins aussi bien spirituels que corporels. Ceux-ci logent alors dans deux salles d'une capacité totale d'environ quarante lits
En dépit d'un contexte difficile et de moyens très modestes, l'Hôtel-Dieu de Québec n'est pas l'antichambre de la mort puisque neuf malades sur dix en sortent guéris ou du moins soulagés.   Tous les habitants ont droit aux soins des hospitalières, dans les archives on trouve la trace d'un séjour à l'hôpital de Sébastienne Veillon en avril 1690.  On y soigne  aussi les gens qui débarquent malades des bateaux arrivant chaque été. 

Outre les fondatrices, deux personnages majeurs marquent cette époque: Catherine de St-Augustin (1632-1668) missionnaire à l'âge de 16 ans, elle arrive à Québec en 1648 et lègue un précieux héritage spirituel aux Augustines.   Michel Sarrazin (1659-1734) médecin du roi et botaniste,  pratique à l'Hôtel-Dieu durant 45 ans. A travers sa longue et brillante carrière, il aura pratiqué entre autres la première intervention homologuée
sur un cancer en mai 1700. 

LES INVENTAIRES APRÈS DÉCÉS
En Nouvelle-France, au 17ème et 18ème siècles, la transmission des biens est régie par la Coutume de Paris selon laquelle la propriété est divisée entre les héritiers : la moitié des biens va au conjoint survivant tandis que l'autre partie est partagée également entre les enfants. Dans le cas d'une terre, un des enfants rachète généralement la part des autres et reconstitue graduellement le patrimoine familial.

 Lorsqu'une personne défunte laisse des enfants mineurs,  on demande à un notaire de dresser un acte qu'on ne voit nulle part ailleurs en Amérique du Nord, l'inventaire après décès. Le notaire dresse alors un inventaire très détaillé des biens de la succession depuis la terre, la maison, la grange, les meubles, les ustensiles et même les dettes.

 Le 9 août 1664 Sébastienne Veillon réclame la présence du notaire Paul Vachon et le charge de dresser l'inventaire des biens qu'elle partagera avec ses enfants avant son remariage.  Par ce document nous savons que les Choret possèdent quelques fusils, des armoires, une batterie de cuisine impressionnante, du bétail et des grains, une maison, une étable et une terre dont le blé n'a pas encore été récolté.

NOTAIRE PAUL VACHON
Le notaire Paul Vachon est souvent présent dans la vie des Choret.  Il est le notaire de Mathieu et sera celui de tous ses enfants, il rédigera leurs contrats de mariage auxquels il assistera comme témoin dans plusieurs cas.  Il fera aussi le contrat du second mariage de Sébastienne.

Il  intervient en faveur de Mathieu dans un litige qu'il a avec des voisins qui se permettent de gruger du terrain à même sa terre.  Mathieu fait de nouveau tirer les lignes de sa terre et porte sa cause devant le Conseil Souverain qui tranche en sa faveur.  C'est son notaire qui lui remet le 22 février 1664, soit cinq semaines avant sa mort,  la décision écrite du Conseil que l'alignement de sa terre doit être respecté et qu'il reste entièrement propriétaire de toute la terre concédée par les Jésuites en mars 1649.

Paul Vachon, originaire du Poitou, est né vers 1630.  Il épouse à Québec en 1653 Marguerite Langlois, fille de Noël Langlois ( ce dernier épousera en secondes noces en 1666 Marie Crevet, la veuve de Robert Caron).  Paul Vachon est maçon avant de devenir notaire.  À cette époque on devient notaire si on sait manier la plume d'oie et qu'on obtient un poste soit de l'intendant, comme notaire royal, ou d'un seigneur comme notaire seigneurial.  Paul Vachon est nommé notaire de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges par les Jésuites en 1656, ensuite il devient aussi notaire de la seigneurie de Beauport, puis de celle de l'ïle d'Orléans et celle de Beaupré.  

Paul Vachon vit à Beauport, dans le bourg du Fargy (donc à proximité de Mathieu), sur sa terre qu'il cultive, il possède une autre terre à l'île d'Orléans sur laquelle il installe un fermier.  Après avoir exercé près de quarante ans comme notaire, il prend sa retraite en 1693, après avoir rédigé plus de 1500 actes.  La fin de sa vie est dramatique puisqu'il voit mourir, en six mois,  quatre enfants, une belle-fille et six petits enfants lors de l'épidémie de petite vérole de 1702-1703.  Il y succombe lui-même le 24 juin 1703 et est inhumé à Beauport.

 

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