
LE NIMBY (ou syndrome "pas dans ma
cour")
(Résumé d'une conférence prononcée par
Marie Beaubien lors d'un colloque organisé par la Fondation québécoise en
environnement.)
Le syndrome "Pas dans ma cour" peut
se définir ainsi:
" Résistance sociale à accepter sur
son territoire tout projet qui menacerait ou qui serait perçu comme une menace à la
qualité de vie."
Il est important de comprendre le phénomène
pour mieux le gérer. En étant conscient des origines et des causes du développement de
cette résistance sociale, on peut plus facilement identifier les façons de faire pour
réaliser des projets en harmonie avec leur environnement social et physique.
LES ORIGINES DU NIMBY ET SON ÉVOLUTION
Le phénomène :
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origine des
impacts reliés à l'industrialisation et au développement urbain; |
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se transforme
ensuite en un problème de communication et de perception; |
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pour finalement
devenir un phénomène de résistance sociale complexe et omniprésent en raison de
diverses influences d'ordre sociopolitique. |
Le schéma qui suit illustre d'une certaine
façon, le cheminement historique du NIMBY:

Dans le cadre de la planification du
développement industriel, plutôt orientée vers une société de consommation que de
conservation, certaines répercussions à moyen et long termes n'ont pas été
anticipées. Notamment, les effets d'infiltration dans la chaîne alimentaire (eau - air -
sol - plantes - animaux - hommes) de produits chimiques, métaux lourds et autres. À
titre d'exemples :
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le smog de
Londres; |
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la
contamination par le mercure de la baie de Minamata au Japon; |
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Love Canal aux
États-Unis; |
Plus près de nous, au Québec :
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la
contamination de la nappe d'eau souterraine de Ville Mercier; |
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les terrains
contaminés de la compagnie Lasalle Coke où il y a eu évacuation permanente de certains
résidents. |
Dans les années 1970, les gens sont de plus
en plus sensibilisés aux problèmes environnementaux par le biais des médias, mais aussi
par les groupes écologiques.
L'apparition du problème crée un climat
d'inquiétude qui se transforme en méfiance.
L'information véhiculée par les médias et
les sources qui influencent l'opinion publique : élus, groupes, gouvernements, etc.,
semble mettre beaucoup d'accent sur les problèmes plutôt que sur les solutions. Un
certain climat de panique s'installe. On n'a qu'à penser à l'accent mis sur les BPC au
cours des dernières années depuis l'événement de Saint-Basile-le-Grand.
Delà, l'apparition du problème de
communication et de perception :
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de
communication parce qu'il y a une méfiance. Les communications factuelles et
rationnelles sont difficiles. |
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de
perception parce qu'il y a confusion. |
Le phénomène de mobilisation et de
résistance sociale ne va pas en diminuant. Au contraire, il croît et se complexifie. Il
dépasse même de plus en plus le cadre des dossiers environnementaux. Exemples: projets
immobiliers, prisons, etc. Pourquoi? Le phénomène subit des influences d'ordre
sociopolitique diversifiées.
Voyons comment se positionnent les divers
groupes de la société :
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Promoteurs ou
entreprises : tendance parfois à blâmer, en appeler à l'égoïsme, à
l'incompréhension ou à la mauvaise volonté de tous ceux qui critiquent leur projet. |
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Médias :
tendance parfois au sensationnalisme, à couvrir les problèmes et les résistances avec
insistance. La perspective globale est difficile à cerner. Ces problèmes ont déjà
été soulevés au conseil de presse : les médias devraient avoir un rôle de formateurs,
d'éducateurs, mettre en perspective les événements, éviter le sensationnalisme. |
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Gouvernements :
ont un rôle important mais n'ont pas toujours été actifs. Parfois, ils ont eu tendance
à réagir. |
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Groupes
d'intérêt : ont parfois une vision à très long terme, donc une certaine tendance
à ne pas retenir les solutions à court et moyen termes. |
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Partis
politiques : tendance à transformer le débat en enjeux électoraux. |
Nous retrouvons le NIMBY passablement partout
et même sous d'autres appellations:
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"LULU"
pour "Local unacceptable land use" |
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"GOOMBY"
pour "Get out of my backyard" |
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"NIMEY"
pour "Not in my election year" |
Il y en a d'autres : "Enough is
enough" : la goutte qui fait déborder le vase et "le pied dans la porte" :
pour l'effet d'entraînement.
Comment conjuguer avec cette réalité?
DES SOLUTIONS
Les moyens
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Planification en
prévoyant les répercussions à long terme |
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Élaboration de
critères d'emplacement tenant compte de toutes les considérations : économiques,
techniques, sociales, politiques, environnementales, etc. |
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Mécanismes
d'information, de consultation et de participation, au moment de la planification d'un
projet |
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Utilisation de
différents modes de communication : formels-informels, et de divers types d'information :
techniques et vulgarisés |
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Implication de
sources externes et représentatives pour étudier les dossiers et diffuser l'information |
Les attitudes
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Ouverture,
transparence et disponibilité |
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Climat d'échange
et de non-confrontation |
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Attitude proactive
et non réactive orientée vers les solutions |
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Respect mutuel
entre les intervenants - concertation |
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Attitude de
compromis |
Pour résumer, il est primordial de :
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adopter une
attitude proactive plutôt que réactive. Par exemple, il ne faut pas que le promoteur
pense que l'information et la participation servent juste à alimenter l'opposition et que
les groupes rejettent d'emblée l'information du promoteur parce qu'elle est biaisée. |
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amorcer le
dialogue tôt dans l'élaboration du projet; ce qui permet de bonifier le projet. |
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favoriser les
échanges réguliers; ce qui permet d'en arriver à un sens commun. |
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être ouvert à la
concertation pour arriver à des solutions qui tiennent compte de toutes les dimensions. |
Les réactions sociales de résistance sont
normales et positives. Elles sont le reflet d'une société démocratique et dynamique,
elles agissent un peu comme un filtre, une sorte d'auto-contrôle.
Il est vrai qu'actuellement, le phénomène
de résistance est omniprésent. Mais il ne faut surtout pas le craindre parce que nous
risquons la paralysie. Chaque groupe de la société doit prendre ses responsabilités.
Par une attitude ouverte et en rétablissant
un climat de confiance et de concertation, nous pouvons relever le défi.
Il faut dépasser le stade de la
dramatisation et de la politisation des discussions.
L'unanimité est impossible, c'est le sens
commun qu'il faut rechercher.
POUR CONCLURE, RAPPELONS SIMPLEMENT QUE
TOUT PROCESSUS DÉMOCRATIQUE, PAR SON ESSENCE MÊME, IMPLIQUE LE RESPECT MUTUEL DE TOUS
LES MEMBRES D'UNE COMMUNAUTÉ.