Autres Filion, autres souches?


Nous avons parlé abondamment des ancêtres Michel Feulion et Antoine Fillion qui ont fait souche en Amérique. Il ne faut cependant pas ignorer que d'autres Filion vinrent au Canada sous le Régime français. Si certains n'engendrèrent certainement pas de descendance, il demeure possible que d'autres aient laissé une postérité. C'est pourquoi nous vous les présentons.


Joseph Filion
Né en 1694, Joseph Filion était le fils de Pierre et de Suzanne Lanière. Il était de la paroisse de Saint-Jean-du-Perrot, dans le diocèse de la Rochelle — non loin de Saint-Pierre-le-Vieux —, en Aunis. Joseph était tonnelier de son métier.

Le 3 mai 1719, il épousa Suzanne Lecours, fille de Michel et Louise Ledran, en la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Ils avaient signés un contrat de mariage le 24 avril précédent devant le notaire Dubreuil.

La plupart de leurs nombreux enfants moururent au berceau et quatre ont atteint l'âge adulte. Il semble que seul leur dernier fils, François, né en 1741, se maria: le 21 juin 1779, il épousa Élizabeth Dufour à Québec. Celle-ci était veuve, dans la quarantaine. Nous n'avons trouvé trace d'une descendance.

Joseph Filion fut inhumé en 1752 dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame-de-Québec.



Charles Filion dit Sansoucy
Les dictionnaires généalogiques rapportent la présence au Canada d'un certain Charles Filion dit Sansoucy. Celui-ci était né en 1720 de Nicolas et de Pierrette Richard, de Saint-Alban de Lorme, au diocèse d'Autun, en Bourgogne. Vraisemblablement arrivé ici vers 1750, c'était un soldat du régiment de Berry qui appartenait à la compagnie Traurout. Il fut inhumé dans le cimetière de la paroisse de Sainte-Famille, Île d'Orléans, le premier décembre 1758. Il ne semble pas avoir contracté mariage.



Mathurin Filion dit Champagne
Fils de Jean-Antoine et de Jeanne Rousset, Mathurin Filion dit Champagne se disait originaire de la paroisse Saint-Louis de Brest, dans le diocèse de Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne.

Ce soldat du régiment de Guyenne arriva au Canada vers 1750 puisque le 14 octobre 1752, le sieur de Fontbonne, qui commandait le dit régiment, déclara solennellement que Mathurin était à son service depuis quatre ans et demi et que, depuis ce temps, il ne s'était point marié. On put donc lui délivrer un certificat de liberté de mariage, à une époque où l'on combattait la bigamie.

Ce n'est pourtant que le 25 avril 1757 que Mathurin prit femme alors qu'il épousa Madeleine Charrier à Québec. Fait intéressant, dans le contrat de mariage que le couple passa la veille de la cérémonie, Mathurin se disait cuisinier et habitait la rue Saint-Nicolas à Québec. De plus, il disait être natif de Brest alors que ses parents étaient de la ville de Lyon. Mathurin et les siens semblent donc avoir été passablement mobiles en France.

Le couple donna naissance à quelques enfants dont Antoine-Amédée (évoqué dans notre section sur les Filion célèbres) qui épousa Adélaïde de Beaujeu à Montmagny en 1800; puis, le couple s'établit dans Vaudreuil-Soulanges. Bref, nous avons retrouvé des descendants de Mathurin jusqu'au début du 20e siècle alors que leur trace se perd dans les nombreuses paroisses de l'île de Montréal.

Il semble donc que nous soyons ici en présence d'une troisième famille-souche de Filion. Il ne reste qu'à déterminer si elle compte encore des descendants…

Madeleine Charrier décéda à Québec en novembre 1781; Mathurin épousa alors Marguerite-Suzanne Roy, veuve de Jacques Amelot, en octobre 1782.



Michel Fillion, notaire

Les notes entres crochets [] sont de nous.

Huissier, arpenteur, secréataire du gouverneur Pierre Dubois Davaugour, greefier de la Sénéchaussée et du Conseil souverain, substitu du procureur général, procureur fiscal, juge sénéchal et notaire royal, né vers 1633 à Saint-Germain-l'Auxerrois, en Bourgogne [selon nous, il s'agit plutôt de Paris], décédé à Beauport le 7 juin 1689. Il ne faut pas le confondre avec un contemporain nommé Michel Feuillon [Feulion], établi à Champlain.

Fils d'André Fillion et de Gabrielle Senler (Senlet ou Sanlerg), Fillon arriva au Canada avant le 10 avril 1654, date où on le trouve huisser à Québec. Il exerça diverses fonctions: entre autres, celles de greffier de la Sénéchaussée, en 1662, de notaire royal, par commission du Conseil souverain datée du 23 septembre 1663, et, peu après, de greffier de ce même conseil. Il exerça le notariat jusqu'à sa mort, survenue à Beauport le 7 juin 1689, après une interruption de trois ans (1671-1674) pendant lesquels il était «tombé en démence d'esprit».

Le 26 septembre 1661, il avait épousé Marguerite Auber, veuve de Martin Grouvel. Elle vivait encore le 22 avril 1693. C'est donc par erreur que [Cyprien] Tanguay lui attribue un second mariage en 1667. Il s'agit plutôt du mariage de son frère Antoine [Anthoine], résidant à Québec même, d'après le recensement de 1667, et disparu ensuite prématurément. Michel Fillion, qui n'avait pas eu d'enfants, adopta deux de ses neveux orphelins, Jean et Antoinette. Ainsi s'éclaircit le mystère de sa prétendue descendance.

Le Journal des Jésuites, en février 1661, mentionne un nommé Fillon, qui avait «assisté à la musique» avec Pierre Duquet de La Chesnaye. Peut-on voir en ce musicien notre Michel Fillion? Son compagnon, Duquet, il est vrai, était notaire aussi; mais qui nous assure qu'il n'y avait pas alors à Québec un autre personnage nommé Fillon, plus expert en musique que Michel Fillion? Celui-ci a toujours signé ainsi, et bien lisiblement.

(SOURCE: Honorius Provost. Dictionnaire biographique du Canada, Vol. Premier: De l'an 1000 à 1700. Québec, Presses de l'Université Laval, 1966, p. 314.)



Chez les Filion, trois origines:
parisienne, poitevine, bretonne

Il nous est venu de Paris et de sa région davantage de pionniers qu'on ne le croirait au premier abord. Ainsi, deux frères Fillion originaires de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, Anthoine et Michel, se sont établis en Nouvelle-France vers le milieu du XVIIe siècle. Ils étaient les fils d'un maître corroyeur, un artisan spécialisé dans l'assouplissement des cuirs après tannage, André Filion, et de Gabrielle Senlet. [...]

Même si l'un des deux frères, Michel, n'eut pas de descendants, il mérite que l'on évoque brièvement sa carrière, car il joua un rôle important dans la colonie. Dès 1654, il exerce les fonctions de huissier à Québec, puis il devient le secrétaire du gouverneur Dubois Davaugour. Le 26 septembre 1661, à Québec, il épouse Marguerite Aubert, veuve de Martin Grouvel, qui, quelques mois plus tôt, avait péri avec deux compagnons dans le naufrage de sa barque, près de Matane. La veuve n'avait pas eu d'enfant et elle ne devait pas en donner à son nouveau mari. L'année même de son mariage, Michel Fillion devient procureur fiscal de la seigneurie de Beaupré et, l'année suivante, greffier de la Sénéchaussée de Québec. Le 23 septembre 1663, le Conseil souverain le nomme notaire royal «en la ville de Québec et ressort d'icelle», une profession qu'il pratiquera jusqu'à son décès survenu à Beauport en 1689, sauf pendant une période de trois ans (1671-1674), alors qu'il était «tombé en démence d'esprit». Les actes qu'il passa sont conservés aux Archives nationales du Québec; il en signa quelque 250; c'est dire combien il tenait le pouls des ménages de la région. Il fut aussi pendant deux ans le greffier du Conseil souverain. Le généalogiste Tanguay lui donne deux fils: il s'agissait en fait de neveux qu'il avait adoptés après la mort prématurée de son frère. [...]

(SOURCE: Robert Prévost, Portraits de familles pionnières. Chez les Filion, trois origines: parisienne, poitevine, bretonne.)


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