Fillion et Fillon de France


Pendant que certains des leurs venaient s'établir aux quatre coins de l'Amérique du Nord, des Fillion et des Fillon continuaient de prospérer un peu partout dans l'Hexagone. Voici l'histoire de certains d'entre eux.

Les textes qui suivent ont été publiés dans La Feuillée, le bulletin de l'Association des F(Ph)il(l)ion d'Amérique, de 1994 à 1996.



Benjamin Fillon (Fillion)
ou la passion de la collection

Issu d'une famille de Niort (Deux-Sèvres) qui durant la Révolution française, avait compté parmi les «Bleus»  de Vendée, Benjamin Fillon  était le fils d'un ancien officier de l'Empire . Il naquit au village de Grues (Vendée) le 15 mars 1819 mais vint habiter très jeune Fontenay-le-Comte (Vendée) . Il commença ses études de droit à Poitiers et vint les terminer à Paris en 1837. Dès cette époque, sa fortune le lui permettant, Benjamin commença à collectionner des antiquités, des pièces historiques, des estampes, des médailles. Il se lia d'amitié avec la plupart des antiquaires français de son temps et surtout avec A. de Montaiglon qui devait demeurer son meilleur ami.

Licencié en droit le 19 avril 1842, il se fit nommer juge suppléant à La-Roche-sur-Yon (Vendée) et occupa ses loisirs à étudier l'histoire et l'archéologie de sa province, opérant des fouilles surtout à des fins utilitaires, accroissant ses collections, vendant certaines d'entre elles pour enrichir les autres. Il quitta la magistrature en 1852. Fort libéral, il épousa en 1863 sa cousine germaine Clémentine Fillon, qui collabora à ses travaux. Il fut nommé préfet de la Vendée par le Gouvernement de la Défense nationale le 5 septembre 1870 mais il n'accepta pas cette charge. Benjamin Fillon refusa également d'être candidat républicain à l'Assemblée nationale de 1871.

Après la mort de sa femme, en avril 1873, il se retira au château de Saint-Cyr-en-Talmondais, qu'il fit restaurer. Malade depuis le mois de juillet 1880, il mourut à Saint-Cyr le 23 mai 1881 et eut des obsèques civiles. Il laissait une fille, Gabrielle Fillon. Sa belle collection d'autographes avait été vendue par Charavay; après sa mort, une partie des objets antiques ou préhistoriques qu'il avait réunis fut également aliénée.

La bibliographie de l'œuvre imprimée de Benjamin Fillon, dressée par son ami de Montaiglon en 1895 compte quelques 439 titres dont plusieurs articles! Ses ouvrages les plus importants sont: Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay (1846), Documents pour servir à l'histoire du Bas Poitou et de la Révolution en Vendée (1847), Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France (1850), Poitou et Vendée, études historiques et artistiques (1861-1865, 2 volumes), L'art de la terre chez les Poitevins (1864), et Mémoire sur une nouvelle nomenclature des […] rues […] de Fontenay (1880).

Source: Roman d'Amat. Dictionnaire de biographie française. Paris: Letouzey et Ané, 1975. vol. 13, pp. 1358-1359.



Jules Fillyon,
artiste-peintre

Né à Compiègne (Oise) le 12 avril 1824, il eut pour maître Brissot de Warville et se signala surtout à l'attention des amateurs et des critiques par la qualité de ses pastels et l'habileté de ses dessins au fusain. Il exposa au Salon, de 1870 à 1877, de nombreux portrait et il y envoya également: La lecture (1868), Un musicien amateur devant la difficulté et Dévideuse, pastel (1870), Les étangs de Saint-Pierre et Intérieur de bergerie, fusains (1878), Cour de ferme et Gorges du Han (1879), Une rue de Quimper et Église de Thourotte, Oise (1880), Un vieux puits, fusain (1881). Au musée de Compiègne, on conserve de lui un portrait de Pierre-Charles-Marie Sauvage. Jules Fillyon  est décédé en 1883.

Source: Roman d'Amat. Dictionnaire de biographie française. Paris: Letouzey et Ané, 1975. vol. 13, p. 1362.



Antoine Fillion,
le héros de guerre
 

Né à Grigny (Rhône), le 8 février 1765, Antoine Fillion était le fils de Jean-Claude et de Jeanne Champein. Il entra dans l'armée le 25 janvier 1784 comme cavalier aux Chasseurs des Pyrénées, en garnison à Guingamp, Pontivy et Ploërmel (Bretagne) avant de devenir maréchal des logis en avril 1792.
Il fit campagne, de 1792 à 1801,  avec le 8e chasseurs à cheval, aux armées du Rhin et du Rhin et Moselle, comme sous-officier, sous-lieutenant (13 septembre 1793) et lieutenant (19 juin 1795). Le 15 mai 1795, avec son peloton, il fit prisonnier, à Frankenthal, un lieutenant et dix-sept hussards autrichiens. Il renouvela son exploit le 12 avril 1796 en prenant, avec une patrouille de douze cavaliers, vingt hussards autrichiens. Le 9 juin de la même année, Fillion fut blessé, en avant de Mannheim, de deux coups de sabre, un à la tête et l'autre au bras gauche. Le 21 mars 1799, il reçut un coup de feu à la jambe droite et fut fait, à deux reprises, prisonniers par les Autrichiens mais deux fois échangé avant la signature du traité de paix de Lunéville de février 1801.

Pendant les années qui suivirent, le 8e chasseurs à cheval tint garnison à Thionville puis, à partir de 1803, en Hollande. En 1805, il fit brillamment campagne en Allemagne et en Autriche, au corps de Marmot, puis alla tenir garnison en Italie, notamment à Pordenone. Devenu capitaine le 30 juillet 1804, Antoine Fillion fut blessé d'un coup de sabre au passage de Piave (Italie), ce qui ne l'empêcha pas de prendre à l'ennemi deux pièces de canon, qui criblaient le régiment de projectiles, et de les ramener sous le feu de l'ennemi (8 mai 1809). À la bataille du Raab (14 juin 1809), suivi de quelques cavaliers et du major Cabanes, il pénétra dans un carré ennemi et y fit prisonnier le général-major autrichien Marziani, qu'il conduisit au prince Eugène de Beauharnais. À Wagram, le 6 juillet 1809, il reçut quatre blessures par coups de sabre, qui le mirent dans l'impossibilité de continuer à servir.

Antoine Fillion fut mis à la retraite le 8 octobre 1809 et se retira à Thionville où il avait autrefois été en garnison.

Source: Roman d'Amat. Dictionnaire de biographie française. Paris: Letouzey et Ané, 1975. vol. 13, p. 1354.



Jean Fillion,
l'industrieux industriel

Jean Charles Maurice Fillion est né le 5 octobre 1900 à Troyes (Aube). Il était le fils de Georges, un commerçant, et d'Andrée Brion. Veuf de Marcelle Renard de qui il avait eut quatre enfants (Michel, Jean-Claude, Dominique, Henri), il se remaria le premier juin 1948 à Ghislaine Tabary qui lui donna trois autres enfants (Patrice, Bernard, Marie-Odile).

Jean Fillion fit ses études au Collège Urbain-IV et au Lycée de Troyes. Il obtint un diplôme d'ingénieur de l'Institut agricole de Beauvais.

Sa carrière connut une ascension fulgurante: directeur de la Coopérative agricole départementale de la Dordogne (1927-1946), fondateur et président-directeur général (1939-1973) des Établissements Florvita (alimentation du bétail), fondateur et directeur de la coopérative de stockage de céréales Périgord-Limousin (1932-1946), fondateur et gérant (1947- ) de la Société civile du domaine de Laubertie. Jean Fillion fut également membre titulaire (1958), vice-président (1960), président (1962-1967) puis président honoraire de la Chambre de commerce et d'industrie de Périgueux. Il fut aussi président (1968-1973) puis président honoraire du Syndicat national de l'industrie des aliments composés pour les animaux. Fait chevalier de la Légion d'honneur, il habitait L'Arsault, près de Périgueux.

Source: Who's who in France. Paris: Jacques Lafitte, 1977, 1680 p.



Louis-Claude Fillion:
parole d'Évangile

Louis-Claude Fillion naquit le 25 juin 1843 à Saint-Bonnet-de-Joux (Saône-et-Loire). Ordonné prêtre en 1867, admis dans la Compagnie de Saint-Sulpice, il fut professeur d'Écriture sainte et d'hébreu au grand séminaire de Reims de 1871 à 1874, et au grand séminaire de Lyon, de 1874 à 1893. Au mois d'octobre 1893, il fut nommé à l'Institut catholique de Paris où il occupa la chaire d'exégèse et d'Écriture sainte. Dix ans plus tard, il fut nommé membre de la Commission biblique.

D'une vaste érudition, très au courant des travaux modernes, il a écrit de nombreux livres d'exégèse qui le rattachent à une école de pensée plutôt modérée. Ses principaux ouvrages sont: L'Évangile selon saint Mathieu. Introduction critique et commentaires (1878), L'Évangile selon saint Marc… (1879), L'Évangile selon saint Luc… (1882), L'Évangile selon saint Jean… (1886), Atlas archéologique de la Bible (1883), La Sainte Bible commentée d'après la Vulgate (8 volumes, 1888-1895), Les miracles de Notre Seigneur Jésus-Christ (2 vol., 1909-1910), Vie de Notre Seigneur Jésus-Christ (3 vol., 1922).

L'abbé Fillion mourut à Issy le 12 octobre 1927.

Source: Roman d'Amat. Dictionnaire de biographie française. Paris: Letouzey et Ané, 1975. vol. 13, pp. 1354-1355.



Jean-Marie Fillon,
entre la terre et la politique

Fils d'un agriculteur, né à Chassagny (Rhône) le 23 mai 1874, Jean-Marie Fillon  fréquenta l'école primaire de son village puis l'école primaire supérieure de Givors avant de revenir d'adonner à l'agriculture auprès de ses parents. Attiré par la politique, inscrit très tôt au parti radical-socialiste, il se fit élire conseiller municipal et maire de Chassagny dès 1904 (et ce, jusqu'en 1929) puis conseiller d'arrondissement (1913). Après la Première guerre mondiale, qu'il fit sur le front pour partie tout au moins, il devint conseiller général pour le canton de Givors (1923-1928) et, enfin, député du Rhône, sur la liste Herriot,  le 11 mai 1924.

Fillon siégea avec les radicaux-socialistes mais ne fut pas réélu lors de l'élection du 29 avril 1928. Revenu à la Chambre le 8 mai 1932, il ne se représenta pas lors des élections de 1936. Jean-Marie Fillon a été membre de la Commission des mines et des forces motrices (1924), de celle de l'agriculture (1927) ainsi que de la Commission d'assurance et de prévoyance sociale (1932). Il s'est occupé des questions agricoles, a été président du Comité des céréales, vice-président de la Chambre d'agriculture, président de la Coopérative agricole d'approvisionnement, de sociétés d'assurance, etc. Il décéda le 6 septembre 1957.

Source: Roman d'Amat. Dictionnaire de biographie française. Paris: Letouzey et Ané, 1975. vol. 13, p. 1360.


Mgr Artus Fillon,
homme d'Église

Fils de Jehan, écuyer, seigneur de La Barre, Artus Fillon  naquit en 1468 à Verneuil-sur-Avre (Eure). Boursier au collège d'Harcourt, docteur en théologie du collège de Navarre (1503), curé de la Chapelle-Fortin, au diocèse de Chartres, puis chanoine d'Évreux et prieur de l'Hôtel-Dieu (1505), il devint vicaire général de l'archevêque de Rouen (1506). C'est à ce moment qu'il rédigea le Speculum curatorum…, où il résuma, à l'usage des curés, la doctrine de l'Église sur le devoir des pasteurs, la confession, la prédication, etc.

Nommé curé de Saint-Maclou (à Rouen, 1506), chanoine de Rouen (1507), on dit qu'il fut un excellent prédicateur. De 1507 à 1522, il représenta le clergé aux États de Normandie et prit sa tâche très au sérieux. Il fut plusieurs fois envoyé au roi François 1er qui, dit-on, appréciait ses interventions. À Rouen même, la paroisse-cathédrale et Saint-Maclou bénéficièrent de ses activités: il favorisa diverses fondations religieuses, provoqua des dons en argent ou en nature (livres liturgiques, chapes, bijoux, etc.).
Le 25 septembre 1522, Artus Fillon était, à la sollicitation de François 1er, élu par le chapitre évêque de Senlis. Là, il fit montre d'un grand dévouement. On lui doit la fondation d'un collège, la visite des maisons ecclésiastiques, un règlement pour les religieuses de l'Hôtel-Dieu de Senlis. Il fit imprimer un bréviaire (1521), un Missel (1524) et un Manuel (1526) ainsi que de nouveaux statuts synodaux (1526). Sentant sa fin prochaine, l'évêque fit son testament le 19 août 1526 et mourut le 27. Il fut inhumé en sa cathédrale devant le maître-autel, sous une simple dalle sans inscription, mais une plaque de cuivre attachée à un pilier rappela ses mérites.

Outre le Speculum curatorum…, déjà mentionné, il a laissé un Tractatus de sacramenta penitentie (Traité du sacrement de pénitence), publié à la suite du Manuale diocesis Silvanectensis (Manuel du diocèse de Senlis), en 1526.

Source: Roman d'Amat. Dictionnaire de biographie française. Paris: Letouzey et Ané, 1975. vol. 13, p. 1358.



Nicolas-François Fillion de Villemur,
le noble
Fillion de villemur (Nicolas-François): secrétaire du roi en la chancellerie de Toulouse, greffier de la cour de Toulouse, fermier général, et receveur des finances de la généralité de Paris. Fut reçu le 3 janvier 1737 au lieu de feu Pierre d'Incourt d'Olangard, et mourut remplacé, le 14 janvier 1750, par Antoine de Flandres.

Né à Lagny, au diocèse de Meaux (Seine-et-Marne), le 6 mars 1682, Nicolas-François Fillion de Villemur était le fils de Nicolas-François Fillion, bailly de Langy et de Marie (nom de famille inconnu). Il était le filleul de Pierre Imbart, chirurgien, et d'Anne Vignon, épouse de M. Vernois. Fillion de Villemur est fermier général depuis 1720, greffier depuis 1724, receveur général depuis 3 ans (sic!). Son père, mort secrétaire du roi, lieutenant général du Duché-pairie de Reims, bailly mayeur de Saint-Remy, était maire et subdélégué de l'Intendant de Langy. Son fils aîné est receveur général de Rouen depuis 3 ans (sic!) et sa fille s'est mariée au comte d'Heudetot, colonel du régiment d'Artois, et remariée au comte de Saint-Severin d'Aragon.

Fillion de Villemur épousa Louise-Françoise Ménage dont il eut trois enfants:


Les armoiries de la famille Fillion (on écrivait aussi Fillon!) de Villemur se lisaient ainsi: «De gueules à la fasce d'or, accompagnée de trois billettes du même.» Traduction: le fond de l'écu est rouge tandis que la bande centrale et les rectangles sont dorés.

Source: Annuaire de la Noblesse de France, 1910 (68e année)


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