HISTOIRE  DE  LA ROCHELLE 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

DÉPART DE FRANCE : 
 

 La Rochelle a été pendant de longues années, la plaque tournante du commerce entre la Nouvelle-France et la Métropole. Ce port a vu partir un très grand nombre de colons en route pour l'Amérique à bord de navires chargés de denrées et d'objets dont ils devaient s'approvisionner en mettant pied à terre, au Québec. 
                             

En attendant l'embarquement à La Rochelle, au XVIIe et XVIIIe siècle, hommes, femmes et enfants passent le temps comme ils le peuvent. Le départ se fera si les vents le permettent et si le capitaine juge le vaisseau suffisamment chargé. Pour certains, les retards prolongés sur plusieurs semaines, s'avèrent catastrophiques. On s'endette pour vivre dans de pauvres hôtels après avoir dépensé son argent ou placé en gages son maigre avoir.  
 

La ville qui peut se vanter d'avoir envoyé au Canada le plus de colons est, sans contredit, La Rochelle. Il est vrai qu'on y venait de toutes les parties de la France pour s'embarquer à destination de l'Amérique. Un chercheur a relevé les noms de 600 personnes, originaires pour la plupart, de La Rochelle ou des environs. 
 

Lorsque l'on avait décidé de partir pour le Nouveau-Monde, il arrivait parfois que l'on soit obligé de vendre ses biens, de les céder ou de les mettre en métayage. Certains partaient avec femme et enfants; d'autres, la majorité, quittaient seul et, une fois bien installé, faisaient venir leur famille. Quelques-uns oubliaient même de le faire et se remariaient en Nouvelle-France. D'où des accusations de bigamie. 
 

La décision prise, il fallait donc se rendre au port d'embarquement, très souvent celui de La Rochelle. Les départs pour la Nouvelle-France s'effectuaient normalement de la mi-mai à la fin du mois d'août. 
 

À la veille du départ pour le Nouveau-Monde, l'activité est grande dans les villes portuaires. Une traversée qui pouvait durer plus de trois mois suppose bien des précautions et des préparatifs. 

                 
Marchands, passagers, membres d'équipage, tous s'affairent. Il y a les inquiets qui sont là, plusieurs jours avant la date fixée pour le départ, et il y a aussi ceux qui arriveront à la dernière minute, retardés par divers accidents routiers. 

                                                                           
Plusieurs immigrants reçoivent une avance de salaire, mais quelques-uns  dépensent une partie de cette somme à boire et à manger, avant même le départ. L'auberge La Tête noire de La Rochelle est reconnue pour sa bonne table et ses bons vins. " Le banquet, c'est sacré, on mange, on boit, on chante  avec une certaine tenue, car il y a des dames et des nobles." Malheureusement, il s'est trouvé plus d'une fois que les engagés, adonnés à la fainéantise, ont dilapidé leur avoir dans les auberges de la ville. 
 

Comme la traversée comporte de multiples dangers, certains, après avoir fait bonne chère, vont se mettre en règle avec Dieu et, avant de monter sur le navire,  cherchent à se confesser. 
 

Vers 1670, on construit, dans la région de La Rochelle, de petits navires rapides qui servent surtout d'éclaireurs et que l'on appelle frégates. Leur longueur totale atteignait souvent trente mètres et la largeur, huit mètres. L'équipage de ces navires dépassait rarement trente matelots. Pour assurer leur défense, les vaisseaux disposaient d'une quinzaine de pièces de canon. 
 

Même si tout le monde est maintenant à bord, il se peut que le navire ne puisse lever l'ancre aussitôt. Il doit attendre un vent favorable. On l'attend parfois pendant plusieurs jours. 


 

POURQUOI tous ces gens décident-ils de quitter la France? 
 

Le portrait que l'on traçait parfois du Nouveau-Monde était si beau que la tentation de partir devenait de plus en plus forte. On parle d'un climat de liberté, de chasse et de pêche extraordinaires, de forêts immenses, mais également, des moeurs cruelles de ceux qui vivaient là avant l'arrivée des Français. 
 

Mais à ce moment la France est agitée par une série de soulèvements populaires visant à protester contre l'absolutisme de l'autorité royale. Ce mouvement fut baptisé du nom de "Fronde".  
                                                                        

Plusieurs régions de France furent dévastées au cours des engagements. Aussi à cette époque troublée, les finances sont dans un état précaire, car les impôts très souvent ne sont pas payés. Représentants de l'autorité royale et seigneurs font alors saisir les biens des paysans. 
 

Les soulèvements populaires, aussi bien dans les campagnes que dans les villes, ajoutent à la confusion générale. Cet état de guerre quasi continuel engendre des épidémies qui déciment la population.  
 

Une France meurtrie est marquée par de nombreuses guerres avec l'Angleterre, l'Espagne, les Pays-Bas, et d'autres. Les affrontements entre catholiques et protestants sont d'une rare violence au début du siècle. En 1627, Richelieu commence le siège de la ville de La Rochelle, considérée comme un des châteaux forts du protestantisme. La ville résiste pendant plus d'une année et doit capituler après que quinze mille de ses vingt mille habitants eurent trouvé la mort. 
 

Les premiers défricheurs venus prendre racine en Nouvelle France étaient souvent originaires des villes. Ils y exerçaient les métiers de forgerons, de tonneliers, de charpentiers, de chirurgiens, de barbiers ou de taillandiers. Pour la plupart d'entre eux, pas de choix possible. Pour survivre ici, il faut défricher des arpents et des arpents de terre, courir les bois et, occasionnellement, poursuivre l'exercice du métier d'origine. 
 
 
 


LA ROCHELLE

 
 La Rochelle, département Charente Maritime, 95,300 habitants, ancienne capitale de l'Aunis, évêché, port de pêche et de commerce, est située sur une anse de l'Océan Atlantique. 
 

Du XIVième au XVIIIième siècle, La Rochelle fut une des grandes cités maritimes de la France et ses marins furent les premiers à profiter de la découverte du Nouveau Monde. C'est dans ce port que s'embarquèrent les fondateurs de Montréal et un grand nombre des premiers colons du Canada. 
 

Au XVI ième siècle, la ville devint un des boulevards de la Réforme. L'armée royale assiégea vainement la place durant plus de six mois, en 1573, et les calvinistes obtinrent le libre exercice de leur culte. Mais sous Louis XIII, les Rochelais se révoltèrent de nouveau et firent cause commune avec l'Angleterre (1627). C'est alors que se place le mémorable siège de La Rochelle (1628) que conduisirent Louis XIII et Richelieu. Après une héroïque résistance de 15 mois, soutenue par l'indomptable énergie du maire Guiton, la ville, étroitement bloquée par terre et par mer, dut capituler le 28 octobre 1629. 
 

 Dès lors La Rochelle porta tous ses efforts vers la colonisation et son commerce prit un essor extraordinaire, mais il fut ruiné par la perte du Canada (1763) et par le Blocus Continental, sous l'Empire. Ses corsaires menèrent alors une rude guerre contre les Anglais. 
 

Pendant la guerre 1939-1945, les agglomérations de la Pallice et de Laleu ont subi de graves dévastations du fait des bombardements, et les Allemands se maintinrent dans la "poche" de La Rochelle jusqu'au 8 mai 1945. 
 

Le port et la plage, centre de La Rochelle pour les touristes, est formé par le quai Duperré et la cour des Dames qui bordent le Vieux Port, réservé aux bateaux de pêche, et dont l'entrée est encadrée par les tours de la Chaîne et Saint-Nicolas.  L'ensemble compose un tableau incomparable. A la jonction du quai Duperré et de la cour des Dames, la porte de la grosse Horloge, du XIII ième siècle, avec couronnement et décoration du XVIII ième siècle, sert d'entrée à la ville. En face, on retrouve la statue de l'amiral Duperré (1775-1846). 
 

L'entrée du Vieux Port est encadrée par deux tours du XIV ième siècle;  à droite. la tour de la Chaîne, bâtie vers 1375, ainsi nommée  à cause de la chaîne que l'on  scellait pour fermer le port durant la nuit; à gauche, la tour Saint-Nicolas, bâtie entre 1350 et 1384, qui constituait à elle seule une puissante forteresse; l'ouvrage a la forme d'un pentagone dont quatre angles sont flanqués de tours engagées et le cinquième d'un donjon carré. 
 

Franchissant la porte des Dames, au pied de la tour de la Chaîne, on trouve à droite, un escalier montant à la rue Sur les Murs, établie sur un fragment des remparts du Moyen-âge. Elle aboutit à la tour de la Lanterne (1445-1468), magnifique donjon cylindrique surmonté d'une haute flèche octogonale et flanqué d'une tourelle d'escalier portant une lanterne qui servait autrefois de phare. 
De la tour de la Lanterne, en continuant de suivre le pied du rempart, puis en franchissant l'enceinte fortifiée de Vauban par la porte des Deux Moulins, on arrive à la plage de la Concurrence, peu étendue, mais encadrée de belles promenades ombragées. 
 

L'hôtel de ville, le monument le plus remarquable de La Rochelle, a été construit pour une part sous François Ier, vers 1544, et pour l'autre sous Henri VI, entre 1595 et 1607. Il est précédé d'un mur d'enceinte du XVième siècle, à créneaux et mâchicoulis, qui relie deux petits beffrois. Dans la cour, la façade est une oeuvre somptueuse, très caractéristique de la Renaissance saintongeaise, avec une originale galerie ouverte au rez de chaussée. Elle est flanquée à gauche d'un pavillon du temps de Henri II. L'intérieur renferme d'intéressants souvenirs historiques. 

 

 
 
 

 
 
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