HISTOIRE DE

            ST- SAUVEUR DE NUAILLÉ           
 

 
 
 



 
 

 AUJOURD'HUI  SAINT  SAUVEUR  D'AUNIS 



 

VIEILLE ÉGLISE ROMANE DE SAINT-SAUVEUR D'AUNIS


 


     
        Le pays a été mêlé à presque tous les événements de notre Histoire. Les légions de CÉSAR y dressèrent certainement leur camp. Quelques années avant l'an 1 000, le Comte Guillaume Bras de Fer qui guerroyait dans nos régions fit don à l'abbaye de Nuaillé en Poitou des riches terres bordant les rives du Curé.

     Les moines de Nuaillé y firent alors édifier le puissant prieuré de Saint Sauveur.

     L'Aunis fut l'enjeu des luttes franco-anglaises au XIV et XV siècle. Au XVI siècle, les guerres de religion ensanglantèrent notre contrée. L'Aunis connut la célébrité avec La Rochelle au XVII siècle...

     La Révolution . . . L'Empire . . .

     La grande époque, pour le village de Saint Sauveur, se situe au XIX siècle; le pays était riche grâce au commerce des eaux de vie et des chevaux.

     Saint Sauveur comptait 1 500 habitants.

     Aujourd'hui Saint Sauveur demeure un bourg vivant et animé.  Les exploitations agricoles en plus petit nombre certes qu'autrefois se sont dotées de moyens modernes de production. L'artisanat et le commerce se sont adaptés aux exigences de l'économie de cette fin de XX siècle. Une importante usine de polystyrène expansé y est installée depuis plusieurs années.

     La structure de la population a été modifiée : nombreux sont ceux qui partent chaque jour travailler à l'extérieur de Saint Sauveur dans des entreprises de l'agglomération rochelaise.

     La commune de Saint Sauveur est en effet dans la mouvance de la grande Cité toute proche; elle doit s'organiser pour affronter les problèmes d'équipement, de conservation et d'amélioration du cadre de vie.


     QUAND  SAINT  SAUVEUR  S'APPELAIT  LIGOURE . . .

     L'acte de donation représente la première preuve écrite de l'ancienneté de Saint Sauveur d'Aunis. Parmi les biens concédés par le Comte de Poitiers à l'Abbaye de NOUAILLÉ, figurent, "dans le domaine appelé LIGOURE, avec l'église érigée en l'honneur du Sauveur Jésus Christ, les terres, les prés, les bois et la forêt appelée CORNETO". Grâce à ce document, on sait qu'au       X ième siècle, existait sur le territoire de notre commune une agglomération (d'origine gallo-romaine ou carolingienne) rassemblée autour d'une église. Une grande partie du terroir était encore boisé, et la forêt de CORNETO (dont il reste sans doute quelques lambeaux sur les champs qui nous entourent) appartenait à la grande forêt d'ARGENSON réduite de nos jours à la forêt de BENON.  Comme tout le pays d'Aunis, LIGOURE appartenait à GUILLAUME fier à bras, Comte de Poitiers et DUC D'Aquitaine, un de ces puissants seigneurs qui, devant l'affaiblissement du pouvoir royal, se conduisaient comme de véritables souverains locaux.
 
 

                         
 


 

LA  DONATION  DE  LIGOURE  A L'ABBAYE  DE  NOUAILLÉ

     A la fin du X ième siècle, et à l'approche de l'an Mille, nos ancêtres vivent dans la peur. Ils craignent, sinon la fin du monde, du moins de grandes calamités accompagnant les tentatives de Satan pour reconquérir la Terre d'où le Christ l'a chassé mille ans plus tôt. Les guerres, les famines, les épidémies (normales dans une économie primitive où l'homme se bat contre une nature hostile) entretiennent présente l'image de la mort, et sont interprétées comme la preuve du dérèglement général de l'univers et des progrès des forces du mal sur la Terre.  L'insécurité matérielle suscite l'insécurité au centre de la conscience collective. Chacun songe à sa mort, au jugement dernier, à son salut éternel.

     Le puissant Comte de POITIERS n'échappe pas à la règle ainsi qu'en témoigne le document qu'il fait rédiger en l'an 979, et qui est actuellement déposé aux Archives Départementales de la VIENNE.


Acte de donation du village de Ligoure 
(nom primitif de Saint?Sauveur)
à l'Abbaye de Nuaillé en Poitou, par 
Guillaume, Comte du Poitou, Duc d'Aquitaine 
en janvier 979
___________ 

Des calamités de plus en plus fréquentes nous apportent dès maintenant la preuve certaine de la fin prochaine du monde. Or, à notre époque, tout homme s'abandonne à sa fantaisie, alors qu'il lui conviendrait de disposer de ses biens de façon à mériter  plus tard la vie éternelle.  Et c'est ainsi que moi, Guillaume, au nom de Dieu, Comte de la Cité de POITIERS et duc d'AQUITAINE j'ai conclu de mes réflexions sur la crainte de Dieu et sur la rétribution éternelle, qu'aux justes est attribuée la récompense, aux méchants la damnation et surtout que ceux-là reçoivent la vie éternelle qui font bon usage de leurs biens personnels.  Et je souhaite du fond du coeur que la miséricorde du Seigneur, au dernier jour du grand jugement daigne m'accorder son pardon. 

C'est pourquoi (je donne) mon alleu seigneurial situé dans le pays d'Aunis, dans le village appelé LIGOURE, avec l'église érigée en l'honneur du Sauveur, Jésus Christ, notre Seigneur, les terres, les prés, les bois et la forêt appelée Corneto; et je donne ailleurs, dans le village appelé RIOUX, l'église consacrée à Sainte Marie, Mère de Dieu, Vierge, et deux moulins dans ce même village, et dans un autre lieu dans le village de VOUHE, deux moulins. 

Et l'alleu est ainsi circonscrit : de face et sur un côté par le domaine de BURCLACO jusqu'à la route du roi, puis par cette route du roi le long des "planches" appelées Alerias jusqu'aux marais nommés BOUHET et le village de RIOUX avec la forêt, et ainsi se trouve divisée la terre de Dothoealdo jusqu'au lieu appelé Aedorus.  Sur un troisième côté, il est limité à travers les marais jusqu'aux maisons Raynaldo. 

Tous ces biens susnommés, je les accorde et les donne irrévocablement à la fois pour le salut de mon âme et celui de mon père et  de ma mère à la congrégation du monastère de la Sainte Mère de Dieu, Marie, toujours vierge, construit en l'honneur du bienheureux Hylaire et de Saint-Junien, confesseurs du Christ, et que dirige on le sait, le seigneur Foulques, abbé, sous le gouvernement duquel les moines apprennent à servir Dieu. Et par cette lettre de cession, je vous délègue mon autorité afin que vous ayez tout pouvoir sur ces biens sans que personne y puisse trouver à redire. 

Et celà, il nous a plus, à moi, à mon fils Guillaume ainsi qu'à mon épouse, dame Emma, de l'indiquer de façon que si quelqu'un cherchait à annuler cette donation par quelque calomnie, s'il ne n'en corrige pas et continue d'être de mauvaise foi, qu'il subisse en premier lieu la colère du Dieu tout puissant, et qu'il soit éloigné de la Bienheureuse Vierge Marie et de Saint Pierre, Chef des Apôtres et de tous les Apôtres de Saint Étienne et du Choeur des Martyrs et aussi des bienheureux Confesseurs Hilaire pontife et Junien, notre vénérable seigneur, qu'il soit écarté de tous les Saints de Dieu et de la Communauté des Anges, qu'il soit précipité dans le feu de la Géhenne, et reste longtemps crucifié dans les flammes avec Dathan Chore et Abiron que la terre à angloutis vivants. Pour finir que le démon garda son âme dans les prisons de l'enfer en compagnie des esprits immondes et qu'il demeure sans fin avec eux dans les ténèbres et l'ombre de la mort. 

Puisse cette cession par lettre, Dieu aidant, durer à tout jamais avec les précisions qu'elle comporte. 

Au bas du document sont apposées les signatures des donateurs, des destinataires et des témoins : 

GUILLAUME, Comte, son fils GUILLAUME et son épouse EMMA, qui ont fait cette donation : KADELON, vicomte d'AULNAY 
MEDERIC, vicomte de CHATELLERAULT, AIMERI, vicomte de THOUARS, GISLEBERT, Abbé; KADELON et RADULFE, vicaires 
BOSON fils d'ADRALD, vicomte, SIMON, GÉRALD, INGELBALD, ADRALD, ACCARD, INGELIN, UCBERT, AUCHER, HUGUES, GAUZLIN, GAUTIER 
BERNEFRED, THIBAUD, FOULQUES, RODERIC, FOULQUES, GUILLAUME, FROTIER, MAYNARD, vicomte, GOMBAUD son fils, LAMBERT, prévot, 
ARMAND, ARCHAIMBAUD, prévot, GILBERT, prévot, ADABRAD, GERARD, prévot, ABIATE, vicaire, RAYNAUD, doyen de ST-HILAIRE, BENOIT 
ARMAND, GAUZBERT 
 

Puis figure la mention suivante : 
 

Donné au mois de Janvier, la seconde année du Roi ROBERT.   THIBAUD, moine, a écrit 

 extrait :  de "Si Saint  Sauveur d'Aunis M'Était Conté"
 
 


 
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