ANCÊTRES DES GIASSON 

 
 
 

 

 
        

      Deux des fils de Guyon Denis Chiasson, Gabriel et Sébastien, restèrent à Beaubassin et y firent souche; deux autres, Jean et Michel, émigrèrent dans le Québec, attirés, on peut le croire, par leur soeur Françoise mariée à Pierre Morin, le fils dont nous avons raconté la tragique odyssée (1688) dans le 1er volume de nos Mémoires (p.101 ss.) 
 
 

Commentaire : Ici il serait important d'introduire en partie les textes concernant "Les Morin d'Acadie". Ces derniers ont tous connu le bannissement et la confiscation de leurs propriétés. Cette famille "Morin" était apparentée au tier de la population de Beaubassin. C'est l'histoire de l'un des fils de Pierre Morin, Louis Morin .  Il était aussi le frère de Pierre Morin,  époux de Françoise Chiasson, fille de Guyon Denis Chiasson. 

Ces textes sont très importants car ils donnent les réponses à au moins deux questions : 


 La première question : Pourquoi les deux fils de Guyon-Denis Chiasson, Jean et Michel ont-ils quitté au printemps 1668 l'Acadie pour le Québec ? 

 -  à la toute fin du texte on écrit: La déchéance momentanée de cette localité est due, en majeure partie, au départ de Pierre Morin père et de ses proches: Pierre Morin, fils, Jacques Cochu et René Deneau, ses gendres, Pierre Mercier, son beau-frère, Pierre Gaudin et Pierre Pellerin, ses neveux, Jean Chiasson et Michel Chiasson, beaux-frères de Pierre Morin fils, etc. 


La deuxième question :  Pourquoi Jean et Michel dans leurs contrats de mariage se disent-ils de Denis Giasson et de Marie Béliveau et que Jean sachant lire et écrire signe-t-il son nom  
"Giasson" ? 

- Quand on dit que Jean et Michel cherchaient peut-être à camoufler leurs origines, à la lecture de l'histoire des Morin, il est fort probable que cette raison soit la bonne. 
 

 Comment expliquer que lorsque Jean Chiasson, fils de Guyon Denis Chiasson, se maria à Bastiscan, le 12 novembre 1697, avec Marie-Anne Lemoyne, il se soit identifié comme "fils de Denis Giasson et de Marie Béliveau, de Notre-Dame de Port-Royal ?  Il faut admettre tout d'abord, que ces données sont fort inexactes et l'on serait en droit de se demander si le marié ne cherchait pas à camoufler ses origines.  Quoi qu'il en soit, Jeanne Bernard, femme Chiasson, avait perdu son père encore au berceau et, ayant été élevée par Antoine Béliveau, elle a pu être connue aussi bien sous le nom de Béliveau que sous celui de Bernard. 
 

Andrée Guion, mère de Jeanne Bernard s'étant mariée en secondes noces à Antoine Béliveau, vers 1651, à 35 ou 36 ans, on pourrait se demander si elle n'a eu pour enfants, d'André  Bernard, que Jeanne et Marie mentionnées plus haut. Ce qui nous induit à croire qu'elle a eu des fils c'est non seulement la présence à Beaubassin en 1693 d'un René Bernard, mais l'existence vers 1760 d'une foule d'autochtones du même nom disséminés dans toute l'Acadie.  Citons : Joseph Bernard, époux de Marie Koaret, 1765 ; Pierre Bernard, époux de Marie, micmacs, 1766 ; Louis Bernard, époux d'Ursule Denis Bernard, 1769 ; André Bernard, époux d'Anne, micmacs, 1771 ; Noël Bernard, époux d'Antoinette, malécites, 1780 ; Noël Bernard, époux de Cécile Picard, algonquins, vers 1780, etc.  
 

S'il faut croire, avec Rameau de St-Père, que les alliances avec les Indiens témoignent en Acadie de l'ancienneté d'une famille, les Bernard doivent être comptés au nombre des pionniers de cette contrée. 


Acte de mariage de Françoise Chiasson fille de Guyon Denis Chiasson enregistré à Beaubassin, le 8 novembre 1682 : 
  
 Ce jour-là, dans la chapelle de Notre-Dame de Bon Secours de Beaubassin, Pierre Morin, fils de Pierre Morin dit Boucher et de Marie Martin, unissait sa destinée à Françoise Chiasson, fille de Guyon Denis Chiasson et de Jeanne Bernard. Si aucun document ne témoigne que Pierre Morin dit Boucher fût de Normandie, nous savons de diverses sources qu'il se maria à Port-Royal, vers 1661, sous l'occupation anglaise, et que son épouse, Marie Martin, était acadienne de naissance. Nous savons, en outre par les recensements et les actes de catholicité, que ce couple avait eu au moins 9 fils et 3 filles, dont deux, Pierre et Marie, étaient effectivement mariés et avaient chacun deux enfants. C'est donc bien cette famille "faisant trois habitants", comme s'exprime le Sr de Fronsac, qui, au printemps de 1688, vint s'abriter à l'ombre de sa maison et de son entrepôt, à quelques pas de la mission micmacque. 

  Au reste, s'il restait quelques doutes sur l'identité de ce groupe de 19 personnes avec la famille de Pierre Morin dit Boucher, deux textes les lèveront et nous apprendront en même temps pourquoi ces gens ont quitté Beaubassin.  Le premier est de M. de Menneval, le second de Mathieu Des Goutins, respectivement gouverneur et lieutenant général en Acadie. 

Commentaire : Jean et Michel, fils de Guyon Denis Chiasson, quoique ayant quitté Beaubassin, dans le même temps n'ont pas pris la même direction que les Morin et que leur soeur Françoise épouse de Pierre Morin le fils. 


J'ai été obligé, écrit le gouverneur au Ministre, de faire passer en France sur la Fripone, un jeune garçon nommé Louis Morin âgé de 26 ans, fils d'un habitant de Chignitou (Beaubassin).  Il eut mérité un châtiment plus rude pour les choses dont il était accusé.  Cette affaire regardait une famille considérable, qui s'est contentée de ce châtiment d'autant plus volontiers que n'y ayant point d'officiers de justice ici elle ne pouvait la poursuivre par les formes ordinaires, et le faire à Québec n'était pas possible.  Je crois que la Cour approuvera ma conduite, c'est de quoi faire un bon matelot en France où il pourra bien servir le Roy, et il était dangereux de le laisser au pays . 

Ces données plutôt vagues sont précisées dans un autre "Mémoire" émanant de Des Goutins: 

Le fils d'un habitant de Beaubassin nommé Louis Morin ayant fait un enfant à une demoiselle du dit lieu, Monsieur Trouvé, prêtre informé contre lui entendit les témoins, conclut contre le dit Morin et le fit emprisonner et, quoi qu'il y eut des officiers du Roy, obtint de Mr de Meneval que les pères, mères et soeurs seraient bannis de Beaubassin et colonie même les gendres par ce qu'il y en avait un qui avait parlé du dit sieur Trouvé et de la demoiselle.  Les biens de ces familles ont été confisqués au profit du père de la demoiselle sans aucune formalité de justice tellement que la colonie a perdu dix neuf personnes qui sont comprises dans ce bannissement ce qui rendit le sieur Trouvé tellement odieux aux habitants de Beaubassin qu'ils l'obligèrent d'abandonner la cure.  Il voulut se retirer aux mines mais les habitants ne le voulurent pas recevoir, cette affaire a causé quantité de désordre, ces dix-neuf personnes étant apparentées au tiers de la colonie et il fut obligé de venir au Port-Royal, ou l'autorité de Monsieur de Menneval étouffa toutes les plaintes contre le sieur Trouvé . 

La légèreté des moeurs de notre temps ne verra là, sans doute, qu'un banal fait divers; mais il dut en être tout autrement dans la vingtaine de familles qui composaient alors la bourgade de Beaubassin. 


Comme nous avons trouvé la famille Morin installée à la baie des Chaleurs dès le printemps de 1688, c'est vraisemblablement durant l'hiver précédent qu'éclata à Beaubassin le scandale dont les rapports de Menneval et de Des Goutins nous livrent les échos. 

Les Morin étaient considérés entre tous. Lorsque M. de Meule, intendant de la Nouvelle-France, avait fait sa tournée en Acadie, il avait voulu honorer Pierre Morin, père, en tenant sur les fonds baptismaux le dernier de ses fils, à qui il imposa son propre prénom: Jacques (reg. de Beaubassin, 2 mars 1686). Des Goutins n'exagère rien quand il estime à un tiers de la population de Beaubassin le groupe des Morin et de leurs alliés: les Mercier, les Pellerin, les Chiasson-Lavallée et les Cochu. Ils formaient, en effet, un effectif de 44 personnes sur 129, à l'époque du recensement de 1686. C'était, au surplus, des cultivateurs à l'aise.  Le même recensement inscrit à Pierre Morin, père, 15 bêtes à cornes, 8 moutons, 12 cochons et 30 arpents en valeur . 

Commentaire : 
                      Pierre Morin, fils, époux de Françoise Chiasson possédait, après 4 ans de mariage 14 bêtes à cornes, 6 moutons, 8 cochons et six arpents en valeur.  

Pour ce qui est de Guyon Denis Chiasson il possédait à cette époque, 20 bêtes à cornes, 12 moutons, 15 cochons et 2 fusils, une terre de 40 arpents en valeur, c'est à dire en culture. 
 
 



 

 En 1867, trois des 12 enfants connus de Pierre Morin, père, étaient établis; Pierre,  cité  plus  haut  avec  Françoise  Chiasson,  fille  de Guyon Denis Chiasson,  Marie, qui avait épousé Pierre Cochu, et Anne, récemment mariée à René Deneau. Louis se trouvait l'aîné de ceux qui étaient demeurés au foyer et, à ce titre, peut-être s'était-il octroyé un peu trop d'indépendance. Affable dans ses relations, il avait fait le long voyage de Beaubassin à  Québec pour assister au second mariage de Guyon Denis Chiasson avec Marie-Madeleine Martin, le beau-père de Pierre Morin, son aîné. Le fait que M. de Menneval le recommande au roi comme "bon matelot" le classe dans une profession fort goûtée à Beaubassin et dans la famille Morin en particulier.  Cochu était navigateur et un frère cadet de Louis, Jacques-François Morin, se signalera plus tard comme commandant du corsaire Le Trompeur. Au surplus, rien ne donne à penser que Louis Morin fût un vaurien. De Menneval ne craint pas d'avancer, au contraire, qu'il pourra "bien servir le roi". 
 

Les deux "Mémoires" qui nous renseignent sur l'identité de Louis Morin gardent un silence respectueux sur le nom de sa complice. Certes, la famille qui "s'est contentée" de l'exil à l'étranger pour le coupable et -- ce que de Menneval tait avec soin, -- du bannissement du père, du frère et des deux beaux-frères, après s'être adjugé leurs biens, était assurément une famille "considérable". De considérable à Beaubassin il n'y avait d'autre que la famille de Michel Le Neuf. Le terme "demoiselle" réservée, à l'époque, à la noblesse, confirme notre conclusion. Des quatre filles du seigneur de Beaubassin, une seule, Marie-Joseph, baptisée aux Trois-Rivières le 19 avril 1671, était d'âge à avoir des aventures. Elle paraît avoir été très intime avec la famille de Pierre Morin, père. Elle figure comme marraine des deux benjamins, de Simon-Joseph, le 8 janvier 1685, en compagnie de Simon-Pierre Denys de Bonaventure, puis de Jacques, le 2 mars 1686, avec l'intendant de Meule. Personne ne doutera de l'esprit entreprenant de cette demoiselle qui, à 18 ans, le 23 avril 1689, un an à peine après sa tragique idylle, se faisait concéder par Denonville et Bochard de Champigny, la rivière Chicabenacady, dans la baie des Mines, "pour y faire des établissements et y traiter avec les sauvages . 
 

Des circonstances malheureuses expliquent, si elles ne l'excusent pas, le pénible incident que nous avons rapporté. Marie-Joseph Le Neuf n'était qu'adolescente lorsqu'elle perdit sa mère. Celle-ci, du reste, fille de Nicolas Denys, élevée dans les bois de l'Acadie, eût-elle pu exercer sur sa fille une tutelle suffisante?  De plus, en cette année fatidique de 1687, le père était à La Rochelle à nouer un nouvel hymen:  il s'y marie le 1er juin, à Saint-Barthélémi. Point de sauvegarde morale non plus. Le Père Claude Moireau, le desservant de Beaubassin, a été rappelé à Québec, en mai 1686 . 

  

En vertu de quel droit l'abbé Trouvé s'institua-t-il juge en matière criminelle?  Nous n'en voyons aucun, et plus d'un sera porté à blâmer le zèle intempestif de ce sulpicien .  M. de Menneval, qui prend sur lui seul la sentence d'exil, affirme qu'il n'y avait pas en Acadie d'officiers de justice, tandis que Des Goutins soutient le contraire.  A la vérité, il existait à Port-Royal un lieutenant général habile à porter des jugements en matière civile et criminelle.  Mais, à tort ou à raison, l'habitude s'était prise de porter les causes à Québec, et, ce qui compliquait encore la situation, Michel Boudrot, octogénaire avancé, avait été remplacé à la lieutenance par Mathieu Des Goutins, qui ne pouvait exercer ses fonctions qu'après avoir été confirmé dans son office par le Conseil Souverain, ce qui n'eut lieu que le 29 novembre 1688 . 


 

Il ne sera pas sans intérêt de prendre connaissance des peines qu'édictait le droit du temps contre le délit qui nous occupe. 
 
 

" En France, on prononce contre ceux qui corrompent les vierges une peine arbitraire et proportionnée aux circonstances qui l'ont accompagnée." 
"Si la fille s'est abandonnée volontairement à son corrupteur et que son commerce ait été suivi de grossesse, on ne prononce contre l'auteur de la grossesse qu'une condamnation de dommages et intérêts, qui sont plus ou moins considérables, suivant la qualité et la fortune des parties. On condamne, en outre, celui qui a fait l'enfant à s'en charger, à le faire nourrir et élever dans la religion catholique..." 

Prison, confiscation, bannissement: tout cela outrepassait d'une manière flagrante la législation de l'époque.  Pierre d'Iberville, convaincu en 1686 de viol et de séduction à l'endroit de Jeanne-Geneviève de Bellestre, s'en tira avec la seule obligation d'entretenir l'enfant de ses oeuvres jusqu'à l'âge de 15 ans, tandis que la demoiselle entrait comme "pensionnaire à vie" à l'Hôtel-Dieu de Montréal . 

Nul doute que la famille Morin s'en fût tirée à meilleur compte si la cause du fils avait été instruite à Québec, et la chose se pouvait quoi qu'en dît de Menneval: c'était même là une pratique courante en Acadie .  Mais les Morin, pas plus que les Le Neuf, sans doute, ne tenaient à aller étaler leurs misères dans la capitale. 


Courageusement, tandis que son fils s'enfonçait dans les brumes de l'océan pour ne plus reparaître, le vieux Pierre Morin, aidé de ses autres enfants, tentait de se créer un nouvel établissement. 

Frappé par un arrêt cruel autant qu'injuste, il vit surgir de tous côtés des sympathies et des offres de secours.  Elles vinrent du propre beau-frère de Michel Le Neuf, Richard Denys qui, pour réparer les torts de sa famille, installa les bannis à Ristigouche, dans la baie des Chaleurs, auprès de sa propre demeure .  


A Québec, où la famille Morin a dû se réfugier après la mort de son chef Pierre Morin père, décédé en 1690  et de son bienfaiteur, Richard Denys décédé en 1691 , lorsque naît un fils à Pierre Morin le Jeune et à Françoise Chiasson, l'enfant a pour parrain et marraine: Denis-Riverin, conseiller au Conseil Supérieur, et Louise Douaire de Bondy, femme du Sr Pineau, marchand bourgeois de Québec.  Puis ce sont les concessions de fiefs et de seigneuries: à Mathieu Martin, beau-frère de Pierre Morin, père, dès le 28 mars 1689; à René Deneau, son gendre (1696); à Jacques Cochu, autre de ses gendres (1697); à Marie Martin, sa veuve (1697); à Charles Morin, son fils (1707). 

En somme, si une ombre passagère a pu passer sur la famille Morin par défaillance d'un de ses membres, -- et quelle famille un peu nombreuse ne compte-t-elle pas "un mouton noir" ? -- reconnaissons que, par son courage, son savoir-faire, son honorabilité, elle a atteint un niveau social que bien des familles nobles eussent pu lui envier. 


Rameau remarque dans "Une colonie féodale" que la population de Beaubassin avait baissé au lieu de s'accroître, de 1686 à 1693, "parce que, opine-t-il, M. LeNeuf de La Vallière, ayant cessé d'habiter le pays, sa famille et ceux qui le suivirent au Canada y  laissèrent un vide de plus de 20 personnes". Le fait est que le seigneur de Beaubassin n'était pas dans les meilleurs termes avec ses censitaires  et que l'exécution de 1688 n'était pas de nature à hausser son prestige. C'est au reste, vers cette date, qu'il cessa d'habiter l'Acadie . Rares, toutefois furent ceux qui le suivirent. La déchéance momentanée de cette localité est due, en majeure partie, au départ de Pierre Morin et des ses proches: Pierre Morin fils, Jacques Cochu et René Deneau, ses gendres, Pierre Mercier, son beau-frère, Pierre Gaudin et Pierre Pellerin, ses neveux, Jean Chiasson et Michel Chiasson, beaux-frères de Pierre Morin fils. 
 


Une faute, à laquelle elles étaient étrangères, arracha ces familles à leur patrie; mais elle les sauva par là même du grand cataclysme qui, un demi-siècle plus tard, devait disséminer leurs frères acadiens sur toutes les côtes de l'Atlantique. 

Commentaire : 
                      Ici nous parlons du grand dérangement, de la déportation massive des Acadiens à Grand-Pré en 1755. Nous devons ajouter ici que l'embarquement dans plusieurs lieux d'Acadie et la déportation sur toutes les côtes Atlantique des États-Unis a eu une durée d'au moins  sept ans. 


 

Enfin comme conclusion du patronyme de notre famille: 

Il est certain que nos ancêtres en France et en Acadie portaient le nom Chiasson et encore aujourd'hui en France nous pouvons trouvé sur le minitel l'épellation Chiasson. Pour les raisons que nous venons d'évoquer ou pour une autre, Jean et Michel ont changé leur nom pour "Giasson" que la plupart de leurs descendants ont conservé. 

En étudiant de plus près les registres paroissiaux, en ce qui concernent les descendants de Guyon Denis qui firent souche en Acadie, ses fils Gabriel et Sébastien , nous remarquons que leurs déplacements étaient motivés par la chasse à l'homme que les anglais leurs livraient. Et que ce sont les petits enfants de Guyon Denis Chiasson qui connurent ces temps difficiles.  

Plusieurs des petits-fils de Guyon Denis connurent l'exil, les prisons et la déportation. La déportation massive des acadiens eut lieu en 1755, mais l'exil pour plusieurs avait commencé quelques années avant. Pour tenter d'échapper à l'ennemi, ils abandonnaient les terres où ils avaient vu le jour. Cette fuite a duré près de 15 ans pendant lesquelles nous avons de la difficulté à les suivre à cause du changement fréquent de lieu de résidence. 

Nous les trouvons un peu partout sur le territoire de l'ancienne Acadie: Chéticamp en Nouvelle-Écosse, à Rustico Ile-Du-Prince-Édouard, à Caraquet au Nouveau-Brunswick, à St-Pierre et Miquelon, nous les trouvons aussi au Québec, en autre aux Iles-De-La-Madeleine, en Gaspésie et sur les deux rives du Fleuve St-Laurent. Pour la plupart l'épellation de leur nom est restée Chiasson.  

Cependant nous trouvons dans plusieurs registres le nom écrit "Giasson" souvent dû au fait que certains de nos ancêtres étaient illettrés et que les prêtres, signant les actes de naissances, de mariages et de décès étaient d'origine anglaise ou irlandaise.  Ce qui explique que nous trouvons aujourd'hui dans les descendants de Gabriel Chiasson et de Sébastien Chiasson des familles dont le nom est "Giasson". 

Alors nous pouvons dire que les descendants de Gabriel et de Sébastien ont davantage peuplé les maritimes et l'aval du Fleuve St-Laurent au Québec, tandis que les descendants de Jean Giasson et de Michel Giasson l'amont du fleuve, Montmagny, Québec et Montréal. 
      

 
 
 

 
 
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