Willy Fautré, président de Droits de l’Homme sans Frontières, a rencontré Raël le 8 avril 2000 à Amsterdam et l’a interviewé à son hôtel :
 

DHSF : En France et en Belgique, votre mouvement figure sur une liste de sectes considérées comme dangereuses. Qu’en pensez-vous?

Raël : Le mot secte est péjoratif. En fait, il faudrait utiliser le terme minorité religieuse et nous sommes une nouvelle minorité religieuse. L’ONU dit aussi que le mot secte devrait être banni. Pourtant, à l'origine, ce mot était très beau. Le christianisme est une secte qui s’est séparée du judaïsme et en Inde, il y a énormément de sectes bouddhistes et hindouistes. Les sectes chantent la différence spirituelle. Je pense qu’il faudrait encourager les gens à entrer dans des sectes différentes et à défier la pensée monolithique où une seule religion est la bonne. L’opposé de la secte, c’est la religion d’Etat et tout le monde doit penser de la même façon. On devrait encourager la diversité mais ça n’arrange pas les pouvoirs politiques, religieux et économiques. C’est pourquoi on veut normaliser tout le monde. Les gens doivent penser, consommer et voter de façon uniforme. Si les sectes étaient dangereuses, il faudrait poursuivre leurs dirigeants mais laisser leurs membres en paix. Ainsi, la chanteuse Nayah, qui s’est présentée comme une ex-raëlienne au dernier concours de l’Eurovision en Israël où elle représentait la France, devrait être courtisée par tous ceux qui sont hostiles aux sectes. Or, c’est tout le contraire qui se passe. Elle a été membre d’une secte ; elle est maintenant considérée comme une pestiférée à vie.

DHSF : Vous avez récemment diffusé un communiqué dans lequel vous déclarez que Nayah avait décidé de quitter la France et de demander l’asile politique aux Etats-Unis. Pourquoi ce divorce après cette histoire d’amour entre les Français et leur idole?

Raël : Dès qu’il a été connu que Nayah était raëlienne, elle n’a cessé d’être harcelée et pressée de renier sa religion. Maintenant, on l’empêche d’exercer son métier : résiliation de contrat, matraquage dans la presse, etc. On lui reproche d’appartenir à une secte mais elle n’est que le sommet de l’iceberg. En tant qu’artiste, elle est plus visible que les autres mais il y a beaucoup de raëliens ordinaires qui vivent les mêmes problèmes. Leurs vies sont gâchées pour toujours, comme s’ils étaient des sidéens de la pensée. Quoi qu’ils fassent, ils sont marqués à vie. Je pourrais aussi vous citer l’exemple de Brigitte Boisselier, titulaire de plusieurs doctorats. Elle travaillait pour une grande compagnie qui s’appelle Air Liquide. Lors d’une interview au journal Le Monde, ses patrons ont découvert son appartenance au mouvement raëlien et elle a aussitôt été licenciée. Elle a perdu la garde de ses enfants à cause de ses convictions religieuses. Je pourrais aussi citer François Piton, ancien chef de service et chirurgien ophtalmologue à Roanne. Enfin, la liste est longue mais ces exemples ne sont que la pointe de l’iceberg. Aussi longtemps que la situation ne s’améliore pas en France, je leur recommande de partir et de demander l’asile politique pour raisons religieuses. Cela est très dommageable pour l’image de la France.

DHSF : Votre mouvement a-t-il été poursuivi en justice et condamné?

Raël : A ma connaissance, jamais. Par contre, nous avons engagé par mal de poursuites judiciaires contre des journalistes pour cause de diffamation et nous avons presque toujours gagné. En France, nous avons reçu le franc symbolique alors que nous avons dépensé des milliers de francs en frais d’avocats mais si cela s’était passé aux Etats-Unis, je serais multimillionnaire en dollars. Quand nous sommes poursuivis ou quand on mène des campagnes diffamatoires contre notre mouvement, il y a de grands articles dans les journaux. Et quand nous gagnons, on ne nous accorde que quelques lignes en avant-dernière page, dans le meilleur des cas. Ce qui reste alors dans l’esprit de l’opinion publique, c’est une image négative.

DHSF : Vous n’êtes pas sans savoir que dans un nombre croissant de pays, les nouveaux mouvements religieux sont sous surveillance de la police car les autorités craignent des suicides collectifs ou des massacres, comme tout récemment en Ouganda. Est-ce que certaines de vos doctrines encouragent à faire plus vite l’expérience du passage de cette vie dans un autre monde. Je pense notamment à l’enseignement de Heaven’s Gate, un groupe qualifié d’ufologique comme le vôtre. En d’autres termes, pourrait-on s’attendre un jour à voir un suicide collectif de raëliens?

Raël : Cela me surprendrait beaucoup. Ce serait contraire à notre religion et à notre philosophie fondée sur le plaisir, la joie de vivre, la sensualité et à notre espérance de la vie éternelle par la science. Le plaisir que nous recherchons n’est pas ailleurs et dans l’avenir mais ici et maintenant sur la terre. C’est pour cela que je suis favorable au clonage humain. Une vie éternelle pleine de plaisir est désormais envisageable avec cette technique. Nous, au contraire, nous aimons la vie. Je sais que cela arrangerait certains que nous nous suicidions car ainsi, nous disparaîtrions du paysage.

DHSF : L’inquiétude de certains est toutefois nourrie par quelque chose de plus concret : votre revue intitulée : Apocalypse.

Raël : Apocalypse doit être pris dans sa signification d’origine, c’est à dire révélation.
Pour nous, cela n’a rien à voir avec la fin du monde.

DHSF : Etes-vous prophète?

Raël : Je fais des prophéties sans arrêt mais il faut prendre le mot dans son sens grec d’origine, celui qui révèle. Un prophète est quelqu’un qui apporte un message sur ce qui va arriver ou sur ce qui est arrivé ou sur ce qui est en train d’arriver.

DHSF : Comment légitimez-vous ces vérités concernant le passé?

Raël : Elles s’appuient sur des traditions non seulement judéo-chrétiennes mais également sur celles des Incas, du shintoïsme, des religions africaines, qui ont des points communs entre elles et avec le message que les Elohim m’ont transmis.

DHSF : Vous dites respecter les prophètes d’autres religions mais dès que quelqu’un devient raëlien, il doit signer un acte d’apostasie. Cela semble assez contradictoire.
 
Raël : En fait, c’est renoncer au système mais pas renoncer à la croyance. Les raëliens ont un amour immense pour Jésus et pour son message. 90% de nos membres sont d’origine chrétienne mais ils restent chrétiens. Ce qui leur est demandé, c’est d’abandonner leur Eglise car toutes les Eglises ont trahi le message de Jésus-Christ.

DHSF : Certains détracteurs de votre mouvement déclarent, sur base de vos écrits, que vos doctrines encouragent les abus sexuels sur des enfants, la pédophilie, voire même l’inceste. Quelle est votre position face à ces accusations?

Raël : Ces citations sont sorties de leur contexte et on leur fait dire le contraire de ce que je dis. La technique n’est pas nouvelle. On a poursuivi les juifs en répandant la rumeur qu’ils encourageaient les sacrifices d’enfants. Tout cela en référence au sacrifice biblique d’Isaac par son père Abraham. En ce qui concerne les raëliens, le nombre de prêtres condamnés pour pédophilie est zéro alors que celui des catholiques se compte par milliers. Il est faux de dire que les raëliens encouragent la pédophilie. C’est faux mais c’est une rumeur. Par contre, ce que nous disons c’est que les jeunes ont droit à avoir une vie sexuelle. Cela fait partie du développement de l’être humain. Nous disons que la sexualité, c’est bon et nous n’avons pas de prêtres pédophiles. Quant à l’Eglise catholique, elle dit que la sexualité, c’est mauvais et elle a des milliers de prêtres pédophiles. Nous pensons que c’est normal pour les jeunes de se masturber quand ils découvrent leur sexualité car cela contribue au développement de leur personnalité, et tous les sexologues le confirment. Et là, on détourne notre propos pour dire que nous incitons à la pédophilie. C’est faux.

DHSF : Franchissez-vous un pas supplémentaire en disant que les enfants doivent se masturber?

Raël : Non, on ne peut pas forcer qui que ce soit. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas culpabiliser les enfants qui découvrent la masturbation. Nous ne voulons pas créer des êtres culpabilisés et bloqués par des tabous comme dans des familles catholiques traditionalistes.

DHSF : Vous prônez l’éducation sensuelle mais appliquée à l’éducation des enfants, elle conduirait à des attouchements sexuels de la part des parents, disent certaines personnes.

Raël : Cela n’est absolument pas le cas. Les parents doivent être des éducateurs mais rares sont ceux qui sont capables de l’être. Il faut un permis pour conduire une voiture mais il n’en faut pas pour élever des enfants. Or, les erreurs d’éducation sont beaucoup plus graves que les erreurs de conduite automobile. C’est en effet ainsi que l’on fait des criminels, des êtres déséquilibrés et je pense que l’éducation sexuelle devrait être plus développée à l’école et être dispensée par des enseignants bien formés, des psychologues, des sexologues. Les parents sont rarement compétents pour ces choses. Il faut parler aux jeunes des maladies sexuellement transmissibles, des abus pouvant être commis par les parents, du plaisir sexuel.

DHSF : A partir de quel âge les enfants devraient-ils être éduqués sur le plan sexuel?

Raël : Dès leur plus jeune âge, en harmonie avec leur capacité de comprendre.

DHSF : Vous croyez à la vertu des châtiments corporels pour les enfants violents?

Raël : La violence est une maladie. Certains enfants ne peuvent pas s’empêcher d’être violents. Aussi longtemps qu’on n’a pas trouvé une solution thérapeutique, rien ne vaut une bonne petite tape sur les fesses d’un petit enfant jusqu’à l’âge de 7 ans. Jusqu’à 14 ans, cela doit être exceptionnel et au-delà de cet âge plus jamais. Les gens qui laissent tout faire à leurs petits enfants et qui ne les punissent jamais préparent des adultes qui seront irrespectueux de leurs semblables dans la société.

DHSF : On reproche à la religion raëlienne d’être favorable à un gouvernement mondial fondé sur le principe de la géniocratie.. Dans un tel système politique, le droit de vote ne serait accordé qu’à ceux qui auraient un certain quotient intellectuel. Ne faites-vous pas là le lit d’un régime fondé sur une catégorie de surhommes et une autre de sous-hommes?

Raël : Au contraire. Moi, je compare l’humanité à un corps humain. Les cellules du pied sont-elles des sous-cellules par rapport au cerveau ? Non. C’est idiot de penser cela. Le cerveau a besoin du pied et le corps humain est un. Les cellules ont leur spécialisation. Permettez-moi de faire une parenthèse amusante. Un humoriste avait imaginé un dialogue entre le cerveau et l’anus. Le cerveau disait à l’anus qu’il ne servait à rien et l’anus avait répondu : Si je ne sers à rien, je vais m’arrêter de travailler. Une semaine plus tard, le cerveau implorait l’anus de se rouvrir parce qu’il était envahi de toxines et qu’il ne pouvait plus travailler. Je trouve cette blague très drôle car il n’y a pas de supériorité entre les différents composants du corps humain. Il en est de même pour l’humanité. Le problème, c’est que parmi les humains, ce sont les cellules de l’anus qui dirigent. Cela se voit partout. Dans l’économie, dans la politique, dans la faim dans le monde, dans la violence, dans les guerres, on est souvent dirigé ( je m’excuse du mot) par des trous du cul. N’oublions pas non plus que Hitler a été porté au pouvoir démocratiquement. La démocratie est une étape qui a été bonne dans l’histoire de l’humanité mais ce n’est pas l’étape finale. L’idéal, ce serait d’être gouverné par des sages. Des philosophes grecs l’ont dit bien avant moi.
Les sages sont des êtres dont la réflexion est juste. Les tests mesurant actuellement le quotient intellectuel ne sont pas utilisables pour trouver les sages qui devraient nous gouverner. Il faut un permis de conduire pour conduire une voiture. Pourquoi ne faudrait-il pas un permis pour voter ? C’est la même chose. Alors, les Elohim eux mesurent le fonctionnement du cerveau des gens de leur société. Certains sont plus aptes à travailler au niveau des pieds ou d’autres organes mais celui qui décide, c’est le cerveau et pas les pieds. Cela, c’est la géniocratie mise au point par les Elohim. Mais attention. Ils ne nous disent pas : Voilà, ce que vous devez faire. Voilà comment nous, nous sommes passés à l’étape suivante. Peut-être vous les êtres humains êtes-vous plus intelligents que nous et trouverez-vous une autre voie pour sauver l’humanité. Seuls des tests permettant d’explorer le fonctionnement du cerveau pourraient ouvrir la voie à la géniocratie mais ils n’existent pas encore pour notre humanité. Seuls ceux qui auraient un niveau supérieur à la moyenne pourraient être éligibles et seuls les plus intelligents gouverneraient.

DHSF : Les gens intelligents sont-ils des gens sages?

Raël : L’intelligence n’est pas l’érudition. Il ne s’agit pas du nombre de connaissances accumulées par des énarques. On peut être très érudits et ne pas être très intelligents. C’est le bon sens, qu’on appelait autrefois le bon sens paysan. Et ce ne sont pas les tests psychologiques qui permettent de le découvrir. Le jour où l’on aura localisé la conscience et à voir comment elle fonctionne, on sera beaucoup plus proche du moment où il sera possible d’élaborer des tests permettant de créer une géniocratie. Or, nous n’en sommes pas là. Ce que certains disent c’est que Raël veut imposer un système fasciste. Jamais de la vie. D’ailleurs, il est interdit aux raëliens de faire de la politique et d’être membre d’un parti politique. Il leur est simplement recommandé de voter pour un parti géniocrate le jour où il en existera un.

DHSF : Une personne qui aurait atteint la sagesse serait-elle nécessairement apte à participer à un gouvernement?

Raël : Plus que toute autre, à mon avis.

DHSF : Vous croyez que certaines races sont supérieures à d’autres?

Raël : Absolument aucune. Il y a quand même une race inférieure, c’est celle des imbéciles et eux sont de toutes les couleurs. Les Elohim m’ont dit qu’à l’origine, ils avaient créé sept races sur la terre toutes égales. C’est pour cela que notre mouvement est si populaire sur tous les continents.

DHSF : Si vous étiez invité à venir faire une conférence à Paris ou à Bruxelles que répondriez-vous?
 
Raël : A Paris, je n’irais pas mais à Bruxelles oui.

DHSF : Pourquoi pas à Paris? Vous êtes français quand même. Vous avez des choses à vous reprocher dans votre pays?

Raël : Je ne vis plus en France depuis 10 ans. Je n’y ai ni activités ni revenus. Il n’y a pas de mandat d’arrêt international contre moi car je n’ai rien fait de mal mais les autorités françaises cherchent n’importe quel prétexte pour m’arrêter. Légalement, je n’ai plus aucun compte fiscal à rendre en France mais je suis sur la liste rouge des services fiscaux français pour que je sois arrêté. Alors, les journalistes écriront : On a arrêté Raël pour une enquête fiscale et au bout de trois jours je serai libéré. Mais je ne veux pas leur faire ce plaisir-là.

DHSF : Puisque nous parlons de questions financières, de quoi vivez-vous?

Raël : Comme les catholiques, les protestants ou les juifs, j’aurais le droit d’avoir un salaire de l’organisation. Moi, je ne le veux pas et même, je le refuserais. Aucun de nos 125 prêtres et de nos 24 évêques dans le monde n’est payé. Ils doivent tous être insérés dans la société, avoir un travail et des revenus. Je ne reçois donc aucun salaire du mouvement raëlien international. Dans la caisse du mouvement sont centralisées les cotisations des membres. Les membres nationaux doivent verser une cotisation librement décidée dont le montant conseillé est de 3% de leurs revenus. Pour les membres des structures, les responsables régionaux, nationaux et continentaux, la cotisation conseillée est de 10%. Personne ne relance ceux qui ne paient pas ou qui paient moins que le pourcentage conseillé. A côté de cela, ils peuvent envoyer, s’ils le veulent, 1% à la fondation raëlienne qui publie mes livres, me laisse des droits d’auteur et reçoit des dons à mon attention. Les gens sont pleinement conscients que cet argent m’est destiné.

DHSF : Vos fidèles vous appellent leur bien-aimé prophète. Comment se déroule une journée type du prophète Raël?

Raël : Quand je suis chez moi, je suis très ordinateur et Internet. Je participe à des courses automobiles. Je fais des conférences. J’organise des stages. Je pratique aussi la méditation en toutes circonstances mais cela ne consiste pas à passer des heures allongé sur le sol, avec des bougies et de l’encens.
J’ai beaucoup d’admiration pour Gandhi ou le Dalaï Lama mais la vraie méditation pour moi, c’est d’être soi-même et en harmonie avec soi tout en restant non violent dans une foule hostile. C’est ce que j’essaie de vivre et d’enseigner aux autres.

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Mes commentaires :

Concernant le mot secte : Si ce mot est "beau à l'origine", pourquoi permettre qu'un beau mot soit maintenant enlaidi? Je ne suis pas contre l'usage occasionnel de l'expression "minorité religieuse", pour rappeler qu'une secte n'est pas en soi un groupe plus aliénant qu'une "majorité religieuse", mais je pense qu'il faut se battre contre toutes les formes d'avilissement, y compris l'avilissement des mots... et des symboles comme le swastika! Les mots et les symboles sont des moyens d'expression de la pensée. Quand nous permettons leur avilissement, nous nous soumettons à la volonté des avilisseurs, donc nous aliénons notre pensée à leur volonté.

Concernant la recommandation de quitter la France : Si tous les raëliens français quittent leur pays, qu'adviendra-t-il de la religion raëlienne en France? La disparition des raëliens en France, n'est-ce pas ce que les persécuteurs souhaitent? Les raëliens ne devraient-ils pas, autant que possible, se battre dans leur pays pour que la persécution cesse?
 

Concernant l'éducation sexuelle des enfants : La religion raëlienne est pacifiste, s'oppose à toutes les violences, y compris les violences sexuelles. Cependant, la société impose aux parents de ne pas faire "d'attouchements sexuels" à leurs enfants, prétendant que toute forme "d'attouchement sexuel" est forcément un abus et une violence. Mais si un enfant demande à ses parents qu'ils le caressent aux parties génitales, et que les parents, oubliant la loi, commettent amoureusement et respectueusement cet acte, et que la société condamne les parents et brise cette famille, qui a commis abus et violence? Je pense qu'il faut respecter la loi. Mais la loi respecte-t-elle l'amour? Au Canada, selon une jurisprudence qui date de 1990, "il n'y a pas agression sexuelle lorsqu'une mère, sans intention d'ordre sexuel, embrasse ou donne des "becs" à sa fille sur tout le corps y compris le pubis ou la vulve, dans le cadre d'un jeu ou d'une démonstration d'affection." Je suppose que le père peut faire la même chose, tant qu'il n'y a pas "intention d'ordre sexuel".  Mais qu'est-ce qu'une "intention d'ordre sexuel"? Je ne trouve pas de définition de cette expression dans le code criminel. Est-ce la recherche de l'orgasme? La recherche d'une satisfaction érotique sans orgasme est-elle une intention d'ordre sexuel? Si la vue du corps nu d'un enfant me procure un plaisir érotique, suis-je en train de former une intention criminelle d'ordre sexuel? Toutes ces questions sont laissées à la dérive dans le flot des préjugés de la société. Le flou de la loi donne prise à l'hystérie.

Concernant la géniocratie : Donc Iahvé aurait dit "Plus vite vous mettrez en place la géniocratie, plus vite vous supprimerez les risques de cataclysme dûs à des êtres au cerveau peu évolué." (T2, p. 54) et "Seule la géniocratie peut permettre à l'homme de pénétrer pleinement dans l'âge d'or." (T2, p. 114), mais il aurait ajouté en aparté, sans doute en faisant un malicieux clin d'oeil télépathique, que nous pourrons peut-être nous sauver en étant massivement plus intelligent que les Elohim et en inventant un meilleur système? Et la sagesse, ça pourra se mesurer scientifiquement oui ou non? Je pense finalement que Raël a raison de douter des commandements de son père pour l'application rapide ou même lente de la géniocratie. Si un peuple décide un jour, démocratiquement, de faire l'expérience d'une forme de géniocratie sévère, gardant toujours le droit d'en sortir et de revenir au suffrage universel, je serai très intéressé par son aventure. Ceci dit, une démocratie universelle favorisant l'intelligence et capable de contrôler ses imbéciles, évitant la création d'une classe de sous-hommes obéissant à une classe de surhommes, ça demeure la solution terrestre la plus sûre "à ce moment-ici", comme dirait notre ineffable Chrétien.

Il serait sage de douter aussi de la possibilité que les Elohim descendent dans une ambassade tenue par une secte. L'idée la plus importante des Messages, ce n'est pas l'Ambassade des Elohim, c'est que le vrai visage de Dieu est un peuple d'extraterrestres supérieurement évolués dont nous ne savons pas grand chose. On peut aussi douter de l'âge de Iahvé...
 

P.S.: La nouvelle législation contre les minorités religieuses adoptée en France fait craindre l'interdiction de la Religion Raëlienne de France. Raël vient de préciser sa pensée : "Les solutions ? L’exil ou la clandestinité… Beaucoup de Raëliens me demandent ce qui est mieux… Ma réponse est toujours la même : faites ce qui vous semble le mieux pour vous. Ma préférence, c’est sûr, va vers la décision de rester et de continuer la diffusion et la lutte de l’intérieur. Mais il faut en avoir le courage et être capable de garder son emploi..."
 
 

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