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La Bolivie

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Notre vol avec la «Lloyd Aero Boliviano» retarde d'une heure au départ de Cusco direction La Paz. Durant le trajet, nous survolons l'Altiplano, plaines à de très hautes altitudes percées ici et là de montagnes aux cimes enneigées et sommes émerveillés par la vue du lac Titicaca qui s'étire, immense, sous nos ailes.

Arrivé à l'aéroport, aucun problème avec les douanes ni avec l'immigration. Nous achetons quelques «bolivianos» et prenons un taxi direction La Paz et l'hôtel Rosario.

(Lors de notre passage, 1$US = 5,6 bolivianos et 1$Can = 3,55 bolivianos)

Le chauffeur de taxi s'arrête avec complaisance le long de la route pour que je puisse faire quelques photos. Une impression de démesure se dégage du paysage qui s'étale devant nous.

La capitale la plus haute du monde s'étage de 3500 à 4000 m; tout en haut, les quartiers pauvres où il fait très froid; en bas, les gens aisés et le quartier des affaires. C'est le monde à l'envers.

La Paz, ville de 1,5 million d'habitants

Les montées (et les descentes) dans La Paz Notre déménagement de l'hôtel Rosario vers l'hôtel «Estrella Andina» s'est fait à pied et sans problèmes, les deux établissements étant presque voisins. Pour la période des fêtes, tout était déjà réservé à l'hôtel Rosario, ce qui nous oblige à changer d'endroit pour dormir et ce que nous avons trouvé est très bien.

Réinstallés, nous avons maintenant le loisir d'apprivoiser notre environnement. Nous sommes dans un vieux quartier populaire, à mi-hauteur entre la basse et la haute ville. Tout près, un marché très achalandé avec, en ce 23 décembre, une prédominance de victuailles et de marchandises d'occasion.

Au cours de nos déplacements, de fréquents arrêts nous permettent de reprendre notre souffle, altitude oblige. Notre recherche pour une banque acceptant la carte de débit n'est pas fructueuse et j'utilise la carte Visa pour faire provision de «bolivianos» avant la période de congé qui arrive.


Ce soir du 23 décembre, la rue Illampu en face de notre hôtel est fermée à la circulation automobile et des étals de tout acabit présentent aux nombreux passants des marchandises de Noël. C'est la course aux «regalos», aux cadeaux achetés à la dernière minute.

Si le jour, le mercure frôle les 25oC. les nuits sont relativement froides. Pour notre confort, on monte à notre chambre une fournaise au propane. Nous la laissons fonctionner quelque temps, histoire d'enlever l'humidité. Mais ce que nous apprécions le plus, ce sont les bouillottes d'eau chaude placées sous les draps et les deux couvertures de laine. Notre nuit est très confortable.

Ce matin du 24, nous regardons les employés de l'hôtel s'affairer autour de l'arbre de Noël et compléter les décorations d'usages. Ils travaillent en harmonie, parlant à voix basse et laissant parfois fuser des éclats de rire. Feuilles, branches, lumières, brillants, guirlandes et personnages de plâtre constituent les éléments d'une crèche typique. Sur le comptoir trône un sapin blanc décoré en rouge. Sur la table, un centre aux couleurs de Noël planté de trois chandelles dorées. Tout en les regardant, nous terminons notre petit déjeuner constitué d'un jus de fruit, deux petites toasts, deux biscuits au beurre et de la confiture au fraise.

En cette veille de Noël, nous réservons deux places au restaurant Tambo Colonial pour le souper-réveillon. Nous sommes un peu nostalgiques en pensant à tous nos parents et amis qui tout là-haut, dans l'hémisphère nord, se préparent aux rencontres traditionnelles des fêtes.

Il est 10h30 quand nous réintégrons notre chambre; le repas était succulent. Peu après, on frappe à notre porte; c'est la propriétaire de l'hôtel, Senora Beatriz Ramirez qui nous invite à partager le réveillon de 11h00 avec sa famille. Nous sommes touchés par cette attention et nous acceptons en spécifiant bien que nous sortons tout juste de table. Le fils Jean-Paul et la fille Karla parlent assez bien le français pour entretenir une conversation. À l'invitation de Senora Beatriz Ramirez

Sont aussi présents le grand-père et la grand-mère dont on célèbre l'anniversaire aujourd'hui même. Autres convives: Antonio, un bolivien grand voyageur et un argentin dont j'oublie le nom. Antonio parle assez bien le français et fait parfois office de traducteur. Après le repas auquel nous touchons à peine, on ouvre deux bouteilles de cidre pétillant et aux douze coups de minuit, tous se souhaitent «Feliz Navidad» dans un atmosphère de joie. Les libations et les discussions se poursuivent jusque très tard dans la nuit et nous apprécions à sa juste valeur l'hospitalité bolivienne.

Formation géologique «lunaire» Tour de ville agrémenté d'un cours d'histoire sur l'évolution de La Paz. C'est suivie de la visite d'un site géologique spécial visité par l'astronaute Neil Armstrong et depuis nommé la vallée de la lune.

En fin de journée, réservation pour le vol en direction de Sucre, la capitale administrative de la Bolivie. L'avion décolle demain matin à 8h30, il faut prévoir un réveil hâtif.


Le centre-ville Depuis notre arrivée, nous avons fait de nombreuses promenades dans les rues de la ville. Si la descente se fait à pied, le retour à l'hôtel, tout là-haut, se fait en taxi.

L'architecture varie selon l'altitude et les quartiers, mais on n'y retrouve pas de grands chefs-d'oeuvre. La partie coloniale, réminiscence de la conquête espagnole, mérite quant à elle une visite.

Durant nos pérégrinations, nous avons succombé à la tentation d'un «Big Mac», phénomène propre aux seules grandes villes. C'est une façon de renouer avec la culture nord-américaine.

Rue datant de la conquête espagnole

Un dimanche matin soleil-nuages que celui de ce 27 décembre 98. Attablés au restaurant, buvant qui un café, qui un «mate de coca», nous attendons l'annonce du départ de notre vol. De La Paz, nous faisons escale à Cochamba, puis nous poursuivons jusqu'à Sucre.

Bien installés à l'«Hostal Sucre» dans la ville du même nom, nous respirons avec aisance et profitons d'un climat plus doux. À 2700 m, il n'est plus nécessaire de s'y reprendre à deux fois pour s'emplir les poumons d'air frais.

La ville, fondé en 1538, devint le berceau de l'indépendance de la Bolivie. Après la libération, Bolivar laissa la présidence au maréchal Sucre.

La ville est un petit joyau d'architecture coloniale. La première université bolivienne, St-François-Xavier, y attire toujours l'élite bolivienne et est au centre des idées nouvelles.

Nous prévoyons faire de Sucre notre base de rayonnement pour visiter un peu les alentours, particulièrement la célèbre ville minière de Potosi.

À notre hôtel, nous rencontrons un couple de québécois en voyage de noces, Anne et Yan et ensembles, nous achetons nos billets de bus pour Potosi. Départ demain à 9h00.

Sucre, ancienne capitale, berceau de l'indépendance

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