
Je suis née par une belle journée d’été en 1992.
J’avais sept frères et sœurs tous aussi poilus que moi. Moi, j’étais presque
blanche (certains disaient beige…) mais eux, ils étaient soit comme moi, ou tout
gris. On jouait ensemble et maman nous surveillait tout le temps.
Un jour quelqu’un est venu nous chercher. On nous
emmena dans une cage où tout le monde nous regardait en disant des choses
incompréhensibles comme <ti-minou, y sont-y mignons, les tites-boules de
poils …>. Maman n’était plus là, mais mes frères et sœurs me réconfortaient.
Puis, ils sont partis un par un avec les gens qui parlaient bizarrement. En
dernier, il ne me restait qu’un frère et une sœur. Je commençais à me sentir
seule et ma maman me manquait.
Un jour, une petite fille est venue et m’a sortie de
la cage. Elle avait l’air gentille mais, comme je ne la connaissais pas, je me
sentais timide. J’étais quand même contente car certains de mes frères et sœurs
étaient partis avec des gros messieurs qui parlaient forts et qui me faisaient
peur.
La petite fille m’a emmenée chez elle. C’était grand, il y avait des escaliers… J’avais jamais vu ça des escaliers, les marches étaient plus hautes que moi . Je me suis trouvée un fauteuil et je me suis cachée derrière un coussin. La petite fille s’est assise près de moi et elle m’a caressée en m’appelant Lulli. Je me sentais perdue et je ne comprenais pas pourquoi elle disait <Lulli> si souvent.
J’avais faim, elle m’a
alors offert des petites boules dures qui ne sentaient pas la même chose que le
lait. Moi, je voulais du lait, juste du lait… Elle a fini par m’en donner un
plein bol et je l’ai trouvée bien gentille.
C’est là qu’elle est devenue ma meilleure amie. Elle m’a expliqué
patiemment qu’il fallait que je m’habitue à manger d’autres choses si je
voulais devenir une belle grande minoune. Pas question, ma mère me donnait du
lait et c’est ma mère qui avait raison…
J’ai fini par goûter
les petites boules dures, c’était pas si pire… Par la suite j’ai jamais voulu
manger autre chose… même pas d’autres sortes de boules dures. J’aime pas le
changement moi, et j’ai peur de m’empoisonner avec des boules carrées ou
d’autres formes (j’en ai même vue en forme de poisson … ouach…)
J’ai passé de belles
années avec la petite fille qui était devenue plus grande. Elle disait que
j’étais son toutou vivant et elle me serrait fort dans ses bras. On continuait
à jouer ensemble et j’attendais son retour de l’école avec impatience.
Un jour, elle est
arrivée à la maison avec un garçon. Un grand grand monsieur, il disait qu’il
était allergique aux chats. Allergique à moi?… impossible… J’ai quand même
réussi à m’habituer à lui et j’aimais bien aller me coucher sur ses genoux.
Comme ça, j’avais deux amis qui m’appartenaient… Ils m’appartenaient et je leur
rendais bien en <les jasant> et en les frôlant doucement.
Un jour, que ma
maîtresse passait la balayeuse…Je déteste la balayeuse, ça fait tellement de
bruit… J’ai réalisé que c’était vraiment
mauvais cette machine à faire du bruit car ma maîtresse est tombée et elle est
restée là, couchée par terre.
J’ai pensé qu’elle
voulait jouer, mais non, elle ne bougeait pas. C’était pas normal. J’ai voulu
la réveiller en cassant un verre et des bibelots. Elle aurait dû réagir… Non
elle dormait… Je sentais qu’il se passait quelque chose de grave. J’ai voulu
avertir en allant à la fenêtre. Peine perdue, il n’y avait personne.
Comme je n’avais pas
réussi à la réveiller, des messieurs sont
venus la chercher avec un lit qu’ils avaient emmené avec eux. Elle n’est
jamais revenue. J’ai attendu des jours et des jours.
Maintenant, je suis
seule et je m’ennuie. Je me sens malade et je pense que je vais partir pour la
retrouver, là où les messieurs l’ont emmenée. J’imagine que, si elle est restée
là-bas, c’est qu’il doit y avoir de bons fauteuils et des grands bols pleins de
petites boules dures qui goûtent bon.
Je pense avoir été une
bonne petite amie pour elle et je suis sûre qu’elle a le goût de jouer avec
moi. Alors, j’y vais…
Lulli, la petite
chatte est partie rejoindre sa jeune maîtresse le 16 novembre 2001.
Si
Lulli était encore de ce monde elle vous inviterait à visiter le site de Chez Maya pour y lire le journal
de cette chienne très sympathique.