Gustave Doré et Jacob Riis

2 visions de la pauvreté

Biographie de Gustave Doré

Gustave Doré est né le 6 janvier 1832 à Strasbourg, en France et il est décédé le 23 janvier 1883. Dès son plus jeune âge, il a fait valoir ses talents de dessinateur. À 14 ans, il publiait un album de dessins intitulé Les travaux d'Hercule. En 1854, il illustre son premier livre, Rabelais. Artiste multidisciplinaire, il a pratiqué le dessin, la peinture ainsi que la sculpture durant sa carrière.

De son vivant, les oeuvres de Doré sont diffusées en Europe. La Grande-Bretagne apprécie particulièrement ses peintures. Doré fera de longs séjours dans ce pays où il ouvrira une galerie d'art, la Dore Gallery (actuelle salle de vente de Sotheby's) à Londres en 1869.

C'est en 1855 que Doré rencontre Blanchard Jerrold. Doré est alors à Strasbourg pour illustrer l'arrivée de la reine Victoria 1ère à Boulogne-Sur-Mer. Écrivain, journaliste et éditeur du Lloyd's Weekly, Blanchard Jerrold était le fils de Douglas Jerrold. Ce dernier était un ami de Charles Dickens et de William Makepeace Thackeray (journaliste et caricaturiste) et il était le beau-frère de Henry Mayhew, tous réformistes.

C'est en 1869 que prend forme le projet de London: a pilgrimage, à l'initiative de Blanchard Jerrold. Il s'occupera d'écrire les textes alors que Doré en fera les illustrations. Le travail débute au printemps 1869. Le but du livre se révèle triple:« magnifier Londres et faire la louange du travail (...) qui est à la source de la domination économique urbaine, tout en ménageant une place à une misère urbaine trop réelle».13 . Pendant ce temps, le tandem se met en quête d'un éditeur qui sera finalement Grant & Co. À l'été 1871, les illustrations sont achevées et le résultat final sera publié en 1872 avec plus de 191 pages de texte, 55 planches pleines page et 125 vignettes de différentes tailles.

Le tandem présente plusieurs facettes de Londres: les bourgeois et les pauvres, les loisirs (parcs zoologiques, théâtre, opéra, courses d'avirons et de chevaux), le port, la nature, l'Église, l'usine, la rue et les marchés. Si le public bourgeois a bien réagi à cet ouvrage, ce ne fut pas tout à fait le cas pour les critiques qui lui reprochèrent de trop mettre en évidence la pauvreté londonienne. Le Art Journal a accusé Blanchard et Doré de «inventing rather than copying».14

13. Philippe Kaemel. Gustave Doré, réaliste et visionnaire, 1832-1883. Bervaix, Galerie Art Anciens et Genève, Editions. du Tricorne, 1985. p.55)
14. John Simkin. (Page consultée le 5 décembre 2003). Spartacus educationnal, (En ligne). Adresse URL: http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/JjerroldB.htm

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